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La Bible en cinq ans pour le 10 novembre 2023

La Bible de Jérusalem (fr)

Néhémie, Chapitre 12

1 Prêtres et lévites de retour sous Zorobabel et Josué., 10 Liste généalogique des grands prêtres., 12 Prêtres et lévites au temps du grand prêtre Yoyaqim., 27 Dédicace du rempart de Jérusalem., 44 Une époque idéale.
1 Voici les prêtres et les lévites qui revinrent avec Zorobabel, fils de Shéaltiel, et Josué :Seraya, Yirmeya, Esdras,
2 Amarya, Malluk, Hattush,
3 Shekanya, Rehum, Merémot,
4 Iddo, Ginnetôn, Abiyya,
5 Miyyamîn, Maadya, Bilga,
6 Shemaya ; plus : Yoyarib, Yedaya,
7 Sallu, Amoq, Hilqiyya, Yedaya.Tels étaient les chefs des prêtres, et leurs frères, au temps de Josué,
8 c’est-à-dire les lévites, étaient : Josué, Binnuï, Qadmiel, Shérébya, Yehuda, Mattanya — ce dernier, avec ses frères, dirigeait les hymnes d’action de grâces,
9 tandis que Baqbuqya, Unni et leurs frères leur faisaient vis-à-vis, selon leurs classes respectives.
10 Josué engendra Yoyaqim ; Yoyaqim engendra Élyashib ; Élyashib engendra Yoyada ;
11 Yoyada engendra Yohanân ; et Yohanân engendra Yaddua.
12 Au temps de Yoyaqim, les familles sacerdotales avaient pour chefs : famille de Seraya : Meraya ; famille de Yirmeya : Hananya ;
13 famille d’Esdras : Meshullam ; famille d’Amarya : Yehohanân ;
14 famille de Malluk : Yonatân ; famille de Shebanya : Yoseph ;
15 famille de Harim : Adna ; famille de Merayot : Helqaï ;
16 famille d’Iddo : Zekarya ; famille de Ginnetôn : Meshullam ;
17 famille d’Abiyya : Zikri ; famille de Minyamîn : ... ; famille de Moadya : Piltaï ;
18 famille de Bilga : Shammua ; famille de Shemaya : Yehonatân ;
19 plus : famille de Yoyarib : Mattenaï ; famille de Yedaya : Uzzi ;
20 famille de Sallaï : Qallaï ; famille d’Amoq : Éber ;
21 famille de Hilqiyya : Hashabya ; famille de Yedaya : Netanéel.
22 Au temps d’Élyashib, de Yoyada, de Yohanân et de Yaddua, les chefs des familles des prêtres furent enregistrés sur le Livre des Chroniques jusqu’au règne de Darius le Perse.
23 Les fils de Lévi.Les chefs des familles furent enregistrés sur le Livre des Chroniques, mais seulement jusqu’au temps de Yohanân, petit-fils d’Élyashib.
24 Les chefs des lévites étaient : Hashabya, Shérébya, Josué, Binnuï, Qadmiel ; et leurs frères, qui leur faisaient face pour exécuter les hymnes de louange et d’action de grâces selon les instructions de David, homme de Dieu, une classe correspondant à l’autre,
25 étaient : Mattanya, Baqbuqya et Obadya. Quant à Meshullam, Talmôn et Aqqub, portiers, ils montaient la garde aux magasins près des portes.
26 Ceux-ci vivaient au temps de Yoyaqim, fils de Josué, fils de Yoçadaq, et au temps de Néhémie le gouverneur et d’Esdras le prêtre-scribe.
27 Lors de la dédicace du rempart de Jérusalem, on alla chercher les lévites partout où ils résidaient pour les amener à Jérusalem : il s’agissait de célébrer la dédicace dans la liesse avec chants d’action de grâces et musique de cymbales, de luths et de cithares.
28 Les chantres, fils de Lévi, se rassemblèrent donc, du district qui entoure Jérusalem, des villages des Netophatites,
29 de Bet-ha-Gilgal, des champs de Géba et d’Azmavèt : car les chantres s’étaient construit des villages tout autour de Jérusalem.
