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La Bible en cinq ans pour le 25 mai 2023

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Chroniques, Chapitre 27

II. David, fondateur du culte du Temple> 1 Organisation civile et militaire.
Les Israélites d’après leur nombre :Chefs de familles, officiers de milliers et de centaines et leurs scribes au service du roi, pour tout ce qui concernait les classes en activité pour un mois, tous les mois de l’année. Chaque classe était de vingt-quatre mille hommes.
Le responsable de la première classe, affecté au premier mois, était Yashobéam, fils de Zabdiel. Il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
C’était l’un des fils de Pérèç, chef de tous les officiers du corps affecté au premier mois.
Le responsable de la classe du second mois était Dodaï l’Ahohite et sa classe, avec Miqlôt comme commandant ; il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
L’officier du troisième corps affecté au troisième mois était Benayahu, fils de Yehoyada, le prêtre en chef. Il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
C’est ce Benayahu qui fut le héros des Trente, et eut la responsabilité des Trente et de sa classe. Il eut pour fils Ammizabad.
Le quatrième, affecté au quatrième mois, était Asahel, frère de Joab ; son fils Zebadya lui succéda. Il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
Le cinquième, affecté au cinquième mois, était l’officier Shamehut, le Yizerahite. Il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
Le sixième, affecté au sixième mois, était Ira, fils d’Iqqesh, de Teqoa ; il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
10 Le septième, affecté au septième mois, était Héleç, le Pelonite, l’un des fils d’Éphraïm ; il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
11 Le huitième, affecté au huitième mois, était Sibbekaï, de Husha, un Zarhite ; il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
12 Le neuvième, affecté au neuvième mois, était Abiézer d’Anatot, un Benjaminite ; il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
13 Le dixième, affecté au dixième mois, était Mahraï de Netopha, un Zarhite ; il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
14 Le onzième, affecté au onzième mois, était Benaya, de Piréatôn, un fils d’Éphraïm ; il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
15 Le douzième, affecté au douzième mois, était Heldaï, de Netopha, d’Otniel ; il était responsable d’une classe de vingt-quatre mille hommes.
16 Responsables des tribus d’Israël : Éliézer, fils de Zikri, commandait les Rubénites, Shephatyahu fils de Maaka les Siméonites,
17 Hashabya fils de Qemuel les Lévites, Sadoq les Aaronides,
18 Élihu, l’un des frères de David, les Judéens, Omri fils de Mikaël les Issacharites,
19 Yishmayahu fils d’Obadyahu les Zabulonites, Yerimot fils d’Azriel les Nephtalites,
20 Hoshéa fils d’Azazyahu les Éphraïmites, Yoël fils de Pedayahu la demi-tribu de Manassé,
21 Yiddo fils de Zekaryahu la demi-tribu de Manassé en Galaad, Yaasiel fils d’Abner les Benjaminites,
22 Azaréel fils de Yeroham les Danites. Tels furent les officiers des tribus d’Israël.
23 David ne fit pas le dénombrement de ceux qui avaient vingt ans et au-dessous, parce que Dieu avait dit qu’il multiplierait les Israélites comme les étoiles des cieux.
24 Joab, fils de Çeruya, commença à faire le compte, mais ne l’acheva pas. C’est pourquoi la Colère éclata contre Israël, et le chiffre n’atteignit pas celui qu’on trouve dans les Annales du roi David.
25 Responsable des provisions du roi : Azmavèt, fils d’Adiel. Responsable des provisions dans les villes, bourgs et forteresses de la province : Yehonatân, fils de Uzziyyahu.
26 Responsable des ouvriers agricoles employés à la culture du sol : Ezri, fils de Kelub.
27 Responsable des vignobles : Shiméï, de Rama. Responsable de ceux qui, dans les vignobles, étaient affectés aux réserves de vin : Zabdi, de Shepham.
28 Responsable des oliviers et des sycomores dans le Bas-Pays : Baal-Hanân, de Géder. Responsable des réserves d’huile : Yoash.
29 Responsable du gros bétail pâturant en Sarôn : Shitraï, de Sarôn. Responsable du gros bétail dans les vallées : Shaphat, fils de Adlaï.
30 Responsable des chameaux : Obil, l’Ismaélite. Responsable des ânesses : Yehdeyahu, de Méronot.
31 Responsable du petit bétail : Yaziz, le Hagrite. Tous ceux-là furent les responsables des biens appartenant au roi David.
32 Yehonatân, oncle de David, conseiller, homme avisé, et scribe, s’occupait des enfants du roi avec Yehiel, fils d’Hakmoni.
33 Ahitophel était conseiller du roi. Hushaï l’Arkite était ami du roi.
34 Yehoyada, fils de Benayahu, et Ébyatar succédèrent à Ahitophel. Joab était le général des armées du roi.
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 b) Ce chap. additionne quatre listes différentes : 1° les responsables du service mensuel, vv. 1-15 ; 2° les responsables des tribus d’Israël, vv. 16-24 ; 3° les responsables des réserves du roi, vv. 25-31 ; 4° les conseillers royaux, vv. 32-34. — La première liste semble inspirée des douze préfectures attribuées à Salomon, qui assuraient chacune pendant un mois l’entretien du roi, de ses gens et de ses troupes, cf. 1 R 5.7-8. D’un autre côté, la répartition en classes fait penser à une organisation militaire, et les noms des responsables ont été pris parmi ceux des preux de David. Il s’agit peut-être des contingents de l’armée de conscription qui, à la fin de la monarchie, aurait assuré mois après mois le service des garnisons.


