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Lecture en trois ans pour le 5 juin 2023

La Bible de Jérusalem (fr)

Jéremie, Chapitre 45

IV. Les souffrances de Jérémie> 1 La parole de consolation pour Baruch.
Parole qu’adressa le prophète Jérémie à Baruch, fils de Nériyya, quand celui-ci écrivit ces paroles dans un livre sous la dictée de Jérémie, la quatrième année de Joiaqim, fils de Josias, roi de Juda.
Ainsi parle Yahvé, le Dieu d’Israël, à ton sujet, Baruch.
Tu as dit : « Malheur à moi, car Yahvé accumule pour moi peines sur douleurs ! Je suis épuisé à force de gémir et ne trouve aucun répit ! »
Tu lui parleras en ces termes : Ainsi parle Yahvé. Ce que j’avais bâti, je le démolis, ce que j’avais planté, je l’arrache, et cela pour toute la terre !
Et toi, tu réclames pour toi de grandes choses ! Ne réclame pas, car voici que moi, j’amène le malheur sur toute chair, oracle de Yahvé. Mais toi, je t’accorde ta vie pour butin, partout où tu iras.

Jéremie, Chapitre 46

V. Oracles contre les nations> 2 Oracles contre l’Égypte. La défaite de Karkémish., 13 L’invasion de l’Égypte.
Parole de Yahvé qui fut adressée au prophète Jérémie concernant les nations.
Sur l’Égypte.
Contre l’armée du Pharaon Néko, roi d’Égypte, qui se trouvait près du fleuve Euphrate, vers Karkémish, quand Nabuchodonosor, roi de Babylone, la battit ; c’était la quatrième année de Joiaqim, fils de Josias, roi de Juda.
Préparez petit et grand boucliers,
en avant pour la bataille !
Harnachez les chevaux,
en selle, cavaliers !
Alignez-vous, casque en tête,
affûtez les lances,
endossez vos cuirasses !
Pourquoi donc les ai-je vus
pris de panique,
lâchant pied ?
Leurs braves, battus,
s’enfuient éperdument
sans se retourner.
C’est la terreur de tous côtés,
oracle de Yahvé.
Que le plus rapide ne s’échappe pas,
que le plus valeureux ne s’enfuie pas !
Vers le Nord, aux rives de l’Euphrate,
ils ont trébuché, ils sont tombés.
Qui donc montait, pareil au Nil,
et comme des torrents bouillonnaient ses eaux ?
C’est l’Égypte qui montait, pareille au Nil,
et comme des torrents bouillonnaient ses eaux.
Elle disait : « Je monterai submerger la terre,
détruire les villes et leurs habitants !
Chevaux, chargez !
Chars, foncez !
Que s’avancent les guerriers,
gens de Kush et de Put, porteurs de boucliers,
Ludiens qui bandez l’arc ! »
10 Or ce jour-là est pour le Seigneur Yahvé Sabaot
un jour de vengeance, pour se venger de ses adversaires :
l’épée dévore, elle se rassasie,
elle s’enivre de leur sang.
Car c’est un sacrifice pour le Seigneur Yahvé Sabaot,
au pays du Nord, sur le fleuve Euphrate.
11 Monte en Galaad et prends du baume,
vierge, fille de l’Égypte !
En vain tu multiplies les remèdes :
point de guérison pour toi !
12 Les nations ont appris ton déshonneur ;
de ta clameur la terre est remplie,
car le guerrier a trébuché contre le guerrier,
ils sont tombés tous les deux.
13 Parole que Yahvé adressa au prophète Jérémie quand Nabuchodonosor, roi de Babylone, vint pour frapper le pays d’Égypte.
14 Publiez-le en Égypte,
faites-le entendre à Migdol,
faites-le entendre à Noph et à Tahpanhès !
Dites : Dresse-toi, tiens-toi prête,
car l’épée dévore autour de toi.
15 Pourquoi Apis a-t-il fui ?
Pourquoi ton Puissant n’a-t-il pas tenu ?
Oui, Yahvé l’a culbuté,
16 il en fait trébucher beaucoup !
Chacun tombe sur son compagnon ;
ils disent : « Debout ! Retournons à notre peuple
et à notre terre natale,
loin de l’épée dévastatrice. »
17 On a donné ce nom à Pharaon, le roi d’Égypte :
« Du-bruit !-mais-il-manque-l’occasion ! »
18 Aussi vrai que je vis
— oracle du Roi dont le nom est Yahvé Sabaot —,
il va venir, pareil au Tabor parmi les monts,
au Carmel surplombant la mer.
19 Prépare ton paquet d’exilée,
habitante, fille de l’Égypte ;
Noph se changera en désolation,
dévastée et vidée d’habitants.
20 L’Égypte était une génisse magnifique :
un taon venu du Nord s’est posé sur elle.
21 Ses mercenaires aussi, chez elle,
ressemblaient à des veaux à l’engrais :
eux aussi tournent les talons,
ils s’enfuient tous ensemble, ils ne peuvent tenir.
Car il arrive sur eux, le Jour de leur ruine,
le temps de leur châtiment.
22 Sa voix est comme le bruit du serpent qui siffle,
car ils viennent en masse
se jeter sur elle avec des haches,
tels des bûcherons ;
23 ils abattent sa forêt — oracle de Yahvé —,
alors qu’elle était impénétrable,
car ils sont plus nombreux que les sauterelles,
ils sont innombrables.
24 Elle est couverte de honte, la fille de l’Égypte,
livrée aux mains d’un peuple du Nord.
25 Yahvé Sabaot, le Dieu d’Israël, a dit : Voici que je vais visiter Amon de No, le Pharaon, l’Égypte, ses dieux et ses rois, Pharaon et ceux qui se fient à lui.
26 Je les livrerai aux mains de ceux qui en veulent à leur vie, aux mains de Nabuchodonosor, roi de Babylone, et aux mains de ses serviteurs. Mais plus tard l’Égypte sera de nouveau habitée, comme aux jours d’autrefois, oracle de Yahvé.
27 Mais toi, ne crains pas, mon serviteur Jacob,
ne sois pas terrifié, Israël !
Car me voici pour te sauver des terres lointaines,
et tes descendants du pays de leur captivité.
Jacob reviendra et sera paisible,
il sera tranquille, sans personne qui l’inquiète.
28 Toi, sois sans crainte, mon serviteur Jacob
— oracle de Yahvé —, car je suis avec toi :
Je ferai l’extermination de toutes les nations
où je t’ai dispersé ;
avec toi je ne ferai pas d’extermination,
mais je te châtierai selon le droit,
ne te laissant pas impuni.
Lire la suite:Jéremie, Chapitre 47
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