30 Prêtres et lévites se purifièrent eux-mêmes, puis ils purifièrent le peuple, les portes et le rempart.
31 Je fis alors monter les chefs de Juda sur le rempart et organisai deux grands chœurs. Le premier chemina par la crête du rempart, vers la droite, en direction de la porte du Fumier ;
32 derrière lui marchaient Hoshaya et une moitié des chefs de Juda —
33 ainsi qu’Azarya, Esdras, Meshullam,
34 Yehuda, Benjamin, Shemaya et Yirmeya,
35 choisis parmi les prêtres et munis de trompettes ; puis Zekarya, fils de Yonatân, fils de Shemaya, fils de Mattanya, fils de Mika, fils de Zakkur, fils d’Asaph,
36 avec ses frères Shemaya, Azaréel, Milalaï, Gilalaï, Maaï, Netanéel, Yehuda, Hanani, munis des instruments de musique de David, l’homme de Dieu. Et Esdras, le scribe, marchait à leur tête. —
37 À la porte de la Fontaine, ils montèrent droit devant eux, près des escaliers de la Cité de David, par la crête du rempart, et par la montée du Palais de David, jusqu’à la porte des Eaux, à l’orient.
38 Quant au second chœur, il chemina vers la gauche : je le suivis, avec la moitié des chefs du peuple, par la crête du rempart, par-dessus la tour des Fours et jusqu’à la muraille large,
39 puis par-dessus la porte d’Éphraïm, la porte des Poissons, la tour de Hananéel et la tour des Cent, jusqu’à la porte des Brebis ; on fit halte à la porte de la Garde.
40 Les deux chœurs prirent ensuite place dans le Temple de Dieu. — J’avais avec moi une moitié des magistrats
41 ainsi que les prêtres Élyaqim, Maaséya, Minyamîn, Mika, Élyoénaï, Zekarya, Hananya, munis de trompettes,
42 plus Maaséya, Shemaya, Éléazar, Uzzi, Yehohanân, Malkiyya, Élam et Ézer. — Les chantres se firent entendre sous la direction de Yizrahya.
43 On offrit ce jour-là d’importants sacrifices et les gens se livrèrent à la joie : c’est que Dieu leur avait accordé grand sujet de joie ; les femmes aussi et les enfants se réjouirent. Et la joie de Jérusalem s’entendit de loin.
44 En ce temps-là, on préposa aux salles prévues pour les provisions, prélèvements, prémices et dîmes, des hommes qui y rassembleraient, du territoire des villes, les parts que la Loi alloue aux prêtres et aux lévites. Car Juda mettait sa joie dans les prêtres et les lévites en fonction.
45 Ce sont eux qui assuraient le service de leur Dieu et le service des purifications — ainsi que les chantres et les portiers —, suivant les prescriptions de David et de Salomon son fils.
46 Car dès les jours de David et d’Asaph, depuis bien longtemps, il existait un chef des chantres et des cantiques de louange et d’action de grâces à Dieu.
47 Donc tout Israël, au temps de Zorobabel et au temps de Néhémie, versait aux chantres et aux portiers les parts qui leur revenaient, d’après leurs besoins quotidiens. On remettait aux lévites les redevances sacrées et les lévites les remettaient aux fils d’Aaron.
Lire la suite:Néhémie, Chapitre 13
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 i) Les noms, absents de Esd 2.36-39, sont ceux des familles sacerdotales sous Yoyaqim, successeur de Josué, cf. vv. 12-21. Il y avait dans cette présentation un moyen juridique d’attester leurs droits, par l’Antiquité.


