Bible-Centre

La réflexion principale pour le 29 octobre 2024

Dans sa lettre à l'Église de Galatie, Paul parle de la circoncision avec une grande fermeté: celui qui se fait circoncire ne tire aucun profit du Christ. À première vue, une telle affirmation peut paraître manifestement incohérente: parmi les chrétiens de ce temps, les circoncis étaient presque la majorité, et Paul lui-même en faisait partie. Il ne s'agit clairement pas du fait même de la circoncision. D'ailleurs, à en juger par le contexte de la lettre, on voit facilement qu'il est question ici d'anciens païens qui se faisaient circoncire après être déjà devenus chrétiens. Et c'était tout autre chose: pour eux, la circoncision devenait une sorte de rite religieux obligatoire, sans lequel on n'entre pas dans l'Église et on ne devient pas chrétien.

C'est du moins ce qu'affirmaient ceux qui appelaient les nouveaux convertis chrétiens à se faire circoncire. Or cela, Paul ne pouvait déjà plus l'accepter. Il ne s'agit pas ici de position ni d'opinions théologiques, mais de l'expérience de l'apôtre. Il savait trop bien qu'aucune religion ni aucun effort entrepris dans un cadre religieux ne conduisent, au fond, à rien. Paul, lorsqu'il était encore Saul, avait fait tout ce qu'il pouvait pour atteindre l'idéal et devenir ce qu'on appelait alors une Torah vivante. Il s'efforçait de suivre la Torah avec une sincérité totale et dans toute sa plénitude, et il subit une défaite complète.

Seule la rencontre du Ressuscité sur le chemin de Damas le sauva de l'effondrement spirituel. Et voici qu'il entend maintenant les affirmations de gens persuadés que les relations avec le Christ ne suffisent pas au salut, qu'il faut absolument les compléter par la circoncision, sans quoi rien ne marchera! Et cela alors que, même dans la Torah, la circoncision n'est appelée qu'un «signe de l'alliance»! Non pas le sens de cette alliance, ni même une condition fondamentale quelconque, mais seulement un signe!

Bien sûr, refuser le signe de l'alliance conclue avec Dieu n'est nullement un mérite. Mais placer le salut dans le signe? Pour Paul, c'était tout simplement absurde. Il comprenait pourtant que, pour certains, il en était réellement ainsi. Et cet état des choses ne signifie qu'une chose: ces gens espèrent davantage en leur religiosité qu'en Christ. Ici, il ne faut vraiment pas compter sur l'aide et l'intervention du Christ. On peut, en étant religieux, chercher et trouver le Christ.

On peut même construire des relations avec Lui tout en restant, pas trop toutefois, un homme religieux. Mais trouver le Christ et ensuite se mettre à chercher encore une religion sans laquelle on ne pourrait prétendument pas se passer, cela signifie tout simplement ne pas comprendre qui l'on a rencontré. Pour le chrétien, les relations avec le Christ sont par définition précieuses en elles-mêmes, nécessaires et suffisantes; elles ne demandent aucun ajout ni aucun «complément». Et si un homme ne le comprend pas, cela signifie qu'il n'est pas encore tout à fait chrétien. Ou pas chrétien du tout.

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