45:1 c) Ce passage, en conservant le souvenir d’un oracle personnellement adressé à Baruch, est comme la signature du secrétaire du prophète, à qui il faut attribuer, semble-t-il, les fragments biographiques des chap. 26-44.


45:1 d) En 605 ; cf. 36.1.


46:1 e) Les oracles contre les nations, groupés par l’hébreu à la fin du livre, 46-51, ont gardé dans la version grecque leur place primitive, à la suite de l’introduction que constitue le chap. 25. Le recueil primitif de ces oracles paraît avoir été surchargé ; cf. 25.17.


46:2 f) Actuellement la bourgade syrienne de Djerablus, au nord-est d’Alep, sur l’Euphrate. Sise sur un gué conduisant de Syrie en Mésopotamie, cette cité fut, en 605, le théâtre de la bataille entre Néko (609-594) venant au secours de l’empire assyrien agonisant (et qui, au passage, avait tué Josias à Megiddo, 2 Ch 35.19-25 ; cf. 22.10), et Nabuchodonosor (605-562). La victoire de ce dernier lui livra la Syrie et la Palestine, cf. 2 R 24.7.


46:9 g) Avant « qui bandez » l’hébr. ajoute « porteurs », dittographie probable. — Kush est la Nubie ; Put, la Somalie ; Lud, une peuplade africaine, citée généralement avec Put, cf. Isa 66.19 ; Ez 27.10 ; 30.5.


46:13 h) Oracle postérieur au précédent. L’invasion annoncée eut lieu sous le Pharaon Amasis, en 568/567, cf. 43.12.


46:15 i) « Apis a-t-il fui » grec ; « a-t-il été renversé » hébr. — « ton Puissant », au sing. avec 65 ms hébr., grec et Vulg. ; le TM porte le pluriel. — Le taureau Apis, incarnation du dieu Ptah, était le protecteur de Memphis ; vivant, il était nourri dans un temple ; mort, il devenait un Osiris-Apis, ou Osar-Api, d’où le nom de Sérapeum, nécropole où il était embaumé et enseveli. En face de cette idole, le seul vrai Dieu est précisément le « Puissant de Jacob », cf. Gn 49.24 ; Ps 132.2, 5 ; Isa 1.24 ; 49.26 ; 60.16.


46:17 j) Littéralement « on a appelé de ce nom » grec et Vulg. ; « on a appelé là » hébr. Le Pharaon est Hophra, qui, en 588, avait donné à Sédécias un faux espoir, cf. chap. 37.


46:19 k) C’est Memphis, cf. 2.16 ; 44.1.


46:22 l) « qui siffle » grec ; « qui vient » (cf. stique suivant) hébr.


46:25 m) Amon, le dieu-bélier de Thèbes ; c’est cette ville dont le nom égyptien est transcrit par No, cf. Na 3.8 ; Ez 30.14-16.