10 j) De 520 à 405 (Darius II).


12 k) Donc après 500. Les noms alignés figurent encore au chap. 10, plus récent, avec trois nouvelles familles. La liste est suivie d’une note justificative sur sa provenance.


22 l) Au début du v., l’hébr. ajoute « les lévites ». — « les chefs des familles de prêtres » 1 ms ; « les chefs de famille et les prêtres » hébr.


22 m) Chronique officielle du Temple. — « le Livre des Chroniques jusqu’au » ajouté par conj.


22 n) Darius II, mort en 405.


24 o) « Binnuï » conj. cf. v. 8 ; 10.10 ; « fils de » ben hébr.


25 p) Les chantres et portiers sont maintenant assimilés aux lévites, cf. 11.17.


26 q) La synchronisation de ces trois personnages est l’œuvre du Chroniste.


27 r) La cérémonie se situe historiquement après 6.16 ; mais le Chroniste en a fait un pendant d’Esd 6.13-18 (Dédicace du Temple) deux dédicaces achèvent ainsi deux périodes d’histoire, l’une dominée par Zorobabel et l’autre, aux yeux du Chroniste, par Esdras et Néhémie. — On peut reconstituer ainsi la cérémonie après les purifications d’usage, deux processions suivent la crête du rempart, en partant de la porte de la Vallée, l’une vers le sud, l’autre vers le nord (voir la carte). Elles se rejoignent au Temple où a lieu la clôture de la fête. Chaque cortège est composé d’un chœur de prêtres suivi de notables. Le Chroniste a coupé le récit en introduisant aux vv. 33-36 la liste des prêtres du premier chœur et, aux vv. 40-42, celle des prêtres du second chœur. Il a aussi introduit Esdras dans le défilé.


28 s) « fils de Lévi » ms grec ; « les fils des prêtres chantres » hébr.


31 t) « Le premier chemina » conj. cf. v. 38 ; « et des processions » hébr.


37 u) « par la crête du rempart et la montée du Palais » conj. ; « par la montée du rempart au-dessus du Palais » hébr.


38 v) « vers la gauche » conj., cf. v. 31 ; « vis-à-vis » (?) hébr. — « des chefs » conj. d’après v. 32 ; omis par hébr.


39 w) L’hébr. ajoute « et sur la porte Vieille ».


44 x) Ce tableau idéal de la communauté au temps des gouverneurs Zorobabel et Néhémie va faire ressortir comme des anomalies les malfaçons qu’énumérera la fin du mémoire de Néhémie, 13.4s.


44 y) « du territoire » conj. ; « d’après le territoire » hébr.


Les livres d’Esdras et de Néhémie ne formaient qu’un seul « livre d’Esdras » dans la Bible hébraïque et dans la Septante. Comme celle-ci retenait le livre apocryphe grec d’Esdras et lui donnait la première place (Esdras I), le livre d’Esdras-Néhémie y est appelé Esdras II. À l’époque chrétienne, il fut divisé en deux et cet usage fut suivi par la Vulgate, dans laquelle Esdras I Esdras et Esdras II Néhémie ; l’apocryphe grec d’Esdras y est appelé Esdras III. La désignation des deux livres par leurs personnages principaux, Esdras et Néhémie, est encore plus récente ; elle a pénétré dans les éditions imprimées de la Bible massorétique.

Les livres d’Esdras et de Néhémie sont, comme on l’a dit, la continuation de l’œuvre du Chroniste. Après les cinquante années de l’Exil, dont il ne parle pas, celui-ci reprend l’histoire au moment où l’édit de Cyrus, en 538 av. J.-C., autorise les Juifs à retourner à Jérusalem pour y reconstruire le Temple. Les retours commencent aussitôt, mais les travaux du Temple sont interrompus par l’opposition des Samaritains et ne reprennent que sous Darius Ier ; le Temple est achevé en 515. Dans le demi-siècle qui suit, les efforts pour relever les remparts de Jérusalem sont entravés par les mêmes Samaritains, 1-6. Sous Artaxerxès, Esdras, un scribe chargé des affaires juives à la cour de Perse, arrive à Jérusalem avec une nouvelle caravane. Il est muni d’un firman qui lui donne autorité pour imposer à la communauté la Loi de Moïse, reconnue comme loi du roi. Il doit prendre des mesures sévères contre les Juifs qui avaient contracté mariage avec des femmes étrangères, 7-10. Puis Néhémie, échanson d’Artaxerxès, se fait donner par le roi la mission d’aller à Jérusalem pour en relever les murailles. Ce travail est rapidement achevé, malgré les oppositions des ennemis, et la ville est repeuplée, Ne 1.1 – 7.72a. Entre-temps, Néhémie a été nommé gouverneur. Esdras fait une lecture solennelle de la Loi, on célèbre la fête des Tentes, le peuple confesse ses péchés et s’engage à observer la Loi, Ne 7.72b – 10.40. Suivent des listes, des mesures complémentaires et la dédicace du rempart, 11.1-13.3. Néhémie, après être retourné en Perse, revient pour une seconde mission, au cours de laquelle il doit réprimer certains désordres qui se sont déjà introduits dans la communauté, Ne 13.4-31.

