L’apôtre Paul parle de notre salut comme d’un fait accompli. L’apôtre utilise l’aspect accompli du passé pour souligner que, dans le grand amour de Dieu, tout cela a déjà eu lieu, tout cela existe déjà. Et l’homme qui croit à la réalité du don de Dieu devient pleinement participant de ce salut déjà accompli par le Christ.
L’apôtre souligne que c’est un don libre, non contraint par nos œuvres. Cela lui importe, parce que, puisque le salut nous est donné selon la richesse de la miséricorde de Dieu et non selon nos mérites, «afin que personne ne se glorifie», ajoute-t-il, il ne peut donc être accueilli que par la foi, et non par les œuvres de la loi. Cette pensée est exprimée par l’apôtre à plusieurs reprises dans différentes lettres, parce que la tentation de penser que nous méritons la miséricorde de Dieu par nos efforts est suspendue au-dessus de nous comme une épée de Damoclès. Mais cette miséricorde, ce don du Sang du Christ, est si grand qu’il est impossible de le mériter par quoi que ce soit. Quant aux bonnes œuvres, selon la parole de l’apôtre, elles sont le but et le contenu de cette vie nouvelle dans le Christ à laquelle nous sommes appelés.