Le père Alexandre Schmemann écrit dans ses «Journaux» (12 octobre 1976, p. 297): «Le commencement de la “fausse religion”, c'est l'incapacité de se réjouir, ou plutôt le refus de la joie. Or la joie est si absolument importante parce qu'elle...
Le père Alexandre Schmemann écrit dans ses «Journaux» (12 octobre 1976, p. 297): «Le commencement de la “fausse religion”, c'est l'incapacité de se réjouir, ou plutôt le refus de la joie. Or la joie est si absolument importante parce qu'elle est le fruit indubitable du sentiment de la présence de Dieu. On ne peut pas savoir que Dieu est, et ne pas se réjouir. Et c'est seulement par rapport à elle que la crainte de Dieu, le repentir et l'humilité sont justes, authentiques, féconds. Hors de cette joie, ils deviennent facilement “démoniaques”, une perversion au plus profond même de l'expérience religieuse. Religion de la peur. Religion de la pseudo-humilité. Religion de la culpabilité: tout cela est tentation, tout cela est illusion spirituelle. [...] La peur du péché ne sauve pas du péché. La joie dans le Seigneur sauve».
Mais c'est précisément de cela que le prophète Joël nous appelle aujourd'hui à nous souvenir. Oui, il parle de «jeûne, de pleurs et de lamentation». Mais en vue de quoi? Pourquoi un si grand homme que Théophane le Reclus, dans son homélie pour ce jour, ne veut-il pas voir les paroles qui suivent ces mots si tragiques? Qu'est-ce qui le pousse à interrompre ses réflexions sur une note si désespérée: «Les prêtres ne cessent de crier: “épargne, Seigneur”! Mais du Seigneur vient certainement une réponse terrible: “je n'épargnerai pas, car il n'y a personne qui cherche l'épargne”. Tous se tiennent le dos tourné au Seigneur, se sont détournés de Lui et L'ont oublié».
Tout cela est vrai, mais ce n'est pas toute la vérité, pas toute la vérité. Oui, le monde s'est corrompu, nous le voyons de nos propres yeux; mais si l'on se permet de s'arrêter sur des notes si déchirantes, alors toute notre foi sera une neurasthénie. Et elle est bien une neurasthénie pour la majorité des croyants, dont 90% devraient être adressés à des psychiatres, hélas.
Mais il suffit d'entendre au moins ce que dit aujourd'hui le prophète: «Et il arrivera en ce jour-là que les montagnes ruisselleront de vin et que les collines couleront de lait», pour aussitôt se rappeler ce que répond l'Apôtre: «La foi est la réalisation de ce qu'on espère et la conviction de ce qu'on ne voit pas» (He 11:1). Car on peut nous dire que le prophète ne fait que nous promettre que cela arrivera un jour, quelque part, et que l'accomplissement de la promesse tarde. Mais c'est justement la réalisation de ce qu'on espère qui est notre foi. Nous devons absolument nous en souvenir, et d'une certaine manière le voir et le faire dans notre vie.
3 This chapter has been partly fulfilled in the several deliverances of the Jews, and will have its full accomplishment at the great day. It contains a prophecy of God reckoning with the enemies of his people, Joe 3:1-8.
Of his openly judging all nations, Joe 3:9-17.
And of the provision he has made for his people, Joe 3:18-21.
3:12 The heathen - The several nations in their appointed time, perhaps the Assyrians first under Salmaneser, next under Sennacherib, both of whom came up to the valley of Jehoshaphat.For there - In the midst of my people to plead with, condemn and punish the heathen round about Judea.
3:13 Put ye - Ye executioners of divine vengeance: begin to reap, cut down sinners ripe for judgment; let Tiglath Pilneser and his soldiers cut down Syria and its king, for their violence against my people.Let Cyaxares and his armies cut down Assyria.Let Nebuchadnezzar cut down Moab, Ammon, mount Seir, Egypt, Tyre, Zidon and the Philistines; after this let Cyrus reap down the ripened Babylonians, and Alexander the Medes and Persians.And let the divided Grecian captains cut down one another, 'till the Romans cut them down. And when this is done God will have mighty ones still to cut down his enemies, 'till the final judgment wherein they all shall for ever be destroyed. Get you down - In another metaphor the prophet declares the cutting off the church's enemies. The press - As the grapes in the press are trod, so the enemies of God's people, are to be trodden in the wine - press of God's displeasure. Overflow - The blood of slaughtered men runs as wine prest out, in greater abundance than the vats can hold. Is great - The violence and all manner of sins of these kingdoms is grown exceeding great.
3:14 In the valley of decision - Where God having gathered them, decided their quarrels, and by the conqueror punish the conquered for their sins against God and his people. The day - The day of vengeance.
