Ces deux textes bibliques, si différents à première vue, reflètent une conception unique de la vie. Le fondement de la compréhension de la vie chez l'Ecclésiaste réside peut-être dans le fait que, dans le cadre de la vie terrestre...
Ces deux textes bibliques, si différents à première vue, reflètent une conception unique de la vie.
Le fondement de la compréhension de la vie chez l'Ecclésiaste réside peut-être dans le fait que, dans le cadre de la vie terrestre, tout ce qui semble précieux et significatif pour l'homme est en réalité vanité et poursuite du vent. L'Ecclésiaste cherche et ne trouve rien sur terre auquel il vaille la peine de s'attacher par le cœur, qui pourrait devenir pour l'homme une source de bonheur, une source de vie. Même la sagesse et la tempérance, si prisées par les anciens, ne nous apportent rien d'autre que des privations, fussent-elles volontaires. C'est seulement en Dieu que l'Ecclésiaste espère trouver un sens ; mais Dieu reste pour lui insaisissable et lointain. S'approcher de Lui est à peine possible pour l'homme.
La conception de la vie de l'Ecclésiaste est teintée d'une tristesse inéluctable, car dans cette vie, il discerne derrière toute chose la souffrance et le vide. Le livre s'achève sur l'espérance inexprimée en « ce jour-là », où le soleil et les étoiles s'obscurciront, et où ce monde terrestre touchera à sa fin. « Le Jour du Seigneur », « le Jour du jugement », comme l'appelaient les grands prophètes de l'Ancien Testament, donnera peut-être à l'homme une certaine compréhension du sens de l'existence. Mais la lumière de cette espérance est cachée à l'Ecclésiaste ; écrit dans la période située entre le retour de la captivité babylonienne et la venue du Christ, ce livre dresse en quelque sorte le bilan de l'existence désespérée, sans joie et dénuée de sens de l'homme avant le Christ. La tristesse de l'Ecclésiaste est telle que rien de terrestre ne peut l'apaiser, et c'est en cela que réside le plus grand réalisme de ce livre.
Le sens profond de la conception de la vie qui sous-tend les paroles du Seigneur Jésus-Christ dans le Sermon sur la montagne est que Dieu seul peut être la réponse à toutes nos questions. La seule chose qui puisse être le but et le sens de la vie humaine, c'est Dieu Lui-même. Ni quelque chose qui émanerait de Lui, ni la vie terrestre en soi, ni même l'éternité ne sauraient étancher la soif qui résonne dans les paroles de l'Ecclésiaste. Dieu seul… Et la chose la plus importante que le Seigneur Jésus a annoncée aux hommes, c'est que Dieu est venu à nous pour nous donner un sens, la joie et la vie. Même la souffrance devient pour nous non plus un simple symptôme de mortalité, mais un lieu de rencontre avec l'Insaisissable. Les œuvres de miséricorde et l'accomplissement de la loi, la douceur et le refus de la violence, l'amour même pour le prochain : tout cela ne prend sens que parce que c'est là que nous trouvons Dieu. « Le royaume des cieux s'est approché de vous », répète le Seigneur à plusieurs reprises dans l'Évangile. Ce Royaume, où la vie prend tout son sens, ce pour quoi il vaudrait la peine de vivre, nous est inaccessible — mais ce Royaume s'est lui-même approché de nous par l'immense amour de Dieu.
En Christ, l'homme trouve ce que l'Ecclésiaste cherchait sans le trouver. Mais on ne peut le trouver en rien d'autre qu'en Lui — c'est en cela que se rejoignent le livre de l'Ecclésiaste et le Sermon sur la montagne. Certes, cette réponse est nécessairement brève et, selon toute vraisemblance, incomplète. Si l'on devait répondre tout aussi brièvement à votre seconde question, on pourrait dire ceci : le but de notre vie, c'est Dieu Lui-même, une Personne que l'on peut aimer, chercher, connaître et à qui l'on peut faire confiance. Simultanément, le but de notre vie est d'accomplir le dessein de Dieu pour nous : apporter Son amour dans le monde créé, servir de principe créateur dans le monde. Cela ne nous est possible qu'avec Dieu ; par nous-mêmes, nous ne pouvons rien créer d'autre que le chaos. Ces deux aspects du but de notre vie s'unissent dans la possibilité d'être la présence de Dieu dans ce monde, le temple du Saint-Esprit, selon l'expression de l'apôtre Paul.