46:26 n) Même annonce d’une restauration future des peuples châtiés par Yahvé en 48.47 ; 49.6, 39 ; cf. Isa 19.21s.


46:27 o) Les vv. 27-28, qui forment comme la contrepartie en faveur d’Israël de l’annonce de la restauration de l’Égypte au v. 26, réutilisent 30.10-11. Toutefois « Jacob » et « Israël » désignent non plus le royaume du Nord, mais tout le peuple de Yahvé, dans la perspective du Second Isaïe.


Un peu plus d’un siècle après Isaïe, vers 650 av. J.-C., Jérémie naissait d’une famille sacerdotale installée aux environs de Jérusalem. Mieux que pour aucun autre prophète, sa vie et son caractère nous sont connus par les récits biographiques à la troisième personne qui parsèment son livre et dont voici la suite chronologique : 19.1 – 20.6 ; 26 ; 36 ; 45 ; 28-29 ; 51.59-64 ; 34.8-22 ; 37-44. Les « Confessions de Jérémie », 11.18 – 12.6 ; 15.10-21 ; 17.14-18 ; 18.18-23 ; 20.7-18, proviennent du prophète lui-même. Elles ne constituent pas une autobiographie, mais elles sont un témoignage émouvant des crises intérieures qu’il a traversées et qui sont décrites dans le style des Psaumes de lamentation. Appelé tout jeune par Dieu, en 626, la treizième année de Josias, 1.2, il a vécu la période tragique où se prépara et s’accomplit la ruine du royaume de Juda. La réforme religieuse et la restauration nationale de Josias éveillèrent des espoirs qui furent anéantis par la mort du roi à Megiddo en 609 et par le bouleversement du monde oriental, la chute de Ninive en 612 et l’expansion de l’empire chaldéen. Dès 605, Nabuchodonosor a imposé sa domination à la Palestine, puis Juda s’est révolté à l’instigation de l’Égypte qui intriguera jusqu’à la fin et, en 597, Nabuchodonosor conquiert Jérusalem et déporte une partie de ses habitants. Une nouvelle révolte ramène les armées chaldéennes et, en 587, Jérusalem est prise, le Temple est incendié, une seconde déportation a lieu. Jérémie a traversé cette dramatique histoire, prêchant, menaçant, prédisant la ruine, avertissant en vain les rois incapables qui se succèdent sur le trône de David, accusé de défaitisme par les militaires, persécuté, incarcéré. Après la prise de Jérusalem, et bien qu’il vît dans les exilés l’espoir de l’avenir, Jérémie choisit de rester en Palestine auprès de Godolias, nommé gouverneur par les Chaldéens. Mais celui-ci fut assassiné et un groupe de Juifs, craignant les représailles, s’enfuit en Égypte, entraînant Jérémie. C’est probablement là qu’il mourut.

Le drame de cette vie n’est pas seulement dans les événements auxquels Jérémie fut mêlé, il est aussi dans le prophète lui-même. Il avait une âme tendre, faite pour aimer, et il a été envoyé « pour arracher et renverser, pour exterminer et démolir », 1.10, il a eu à prédire surtout le malheur, 20.8. Il était désireux de paix et il a eu toujours à lutter, contre les siens, contre les rois, les prêtres, les faux prophètes, tout le peuple, « homme de querelle et de discorde pour tout le pays », 15.10. Il a été déchiré par la mission à laquelle il ne pouvait pas se soustraire, 20.9. Ses dialogues intérieurs avec Dieu sont semés de cris de douleur : « Pourquoi ma souffrance est-elle continue ? » 15.18, et le passage poignant qui annonce Job : « Maudit soit le jour où je suis né... », 20.14 et la suite.

Mais cette souffrance a épuré son âme et l’a ouverte au commerce divin. Ce qui nous rend Jérémie si cher et si proche, c’est la religion intérieure et cordiale qu’il a pratiquée, avant de la formuler dans l’annonce de la Nouvelle Alliance, 31.31-34. Cette religion personnelle l’a conduit à un approfondissement de l’enseignement traditionnel : Dieu scrute les reins et les cœurs, 11.20, il rend à chacun selon ses actes, 31.29-30 ; l’amitié avec Dieu, 2.2, est rompue par le péché, qui sort du cœur mauvais, 4.4 ; 17.9 ; 18.12. Ce côté affectif l’apparente à Osée dont il a subi l’influence ; cette intériorisation de la Loi, ce rôle du cœur dans les rapports avec Dieu, ce souci de la personne individuelle le rapprochent du Deutéronome. Jérémie a certainement vu avec faveur la réforme de Josias qui s’inspirait de ce livre, mais il a été cruellement déçu par son inefficacité pour changer la vie morale et religieuse du peuple.