4 c) « et sa classe, avec Miqlôt comme commandant » omis par grec.


16 d) Cette liste est artificielle elle suit l’ordre des fils de Jacob donné en 2.1-2, maintient Ruben, Siméon et Lévi qui ne sont plus, sous David, des tribus autonomes, et, ayant divisé Joseph en trois (Éphraïm et les deux demi-tribus de Manassé), omet Gad et Asher pour ne pas dépasser le chiffre de douze.


24 e) Ces deux vv. se réfèrent au chap. 21 et semblent destinés à expliquer pourquoi les chiffres de 21 sont inférieurs à ceux de 2 S 24.9.


25 f) Ce sont les intendants des domaines royaux qui existaient déjà sous David, cf. 28.1. Cette liste n’est pas inventée, comme l’indiquent les noms propres non israélites qu’elle contient, mais nous ne pouvons pas en vérifier le détail ni la date.


34 g) En dehors de Joab, la liste ne correspond pas à celles des grands officiers de David, données en 18.14-17 ; 2 S 8.15-16 ; 20.23-26. Il s’agit ici des conseillers privés du roi. Ébyatar doit être le prêtre de ce nom, 1 S 22.20s, mais son caractère sacerdotal n’est pas précisé à cause de la prépondérance prise par la famille de son concurrent, Sadoq.


L’Ancien Testament comprend un second groupe de livres historiques, qui doublent en grande partie et ensuite prolongent l’histoire deutéronomiste qui s’étend de Josué à la fin des Rois. Ce sont les deux livres des Chroniques, puis celui d’Esdras et, selon l’opinion commune, celui de Néhémie. Les deux livres des Chroniques n’en formaient primitivement qu’un seul et les livres d’Esdras et de Néhémie faisaient partie du même ensemble, œuvre d’un seul auteur. Non seulement on y retrouve le même style et les mêmes idées fondamentales, mais la répétition, au début de Esd 1, des versets qui terminent 2 Ch 36 certifie l’unité de composition.

Les livres des Chroniques (d’après le titre hébreu ; la Bible grecque et la Vulgate les appellent « Paralipomènes », c’est-à-dire les livres qui donnent les « choses omises », qui apportent un complément) sont donc une œuvre du judaïsme postexilique, d’une époque où le peuple, privé de son indépendance politique, jouissait cependant d’une sorte d’autonomie reconnue par les maîtres de l’Orient : il vivait sous la direction de ses prêtres, selon les règles de sa loi religieuse. Le Temple et ses cérémonies étaient le centre de la vie nationale. Mais ce cadre légaliste et rituel est vivifié par un courant de piété personnelle, par les doctrines de sagesse, par le souvenir des gloires ou des défaillances du passé et la confiance dans les promesses des prophètes.

L’auteur des Chroniques, un lévite de Jérusalem, appartient profondément à ce milieu.

Il écrit après Esdras et Néhémie, notablement plus tard puisqu’il peut combiner à sa guise les sources qui les concernent. Le début de l’époque grecque, avant 300 av. J.-C., paraît être la date la plus vraisemblable. L’ouvrage reçut ensuite des additions, venant d’une ou de plusieurs mains, en particulier les tables généalogiques de 1 Ch 2-9 furent augmentées et des listes nominatives furent ajoutées, probablement celles des partisans de David, 12, celles des prêtres et des lévites, 15, et la longue addition de 1 Ch 23.3 – 27.34, qui recense le personnel cultuel et administratif de David.

Ces compléments, qui peuvent avoir utilisé de bons documents, restent dans la ligne de pensée du Chroniste.

Il manifeste un grand intérêt pour le Temple. Le clergé joue dans son œuvre un rôle prééminent, non seulement les prêtres et les lévites, selon l’esprit du Deutéronome et des textes sacerdotaux du Pentateuque, mais les classes inférieures du clergé, les portiers et les chantres, désormais assimilés aux lévites. La sanctification du clergé s’étend aux laïcs par leur participation aux sacrifices de communion, qui retrouvent chez le Chroniste leur importance ancienne. Cette communauté sainte n’est pas restreinte aux seuls Judéens : par-delà l’apostasie du royaume d’Israël, dont il parle le moins possible, il retrouve les Douze Tribus unies sous le sceptre de David et, au-delà des circonstances présentes, il attend la réunion de tous les fils d’Israël. Les païens eux-mêmes ne sont pas exclus de la prière du Temple. « Israël » est pour lui tout le peuple fidèle, avec qui Dieu avait fait alliance autrefois, avec qui il a renouvelé cette alliance en la personne de David. C’est sous David que se sont le mieux réalisées les conditions du règne de Dieu sur la terre, de la théocratie ; c’est dans l’esprit de David que la communauté doit vivre, avec un constant souci de réforme qui est un retour aux traditions, pour que Dieu lui garde sa faveur et accomplisse les promesses.

