Bible-Centre

La réflexion principale pour le 23 novembre 2024

L'Ecclésiaste avait beaucoup lu les livres de sagesse traditionnels de son temps. Il parle la langue de ces aphorismes mêmes dont fut composé le Livre des Proverbes, les répétant parfois directement, les paraphrasant parfois. Mais pour lui, la première place revient à l'intégrité du chemin. Dans la vie spirituelle, il n'y a pas de balance sur laquelle on pourrait poser les bonnes et les mauvaises actions pour voir lesquelles pèseront le plus. Et même une telle pesée, si elle était possible, ne résoudrait rien. Dieu n'est pas un juge au sens terrestre, encore moins un policier.

Dieu sait parfaitement, sans aucune balance, ce que nous valons et ce que nous méritons. Mais, pour notre bonheur, Il nous rend non selon nos mérites, mais selon Son amour. Et pourtant, il ne s'agit pas seulement de Lui, mais de nous aussi. L'Ecclésiaste ne peut pas ne pas le comprendre: il a été là où l'éternité de Dieu rencontre le monde créé. Il a écouté et entendu ce silence apophatique derrière lequel se cache et à travers lequel s'ouvre la Présence. Il ne pouvait donc pas ne pas comprendre que tout bruit, surtout intérieur, étouffe Dieu. Le force à Se taire.

Dieu ne criera pas plus fort que nous: Il attendra simplement que nous nous taisions. Contrairement à nous, Il a toute l'éternité entre les mains, Il peut attendre. Attendre que nous apprenions à correspondre, non à Sa plénitude, ce qui nous est impossible par principe, mais à Sa Présence. Que nous apprenions à vivre avec elle et en elle. Apprendre à vivre? Toute l'écriture des sages parle justement de cela, d'apprendre à vivre... Et alors, l'exigence d'intégrité qui résonne si souvent dans les recueils d'aphorismes dont sont composés les livres des sages devient d'autant plus compréhensible pour l'Ecclésiaste.

L'homme n'est jamais sans péché, mais donne-t-il à ses péchés pouvoir sur lui? Si non, son cœur est du côté droit; si oui, du côté gauche. Il ne s'agit plus ici de formalisme religieux, ni même d'impeccabilité morale. Il s'agit de savoir si une cuillerée de goudron empoisonnera un grand tonneau de miel. Une seule mouche suffit à gâter une huile aromatique précieuse. Un seul petit péché, même une seule pensée de péché vers laquelle l'homme tourne toute la plénitude de son attention, suffit à perdre cette Présence même. Alors, la sagesse terrestre n'est-elle peut-être pas seulement terrestre? Il y a de quoi réfléchir...

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