La mission de Jérémie a échoué de son vivant, mais sa figure n’a cessé de grandir après sa mort. Par sa doctrine d’une Alliance nouvelle, fondée sur la religion du cœur, il a été le père du Judaïsme dans sa ligne la plus pure, et l’on relève son influence dans Ézéchiel, la seconde partie d’Isaïe et plusieurs Psaumes. L’époque maccabéenne le compte parmi les protecteurs du peuple, 2 M 2.1-8 ; 15.12-16. En mettant les valeurs spirituelles au premier plan, en dévoilant les rapports intimes que l’âme doit avoir avec Dieu, il a préparé la Nouvelle Alliance chrétienne, et sa vie d’abnégation et de souffrance au service de Dieu, après avoir pu fournir des traits à l’image du Serviteur dans Isa 53, fait de Jérémie une figure du Christ.

Cette influence durable suppose que les enseignements de Jérémie ont été souvent lus, médités et commentés. Cette action de toute une lignée spirituelle se reflète dans la composition de son livre. Il ne se présente pas, loin de là, comme une œuvre d’un seul jet. En dehors des oracles poétiques et des récits biographiques, il contient des discours en prose dans un style proche de celui du Deutéronome. Leur authenticité a été contestée et on les a attribués à des rédacteurs « deutéronomistes » d’après l’Exil. En fait, leur style est celui de la prose judéenne du VIIe et du début du VIe siècle av. J.-C., leur théologie est celle du courant religieux auquel appartiennent aussi bien Jérémie que le Deutéronome. Ils sont l’écho authentique de la prédication de Jérémie, recueillie par ses auditeurs. Toute cette tradition jérémienne ne s’est pas transmise sous une forme unique. La version grecque offre une recension qui est notablement plus courte (un huitième) que le texte massorétique et souvent différente dans le détail ; les découvertes de Qumrân prouvent que les deux recensions existaient en hébreu. De plus, le grec met les oracles contre les nations après 25.13 et dans un autre ordre que l’hébreu, qui les rejette à la fin du livre, 46-51. Ces prophéties ont peut-être formé d’abord une collection particulière et elles ne proviennent pas toutes de Jérémie : au moins, les oracles contre Moab et Édom ont été fortement retravaillés et le long oracle contre Babylone, 50-51, date de la fin de l’Exil. Le chap. 52 Se donne lui-même comme un appendice historique, qui est parallèle à 2 R 24.18 – 25.30. D’autres compléments de moindre étendue ont été insérés dans le cours du livre et témoignent de l’usage qu’en faisaient et de l’estime qu’en avaient les captifs de Babylone et la communauté renaissante après l’Exil. Il y a aussi une abondance de doublets, qui supposent un travail rédactionnel. Enfin, les indications chronologiques, qui sont nombreuses, ne se suivent pas. Le désordre actuel du livre est le résultat d’un long travail de composition, dont il est bien difficile de retracer toutes les étapes.

Le chap. 36 nous donne cependant les indications précieuses : en 605, Jérémie dicta à Baruch les oracles qu’il avait prononcés depuis le début de son ministère, 36.2, c’est-à-dire depuis 626. Ce rouleau, brûlé par Joiaqim, fut récrit et complété, 36.32. Sur le contenu de ce recueil, on ne peut faire que des hypothèses. Il semble avoir été introduit par 25.1-12 et groupait les pièces antérieures à 605 qu’on trouve dans les chap. 1-18, mais il contenait aussi, d’après 36.2, des oracles anciens contre les nations, auxquels se réfère 25.13-38. Les compléments qui y furent ajoutés ensuite sont, dans les mêmes sections, des pièces postérieures à 605 et d’autres oracles contre les nations. On y inséra les feuillets des « Confessions », dont le détail a été donné plus haut. On y joignit deux petits livrets, sur les rois, 21.11 – 23.8, et sur les prophètes, 23.9-40, qui ont pu avoir existé d’abord à part.

On isole déjà ainsi deux parties dans le livre : l’une contient des menaces contre Juda et Jérusalem, 1.1 – 25.13, l’autre des prophéties contre les nations, 25.13-38 et 46-51. Une troisième partie est constituée par 26-35, où l’on a rassemblé dans un ordre arbitraire des morceaux qui ont un ton plus optimiste. Ces pièces sont presque toutes en prose et proviennent en grande partie d’une biographie de Jérémie, qu’on attribue à Baruch. Il faut mettre à part les chap. 30-31 qui sont un livret poétique de consolation. La quatrième partie, 36-44, en prose, continue la biographie de Jérémie et donne le récit de ses souffrances pendant et après le siège de Jérusalem. Elle se termine par 45.1-5, qui est comme la signature de Baruch.

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