Le centre permanent d’intérêt de cette longue histoire est le Temple de Jérusalem et son culte, depuis les préparations sous David jusqu’à la restauration accomplie par la communauté revenue de l’Exil.

Ces grandes pensées du Chroniste expliquent la composition de son ouvrage. Les premiers chapitres, 1 Ch 1-9, donnent des listes généalogiques qui s’attardent davantage sur la tribu de Juda et la descendance de David, sur les lévites, sur les habitants de Jérusalem. Cela sert d’introduction à l’histoire de David qui occupe toute la fin du premier livre, 10-29. Les démêlés avec Saül sont omis, comme la faute avec Bethsabée, les drames de famille et les révoltes, mais la prophétie de Natân est mise en relief, 1 Ch 17, et une place considérable est faite aux institutions religieuses : transport de l’arche et organisation du culte à Jérusalem, 13, 15-16, préparatifs pour la construction du Temple, 21-29. David a dressé le plan, assemblé les matériaux, réglé les fonctions du clergé jusque dans les détails, et il a laissé la réalisation à son fils Salomon. Dans l’histoire de celui-ci, 2 Ch 1-9, la construction du Temple, la prière du roi lors de la dédicace et les promesses que Dieu fait en réponse occupent la plus grande place. À partir du schisme, le Chroniste ne se préoccupe que du royaume de Juda et de la dynastie davidique. Les rois sont jugés d’après leur fidélité ou leur infidélité aux principes de l’alliance, selon qu’ils se rapprochent ou s’écartent du modèle donné par David, 2 Ch 10-36. Les désordres sont suivis de réformes, dont les plus profondes sont celles d’Ézéchias et de Josias ; ce dernier roi a des successeurs impies qui précipitent le désastre, mais les Chroniques s’achèvent par la permission donnée par Cyrus de reconstruire le Temple. On a dit qu’elles se continuaient par les livres d’Esdras et de Néhémie.

Pour écrire cette histoire, l’auteur s’est servi d’abord des livres canoniques, ceux de la Genèse et des Nombres pour les listes du début, surtout ceux de Samuel et des Rois. Il les utilise librement, il choisit ce qui va à son propos, il ajoute et retranche. Cependant il ne cite jamais ces sources essentielles que nous pouvons vérifier. En revanche, il se réfère à un certain nombre d’autres ouvrages, des « livres » des rois d’Israël ou des rois d’Israël et de Juda, un « midrash » du livre des Rois, des « paroles » ou des « visions » de tel ou tel prophète. Ces écrits nous sont inconnus et on discute sur leur contenu et leurs relations mutuelles. Ils décrivaient probablement les différents règnes à la lumière des interventions prophétiques. Il est douteux que le Chroniste ait utilisé aussi des traditions orales.

Puisque le Chroniste a eu des sources que nous ignorons et qui pouvaient être dignes de foi, il n’y a pas lieu de suspecter en principe tout ce qu’il ajoute aux livres canoniques que nous connaissons. Chaque cas doit être examiné pour lui-même et des recherches récentes ont, sur plusieurs points, vengé le Chroniste du discrédit où le tenaient beaucoup d’exégètes. Mais il arrive aussi qu’il donne des informations incompatibles avec le tableau que tracent Samuel ou les Rois, ou bien qu’il modifie sciemment ce que disent ces derniers livres. Ce procédé – qui serait inexcusable chez un historien moderne dont la mission est de raconter, en l’expliquant, l’enchaînement des faits – se justifie par l’intention de l’auteur : il n’est pas un historien, il est un théologien qui, à la lumière des expériences anciennes et d’abord de l’expérience davidique, « pense » les conditions du royaume idéal ; il fait confluer dans une synthèse le passé, le présent et l’avenir : il projette à l’époque de David toute l’organisation cultuelle qu’il a sous les yeux, il omet tout ce qui pourrait amoindrir son héros. En dehors des informations nouvelles qu’il contient et dont on peut éprouver la valeur, son ouvrage vaut moins pour une reconstitution du passé que comme un tableau de l’état et des préoccupations de son époque.

Car il écrit pour ses contemporains. Il leur rappelle que la vie de la nation dépend de sa fidélité à Dieu et que cette fidélité s’exprime par l’obéissance à la Loi et la régularité d’un culte animé par la vraie piété. Il veut faire de son peuple une communauté sainte, pour laquelle se réaliseront les promesses faites à David. Les hommes religieux du judaïsme contemporain du Christ vivront de son esprit, avec parfois des déviations qu’il n’avait pas prévues. Son enseignement sur la primauté du spirituel et sur la conduite par Dieu de tous les événements du monde a une valeur permanente.

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