La Jérusalem céleste est montrée à l'apôtre dans la vision avec beaucoup de détails. À la base de ses dimensions architecturales se trouve le nombre douze, nombre évidemment symbolique, lié aussi bien à la plénitude du peuple de Dieu, composé de douze tribus, qu'à la plénitude de la communauté messianique, composée des douze apôtres.
La plénitude de l'Église est montrée à Jean comme l'unité de la plénitude du peuple de Dieu et de la plénitude de la communauté apostolique messianique issue de lui. Il n'y a pas à douter que la Jérusalem céleste soit l'image de l'Église céleste: elle est appelée «l'épouse de l'Agneau», et c'est ainsi que les livres du Nouveau Testament nomment précisément l'Église du Christ. Les pierres précieuses mentionnées dans le livre, qui ornent les fondations de la ville, sont les mêmes pierres sacrées qui servaient à orner la Tente: toute la ville se révèle ainsi à l'apôtre comme un grand sanctuaire.
Le fleuve d'eau vive mentionné dans le livre rappelle la vision d'Ézéchiel, qui voit ce fleuve couler de dessous les fondations du Temple; dans la vision de Jean, il traverse la ville, la sanctifiant et la vivifiant. Les arbres sur les rives du fleuve sont les mêmes que dans la vision d'Ézéchiel. Il n'y a dans la ville aucune impureté, «rien de maudit»: le Royaume et la demeure en lui sont incompatibles avec tout mal et tout péché.
Mais la purification et la transfiguration sont possibles pour quiconque les veut, et ne restent hors du Royaume que ceux qui sont «voués à l'abomination et au mensonge», ceux qui les ont choisis et ne veulent pas s'en séparer. Quant au Temple, au sanctuaire, il n'y a pas de sanctuaire dans le Royaume au sens terrestre, il n'y est pas nécessaire. Le sanctuaire du Royaume est ce Trône de gloire que certains voyaient dans le Temple pendant le service, comme de loin et à travers une barrière. Désormais la barrière n'existe plus, et le Trône de gloire, centre spirituel du Royaume, est ouvert à chacun. Ainsi, sous la forme du Trône, se révèle aux habitants du Royaume ce point de la création où la volonté de Dieu rencontre le monde créé par Dieu et détermine son être.
Ce point est le centre spirituel non seulement du Royaume, mais de tout l'univers. Et le Roi du Royaume de Dieu devient le Messie ressuscité d'entre les morts, désormais, enfin, non plus caché, mais manifesté à chacun. Et la lumière de la Jérusalem céleste n'est pas la lumière physique du monde non transfiguré, mais la lumière de la présence de Dieu, celle dont le monde était pénétré au premier jour de la création. Le monde retrouve la plénitude de l'être et se transfigure par le souffle du Royaume, devenu le centre et le sens de son existence.
