Le travail sur la terre est lui aussi vanité; non seulement il n'apporte pas de joie, mais il est oppression, et la réussite dans les affaires renforce la jalousie et l'hostilité entre les hommes. Tout cela est aussi dépourvu de sens, mais, pour une raison donnée, l'Ecclésiaste ne veut pas se limiter dans ses raisonnements à de telles conclusions, et il commence à réfléchir à deux hommes pour qui il vaut mieux être deux que seul. Et même si, un peu plus loin, nous entendons de nouveau des soupirs douloureux disant que tout est encore vanité et poursuite du vent, il est impossible de se défaire de l'impression que l'Ecclésiaste cherche à quoi se raccrocher, ce qui pourrait le contredire.
Et en effet, il ne revient à son refrain habituel qu'après que ses pensées sont passées à un autre thème de réflexion. Quant aux raisonnements sur deux personnes qui se soutiennent et se réchauffent l'une l'autre, ou sur la solidité d'un fil tressé en trois brins, l'Ecclésiaste ne leur oppose rien. Visiblement, il ne le veut pas non plus...