On voit, par ce sommaire, que ces livres sont très importants pour l’histoire de la Restauration juive après l’Exil. Les premiers chapitres d’Esdras complètent les renseignements qu’on peut tirer des prophètes Aggée, Zacharie et Malachie. Les deux livres sont la seule source que nous ayons sur l’activité d’Esdras et de Néhémie. La date de leur composition est antérieure à celle des Chroniques, mais surtout ils utilisent et citent textuellement des documents contemporains des faits : listes de rapatriés ou du peuplement de Jérusalem, actes des rois de Perse, correspondances avec la cour, surtout le rapport où Esdras rendit compte de sa mission et le mémoire justificatif de Néhémie.

Malgré cette abondance de sources, l’exégèse d’Esdras et de Néhémie est hérissée de difficultés, car les documents s’y présentent dans un ordre déconcertant. La liste des immigrants est donnée deux fois, Esd 2 et Ne 7 ; dans la section d’Esd 4.6 – 6.18, écrite en araméen, les événements du temps de Darius sont racontés après ceux des règnes de Xerxès et d’Artaxerxès, qui se placent cependant dans le demi-siècle qui suit. Les écrits provenant d’Esdras et de Néhémie ont été disloqués, puis combinés ensemble. En utilisant les dates précises qui y sont données, le rapport d’Esdras peut se restituer dans cet ordre : Esd 7.1-8.36 ; Ne 7.72b – 8.18 ; Esd 9.1 – 10.44 ; Ne 9.1-37.

Mais ce document a été récrit par le Chroniste, qui en a mis certaines parties à la troisième personne, et il a reçu des additions : la liste des coupables d’Esd 10.18, 20-44 et les prières d’Esd 9.6-15 et Ne 9.6-37. Le mémoire de Néhémie comprend les morceaux suivants : 1-2 ; 3.33– 7.5 ; 12.27 – 13.31. Le Chroniste y a inséré un document sur la reconstruction des murailles, Ne 3.1-32. La liste des premiers sionistes, Ne 7.6-72a, est reprise d’Esd 2. Le chap. 10 est un autre document d’archives, qui scelle l’engagement pris par la communauté lors de la seconde mission de Néhémie, 13. Le cadre du chap. 11 est une composition du Chroniste, à quoi ont été ajoutées des listes de la population de Jérusalem et de Juda et, au chap. 12, des listes de prêtres et de lévites.

Il apparaît que le Chroniste a voulu procéder par tableaux d’ensemble. Dans Esd 1-6, son objet principal est la reconstruction du Temple sous Darius : il a groupé les retours successifs de la captivité, estompé la figure de Sheshbaççar au profit de celle de Zorobabel, constitué une sorte de dossier antisamaritain. Dans la suite des livres, il a présenté Esdras et Néhémie travaillant ensemble à la réalisation d’une même œuvre.

