Bible-Centre

Lecture en trois ans pour le 29 février 2024

La Bible de Jérusalem (fr)

Ruth, Chapitre 2,  vers 14-23

1 RUTH DANS LES CHAMPS DE BOOZ
14 Au moment du repas, Booz dit à Ruth : « Approche-toi, mange de ce pain et trempe ton morceau dans le vinaigre. » Elle s’assit donc à côté des moissonneurs et Booz lui fit aussi un tas de grains rôtis. Après qu’elle eut mangé à satiété, elle en eut de reste.
15 Lorsqu’elle se fut levée pour glaner, Booz donna cet ordre à ses serviteurs : « Laissez-la glaner entre les gerbes, et vous, ne la molestez pas.
16 Et même, ayez soin de tirer vous-mêmes quelques épis de vos javelles, vous les laisserez tomber, elle pourra les ramasser et vous ne crierez pas après elle. »
17 Ruth glana dans le champ jusqu’au soir, et lorsqu’elle eut battu ce qu’elle avait ramassé, il y avait environ une mesure d’orge.
18 Elle l’emporta, rentra à la ville et sa belle-mère vit ce qu’elle avait glané ; elle tira ce qu’elle avait mis en réserve après avoir mangé à sa faim et le lui donna.
19 « Où as-tu glané aujourd’hui, lui dit sa belle-mère, où as-tu travaillé ? Béni soit celui qui s’est intéressé à toi ! » Ruth fit connaître à sa belle-mère chez qui elle avait travaillé ; elle dit : « L’homme chez qui j’ai travaillé aujourd’hui s’appelle Booz. »
20 Noémi dit à sa bru : « Qu’il soit béni de Yahvé qui ne cesse d’exercer sa bienveillance envers les vivants et les morts ! » Et Noémi ajouta : « Cet homme est notre proche parent, il est de ceux qui ont sur nous droit de rachat. »
21 Ruth la Moabite dit à sa belle-mère : « Il m’a dit aussi : Reste avec mes serviteurs jusqu’à ce qu’ils aient achevé toute la moisson. »
22 Noémi dit à Ruth, sa bru : « Il est bon, ma fille, que tu ailles avec ses servantes, ainsi on ne te maltraitera pas dans un autre champ. »
23 Et elle resta parmi les servantes de Booz pour glaner jusqu’à la fin de la moisson des orges et de la moisson des blés, et elle habitait avec sa belle-mère.
Lire la suite:Ruth, Chapitre 3
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

14 k) Il s’agit en fait d’un mélange d’eau, de vinaigre de vin et d’une quelconque boisson fermentée, ce qui en fait un breuvage interdit aux nazirs, cf. Nb 6.3.


14 l) « lui fit un tas » grec ; « lui tendit » hébr.


15 m) La loi permettait de glaner ce qui tombait des gerbes derrière les moissonneurs, Lv 19.19 ; 23.22 ; Dt 24.19, mais cette autorisation est une faveur contraire à la coutume.


16 n) Ces recommandations répétées, cf. vv. 9 et 15, montrent que, malgré la loi autorisant à glaner, les moissonneurs se montraient souvent durs envers ceux qui se livraient à ce travail.


19 o) Noémi est étonnée de la quantité d’orge rapportée par Ruth une « mesure » (un épha) vaut environ 45 litres ; cette quantité ne s’explique que par une faveur dont Ruth a été l’objet.


20 p) Littéralement « c’est un de nos go’el », cf Nb 35.19. Ici, le devoir du parent le plus proche, le go’el, d’Élimélek ou de Mahlôn, combine deux coutumes différentes : 1° le devoir qui incombait au go’el Lv 25.23-25, 47-49, était d’éviter l’aliénation du patrimoine ; il doit donc racheter le champ de Ruth, 4.4 ; 2° la coutume du lévirat, Dt 25.5-10, qui veut qu’une veuve soit épousée par le frère ou le proche parent de son mari, et lui suscite ainsi une postérité. Mais Booz n’est pas le plus proche parent, cf. 3.12.


23 q) Dans les versions, cette phrase commence le chap. 3.


Le livret de Ruth est placé à la suite des Juges dans la Septante, la Vulgate et les traductions modernes. Dans la Bible hébraïque, il est rangé avec les Hagiographes comme l’un des cinq rouleaux, les « megillôt », qu’on lisait aux principales fêtes, Ruth servant pour la fête de la Pentecôte. Bien que son sujet rattache le livre à la période des Juges, cf. 1.1, il ne faisait pas partie de la rédaction deutéronomiste qui s’est étendue de Josué à la fin des Rois.

C’est l’histoire de Ruth la Moabite qui, après la mort de son mari, un homme de Bethléem émigré en Moab, revient en Juda avec sa belle-mère Noémi et épouse Booz, un parent de son mari, en application de la loi du lévirat ; de ce mariage naît Obed qui sera le grand-père de David.

Une addition, 4.18-22, donne une généalogie de David, parallèle à celle de 1 Ch 2.5-15.

La date de composition est très discutée et l’on a proposé toutes les périodes depuis David et Salomon jusqu’à Néhémie. Les arguments avancés pour une date tardive : place dans le canon hébreu, langue, coutumes familiales, doctrine, ne sont pas décisifs et le livret, moins les derniers versets, pourrait avoir été composé à l’époque monarchique. C’est une histoire édifiante, dont l’intention principale est de montrer comment est récompensée la confiance qu’on met en Dieu, dont la miséricorde s’étend jusque sur une étrangère, 2.12. Cette foi en la Providence et cet esprit universaliste sont l’enseignement durable du récit. Le fait que Ruth a été reconnue comme la bisaïeule de David a donné un prix particulier au livret, et saint Matthieu a inclus le nom de Ruth dans la généalogie du Christ, Mt 1.5.

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