Bible-Centre

La réflexion principale pour le 18 mai 2023

La question des pharisiens et la réponse du Christ au sujet de l'impôt dû à César révèlent une immense différence dans les dispositions de départ. En essayant de piéger le Seigneur, les pharisiens posent une question de priorités : qu'est-ce qui est plus important, l'obéissance à un pouvoir étranger mais effectivement fort, ou l'autodétermination nationale ? Il importe de noter que ces deux valeurs supposées se situent hors de la sphère religieuse. Plus encore, l'histoire d'Israël connaît déjà à cette époque des exemples où la dignité nationale exige la résistance, tandis que le Seigneur, par la bouche du prophète, appelle à se soumettre au conquérant, car il est l'instrument du Seigneur.

Ensuite, les pharisiens s'attendent à ce que le Sauveur, partant de l'idée que le Royaume, c'est-à-dire le pouvoir unique de Dieu, est au-dessus de tout, dise qu'il ne faut pas obéir aux autorités terrestres. C'est précisément pour ce cas qu'ils ont amené avec eux les hérodiens, afin de Le livrer immédiatement à ces mêmes autorités. Mais toute l'affaire est que les pharisiens supposent que le Royaume de Dieu et le principat d'Auguste sont des phénomènes comparables par leur nature et leur échelle, qu'ils peuvent être mis en rapport l'un avec l'autre dans le cadre de l'alternative proposée, fût-elle rusée. Pour eux, le Royaume de Dieu est un État terrestre israélite politiquement prospère, que dirigera le Messie attendu.

Mais la réponse du Seigneur ne laisse pas pierre sur pierre de cette disposition des pharisiens. Le Royaume de Dieu et le royaume de César apparaissent dans la réponse du Christ comme deux plans qui ne se croisent pas, incomparables l'un à l'autre par leur échelle. Le Royaume de Dieu appartient à l'éternité et embrasse tout ce qui existe, tandis qu'un royaume terrestre, limité dans le temps et l'espace, ne peut même pas en être une petite ressemblance, pas plus qu'une troupe d'infusoires dans une flaque de cour ne peut être une ressemblance comparable de la biosphère terrestre. Ainsi, la réponse du Christ rejette entièrement la sacralisation romaine, et aussi celle du judaïsme tardif, du royaume terrestre. Plus tard, l'apôtre Paul donnera les éclaircissements définitifs sur ce thème lorsqu'il dira que notre citoyenneté est dans les cieux, et que nous devons obéir aux autorités terrestres seulement parce que, et dans la mesure où, elles s'opposent au mal et à la violence.

Mais l'essentiel dans les paroles du Christ est l'appel à rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Même la question du rapport entre les royaumes terrestre et céleste passe au second plan. L'essentiel n'est pas la manière dont tu organises tes affaires et tes relations terrestres ; l'essentiel est la manière dont tu construis tes relations avec Dieu. Payer ou non l'impôt à César n'est pas une question si simple ni si évidente, mais elle peut être résolue. La vie de l'homme, elle, n'est pas déterminée par cela, mais par ce qu'il apporte à Dieu.

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