3:16 Shall roar - He will strike the enemy with astonishment as the roaring of the lion astonishes the weaker beasts of the forest.
3:17 Dwelling - Very graciously present with you, and ever watching over you, and delighting to save you. Then - After her enemies are destroyed and the remnant is saved, and the Messiah is come; for to him and his days these things ultimately refer. Jerusalem - The church of Christ. Strangers - No profane or unclean person shall pass through it, or be found in it any more for ever.
3:18 The mountains - The vines planted upon the mountains.Shall flow - So fruitful shall the hills be, that milk shall abound every where. A fountain - The prophet alludes to those waters which were conveyed from some spring through conduit pipes towards the altar.This no doubt is a shadow of the purifying blood of Christ, and his sanctifying spirit and word. And in that it is said to come from the house of the Lord, it intimates that this saving grace shall be first preached from Jerusalem, and by the church, which is the house of God, shall be published to others. Shittim - Was a place in the plains of Moab. These spiritual waters shall flow down to the dry and thirsty, the barren and fruitless Gentiles, and make them fruitful.
3:19 Egypt - By Egypt we may understand all the enemies of the church who carry it toward the church, as Egypt carried it toward Israel. Edom - Edom was an implacable enemy to Judah in his greatest distress. And all who come under Edom's character are here threatened under this name. Judah - The people of God.
3:20 Judah - The redeemed of the Lord, his church.
3:21 And I will cleanse - Purge away both by the spirit of sanctification and by free pardon in the blood of the redeemer.Their blood - Their sinfulness, which before I had not taken away.
14 m) Le terme peut signifier le traîneau armé de pointes qui sert à dépiquer le blé, cf. Isa 28.27 ; 41.15 ; Am 1.3 ; Jb 41.22 ; l’image est appelée par la moisson du v. 13 ; on traduirait alors « Vallée de la Herse »; le même mot signifie aussi le verdict, la décision, qui tranche une question.
17 n) Inviolable, cf. Isa 51.23 ; 52.1 ; Jr 31.40 ; Na 2.1 ; Ab 17 ; Za 9.8 ; 14.21.
18 o) Localisation incertaine, dans ce contexte apocalyptique où la Terre sainte est renouvelée.
21 p) Interrogation implicite, fréquente dans l’hébreu. Ce v. 11 peut être une addition.
Le livre de Joël se divise naturellement en deux parties. Dans la première, une invasion de sauterelles qui ravage Juda provoque une liturgie de deuil et de supplication ; Yahvé répond en promettant la fin du fléau et le retour de l’abondance, Jl 1.2–2.27. La seconde partie décrit dans un style apocalyptique le jugement des nations et la victoire définitive de Yahvé et d’Israël, 3-4. L’unité entre les deux parties est assurée par la référence au Jour de Yahvé, qui est proprement le thème des chap. 3-4 mais qui paraît déjà dans Jl 1.15 ; 2.1-2, 10-11. Les sauterelles sont l’armée de Yahvé, lancée pour exécuter son jugement, un Jour de Yahvé, dont on peut être sauvé par la pénitence et la prière ; le fléau devient le type du grand jugement final, le Jour de Yahvé qui ouvrira les temps eschatologiques. Il n’y a pas lieu de distinguer deux auteurs ni deux époques de composition. On a encore défendu récemment une date à la fin de l’époque monarchique. La majorité des exégètes opte pour la période postexilique, avec les arguments suivants : l’absence de référence à un roi, les allusions à l’Exil mais aussi au Temple reconstruit, les rapports avec le Deutéronome et les prophètes postérieurs, Ézéchiel, Sophonie, Malachie, Abdias, cité à Jl 3.5. Le livre aurait été composé aux environs de 400 av. J.-C.
Ses attaches avec le culte sont évidentes. Les chap. 1-2 ont les caractères d’une liturgie pénitentielle, qui s’achève par la promesse prophétique du pardon divin. On a donc considéré Joël comme un prophète cultuel, attaché au service du Temple. Cependant, ces traits peuvent s’expliquer par l’imitation littéraire de formes liturgiques. Le livret n’est pas le compte rendu d’une prédication dans le Temple, il est une composition écrite, faite pour être lue. On est à la fin du courant prophétique.
L’effusion de l’esprit prophétique sur tout le peuple de Dieu à l’ère eschatologique, Jl 3.1-5, répond au souhait de Moïse dans Nb 11.29. Le Nouveau Testament considère que l’annonce s’est réalisée lors de la venue de l’Esprit sur les Apôtres du Christ, et saint Pierre citera tout ce passage, Ac 2.16-21 : Joël est le prophète de la Pentecôte. Il est aussi le prophète de la pénitence et ses invitations au jeûne et à la prière, empruntées des cérémonies du Temple ou rédigées sur leur modèle, entreront naturellement dans la liturgie chrétienne du Carême.