Voulant devenir roi, Abimélek avance un argument qui reste convaincant pour beaucoup : un seul gouvernant peut diriger de façon plus rationnelle qu'un collège nombreux. Mais la forme du pouvoir ne garantit pas automatiquement un gouvernement juste, d'autant moins lorsque l'arrivée au pouvoir est liée à l'effusion de sang et au fratricide.
Ainsi, pour la première fois en Israël, un roi apparut. Mais par la bouche de Yotam, la Bible pose pour la première fois la question des fondements moraux du pouvoir royal, et, à vrai dire, de tout pouvoir terrestre : le roi a-t-il été établi selon la justice ? C'est avec cette question que commence la libération de la divinisation païenne des souverains terrestres, dont les actions sont désormais soumises elles aussi à une évaluation morale.
Ceux qui ont porté injustement un dirigeant au pouvoir doivent désormais se souvenir qu'il faut répondre de son choix.
