Dans ce qui se passe dans le champ de Booz se manifeste la volonté mystérieuse et insondable de Dieu. Aucun des protagonistes...
Dans ce qui se passe dans le champ de Booz se manifeste la volonté mystérieuse et insondable de Dieu. Aucun des protagonistes du livre de Ruth ne s’en rend compte. À chaque instant précis, ils se laissent simplement guider par la miséricorde et la fidélité à Dieu. Par là, le Seigneur entraîne tous ces hommes dans l’accomplissement de Son dessein, tant pour eux-mêmes que pour l’humanité entière : en effet, Booz et Ruth sont appelés à entrer dans la généalogie du Seigneur Jésus-Christ. Et voici un autre signe important de la présence de Dieu : en agissant avec miséricorde, Booz ne reste pas dans les limites de la loi. La miséricorde, comme forme de la présence de Dieu, l’entraîne à donner toujours davantage...
14 k) Il s’agit en fait d’un mélange d’eau, de vinaigre de vin et d’une quelconque boisson fermentée, ce qui en fait un breuvage interdit aux nazirs, cf. Nb 6.3.
14 l) « lui fit un tas » grec ; « lui tendit » hébr.
15 m) La loi permettait de glaner ce qui tombait des gerbes derrière les moissonneurs, Lv 19.19 ; 23.22 ; Dt 24.19, mais cette autorisation est une faveur contraire à la coutume.
16 n) Ces recommandations répétées, cf. vv. 9 et 15, montrent que, malgré la loi autorisant à glaner, les moissonneurs se montraient souvent durs envers ceux qui se livraient à ce travail.
19 o) Noémi est étonnée de la quantité d’orge rapportée par Ruth une « mesure » (un épha) vaut environ 45 litres ; cette quantité ne s’explique que par une faveur dont Ruth a été l’objet.
20 p) Littéralement « c’est un de nos go’el », cf Nb 35.19. Ici, le devoir du parent le plus proche, le go’el, d’Élimélek ou de Mahlôn, combine deux coutumes différentes : 1° le devoir qui incombait au go’el Lv 25.23-25, 47-49, était d’éviter l’aliénation du patrimoine ; il doit donc racheter le champ de Ruth, 4.4 ; 2° la coutume du lévirat, Dt 25.5-10, qui veut qu’une veuve soit épousée par le frère ou le proche parent de son mari, et lui suscite ainsi une postérité. Mais Booz n’est pas le plus proche parent, cf. 3.12.
23 q) Dans les versions, cette phrase commence le chap. 3.
Le livret de Ruth est placé à la suite des Juges dans la Septante, la Vulgate et les traductions modernes. Dans la Bible hébraïque, il est rangé avec les Hagiographes comme l’un des cinq rouleaux, les « megillôt », qu’on lisait aux principales fêtes, Ruth servant pour la fête de la Pentecôte. Bien que son sujet rattache le livre à la période des Juges, cf. 1.1, il ne faisait pas partie de la rédaction deutéronomiste qui s’est étendue de Josué à la fin des Rois.
C’est l’histoire de Ruth la Moabite qui, après la mort de son mari, un homme de Bethléem émigré en Moab, revient en Juda avec sa belle-mère Noémi et épouse Booz, un parent de son mari, en application de la loi du lévirat ; de ce mariage naît Obed qui sera le grand-père de David.
Une addition, 4.18-22, donne une généalogie de David, parallèle à celle de 1 Ch 2.5-15.
La date de composition est très discutée et l’on a proposé toutes les périodes depuis David et Salomon jusqu’à Néhémie. Les arguments avancés pour une date tardive : place dans le canon hébreu, langue, coutumes familiales, doctrine, ne sont pas décisifs et le livret, moins les derniers versets, pourrait avoir été composé à l’époque monarchique. C’est une histoire édifiante, dont l’intention principale est de montrer comment est récompensée la confiance qu’on met en Dieu, dont la miséricorde s’étend jusque sur une étrangère, 2.12. Cette foi en la Providence et cet esprit universaliste sont l’enseignement durable du récit. Le fait que Ruth a été reconnue comme la bisaïeule de David a donné un prix particulier au livret, et saint Matthieu a inclus le nom de Ruth dans la généalogie du Christ, Mt 1.5.