Si les actes d’Esdras et de ses assistants s’étaient réduits à l’organisation d’un divorce collectif, nous les jugerions difficilement dignes d’être imités. Mais, pour Esdras, le divorce et les tragédies familiales qui l’accompagnaient n’étaient pas une fin en soi. Ce divorce collectif devient une partie du renouvellement de l’Alliance avec le Seigneur, par laquelle le peuple s’engage de nouveau à demeurer uni à Lui et à suivre fidèlement Ses commandements.
Remarquons que personne n’interdit aux maris qui ne veulent pas se séparer de leurs épouses païennes de les accompagner en exil. Nous n’entendons pas non plus une seule voix s’élever contre Esdras. Une telle réaction fait naître des doutes sur la solidité première des liens familiaux ainsi rompus. En outre, on ne précise pas, pour une raison inconnue, si certaines de ces étrangères avaient embrassé la foi au Dieu d’Israël. Leurs maris n’avaient-ils donc pas pris soin de les unir à leur peuple et de leur révéler le sens de l’espérance que celui-ci plaçait dans le Seigneur ?
Mais, quoi qu’il en soit, la rupture de relations proches, surtout à une telle échelle, a causé de la douleur et donné lieu à de véritables tragédies humaines. Quels que soient les arguments avancés pour justifier ce qui s’est produit, on ne peut y échapper...