Ces procédés de composition littéraire posent de graves problèmes aux historiens. La question la plus discutée et la plus difficile concerne la chronologie d’Esdras et de Néhémie. D’après l’ordre du livre, Esdras arriva à Jérusalem en 458, la septième année d’Artaxerxès Ier, Esd 7.8, Néhémie le rejoignit en 445, la vingtième année du même roi, Ne 2.1. Il resta douze années, Ne 13.6, donc jusqu’en 433, repartit en Perse pour un temps indéterminé et revint faire un second séjour, encore sous ArtaxerxèsIer, qui ne mourut qu’en 424. Cet ordre traditionnel est maintenu par de bons exégètes qui cependant restreignent à une année, d’après les indications précises du livre lui-même, la mission d’Esdras, et le font repartir avant l’arrivée de Néhémie. D’autres exégètes inversent cet ordre car il leur semble que l’œuvre d’Esdras suppose celle de Néhémie déjà accomplie. Les dates données pour Esdras se rapporteraient, non au règne d’Artaxerxès Ier comme celles de Néhémie, mais au règne d’ArtaxerxèsII, et Esdras ne serait arrivé qu’en 398. Enfin, accordant qu’Esdras est venu après Néhémie mais refusant de reconnaître un changement de règne dont le texte ne dit rien, certains exégètes récents font venir Esdras entre les deux missions de Néhémie, au prix d’une correction textuelle d’Esd 7.8 : Esdras serait arrivé, non la septième année, mais la trente-septième année d’Artaxerxès, en 428.

Chacune de ces solutions peut invoquer de bons arguments et chacune aussi se heurte à des difficultés ; le problème doit rester ouvert. Un seul point est sûr : l’activité de Néhémie à Jérusalem de 445 à 433 av. J.-C.

Pour l’intelligence religieuse des livres, il est d’ailleurs d’un intérêt secondaire. Conformément à l’intention de l’auteur, ils donnent un tableau synthétique, mais non pas trompeur, de la Restauration juive, et, pour comprendre celle-ci, les idées qui l’ont animée sont plus importantes à connaître que la suite exacte des faits. Profitant de la politique religieuse libérale que les Achéménides appliquaient dans leur empire, les Juifs reviennent en Terre promise, rétablissent le culte, reconstruisent le Temple, relèvent les murs de Jérusalem et vivent en communauté, gouvernés par des hommes de leur race et régis par la Loi de Moïse. Il ne leur en coûte qu’un loyalisme facile à garder vis-à-vis d’un pouvoir central respectueux de leurs coutumes. C’est un événement considérable, c’est la naissance du judaïsme, préparée par les longues méditations de l’Exil, aidée par l’intervention d’hommes providentiels.

Après Zorobabel, qui reconstruit le Temple mais dont le Chroniste tait les titres messianiques reconnus par Aggée et Zacharie, Ag 2.23 ; Za 6.12s, les pionniers de cette restauration furent Esdras et Néhémie. Esdras est vraiment le père du judaïsme, avec ses trois idées essentielles : la Race élue, le Temple, la Loi. Sa foi ardente et la nécessité de sauvegarder la communauté renaissante expliquent l’intransigeance de ses réformes et le particularisme qu’il imposa aux siens. Il est le patron des scribes et sa figure est allée en grandissant dans la tradition juive. Néhémie est au service des mêmes idées, mais il agit sur un autre plan : dans Jérusalem restaurée et repeuplée par lui, il donne à son peuple la possibilité et le goût d’une vie nationale. Son mémoire, plus personnel que le rapport d’Esdras, nous le fait connaître sensible et humain, payant de sa personne mais prudent et réfléchi, se confiant en Dieu qu’il prie souvent. Il laissa un grand souvenir et Ben Sira chante l’éloge de « celui qui releva pour nous les murs en ruines », Si 49.13.

Il n’est pas étonnant que, dans ce regroupement de la communauté autour du Temple et sous l’égide de la Loi, le Chroniste ait vu une réalisation de l’idéal théocratique qu’il avait prôné dans les Chroniques. Il sait bien que cette réalisation est imparfaite et qu’il faut attendre autre chose, mais, plus que dans les Chroniques, il est dépendant des documents qu’il reproduit : il garde leur ton particulariste qu’excusaient les circonstances, il respecte leur silence – inspiré sans doute par un loyalisme honorable – sur l’espérance messianique. Il écrit au milieu de cette période des IVe et IIIe siècles avant notre ère, qui nous est si mal connue et où la communauté de Jérusalem, repliée sur elle-même, se reconstruit en silence et s’approfondit spirituellement.

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