Dans ce récit, nous rencontrons un malheur auquel les forces humaines n'ont pas réussi à remédier. Cela nous arrive souvent. Que faire ? « Amenez-le-Moi », dit le Sauveur. Le Seigneur nous indique le chemin lorsqu'il semble que nous avons épuisé tous les moyens et que plus rien ne peut aider. Les disciples demandent pourquoi ils n'ont pas pu eux-mêmes chasser les démons. « Parce que vous avez peu de foi », ou « pas de foi », comme l'indiquent certains manuscrits.
Cette réponse nous oblige à réfléchir à ce qu'est notre propre foi et à la manière d'en mesurer la grandeur : est-elle petite ou grande ? Souvent, nous rappelant les paroles suivantes du Sauveur : « Je vous le dis, si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde et si vous disiez à cette montagne : “Déplace-toi d'ici jusque-là”, elle se déplacerait », et constatant que rien ne bouge à nos paroles, nous sommes enclins à rabaisser notre foi. Mais nous ne devons pas oublier le caractère particulier du langage de Jésus, rempli de symboles, d'hyperboles et d'images poétiques éclatantes. Dans la littérature rabbinique, on appelait « déplaceurs de montagnes » les maîtres capables d'interpréter les passages les plus difficiles de l'Écriture. Lorsque nous disons que la foi accomplit des miracles, nous devons comprendre les « miracles » eux-mêmes conformément à l'esprit de l'Évangile, et non à celui de nos désirs pécheurs.