Le sens de la vie est donc caché dans le Tout-Puissant Lui-même. Comme le disait en s'adressant à Dieu saint Augustin, grand penseur chrétien de la fin du 4e et du début du 5e siècle : « Tu nous as faits pour Toi, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne repose en Toi ». Le Seigneur Jésus-Christ Lui-même a exprimé ce mystère par les paroles de la prière adressée au Père : « afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous ». L'amour qui nous unit à Dieu jusqu'aux profondeurs de notre nature et de la Sienne — voilà sans doute le sens de notre vie. Quant à la valeur de la vie humaine, je la mesurerais à l'amour que Dieu porte à chacun d'entre nous. Nous sommes faibles, vides et stériles ; notre vie nous semble souvent à nous-mêmes dénuée de valeur. Mais Dieu nous aime non pas parce que nous sommes bons, mais parce qu'Il est Dieu. Et notre valeur ne vient pas de ce que nous sommes bons, mais du fait que nous sommes aimés de Lui.
Il est peu probable que cette réponse puisse prétendre à l'exhaustivité et à l'objectivité. Mais j'espère qu'elle est suffisamment directe. L'expérience montre qu'elle recèle une merveilleuse puissance de vie ; en outre, il est important de garder à l'esprit que, lorsque nous rencontrons Dieu, les questions s'évanouissent. Non pas que nous recevions des réponses, mais il arrive un moment où l'on oublie les questions et où l'on commence à vivre, parce que Dieu Lui-même est la réponse à tout.
6
6:16 When ye fast? - Our Lord does not enjoin either fasting, alms - deeds, or prayer: all these being duties which were before fully established in the Church of God. Disfigure - By the dust and ashes which they put upon their heads, as was usual at the times of solemn humiliation.
6:17 Anoint thy head - So the Jews frequently did. Dress thyself as usual.
6:19 Lay not up for yourselves - Our Lord here makes a transition from religious to common actions, and warns us of another snare, the love of money, as inconsistent with purity of intention as the love of praise. Where rust and moth consume - Where all things are perishable and transient. He may likewise have a farther view in these words, even toguard us against making any thing on earth our treasure. For then a thing properly becomes our treasure, when we set our affections upon it. Luk 12:33.
6:21 Luk 11:34.
6:22 The eye is the lamp of the body - And what the eye is to the body, the intention is to the soul. We may observe with what exact propriety our Lord places purity of intention between worldly desires and worldly cares, either of which directly tend to destroy. If thine eye be single - Singly fixed on God and heaven, thy whole soul will be full of holiness and happiness.If thine eye be evil - Not single, aiming at any thing else.
6:24 Mammon - Riches, money; any thing loved or sought, without reference to God. Luk 16:13.
6:25 And if you serve God, you need be careful for nothing.Therefore take not thought - That is, be not anxiously careful.Beware of worldly cares; for these are as inconsistent with the true service of God as worldly desires. Is not the life more than meat? - And if God give the greater gift, will he deny the smaller? Luk 12:22.
6:27 And which of you - If you are ever so careful, can even add a moment to your own life thereby? This seems to be far the most easy and natural sense of the words.
6:29 Solomon in all his glory was not arrayed like one of these - Not in garments of so pure a white. The eastern monarchs wereoften clothed in white robes.
6:30 The grass of the field - is a general expression, including both herbs and flowers. Into the still - This is the natural sense of the passage. For it can hardly be supposed that grass or flowers should be thrown into the oven the day after they were cut down. Neither is it the custom in the hottest countries, where they dry fastest, to heat ovens with them. If God so clothe - The word properly implies, the putting on a complete dress, that surrounds the body on all sides; and beautifully expresses that external membrane, which (like the skin in a human body) at once adorns the tender fabric of the vegetable, and guards it from the injuries of the weather. Every microscope in which a flower is viewed gives a lively comment on this text.
6:31 Therefore take not thought - How kind are these precepts! The substance of which is only this, Do thyself no harm! Let us not be so ungrateful to him, nor so injurious to ourselves, as to harass and oppress our minds with that burden of anxiety, which he has so graciously taken off. Every verse speaks at once to the understanding, and to the heart. We will not therefore indulge these unnecessary, these useless, these mischievous cares. We will not borrow the anxieties and distresses of the morrow, to aggravate those of the present day. Rather we will cheerfully repose ourselves on that heavenly Father, who knows we have need of these things; who has given us the life, which is more than meat, and the body, which is more than raiment.And thus instructed in the philosophy of our heavenly Master, we will learn a lesson of faith and cheer. fulness from every bird of the air, and every flower of the field.
6:33 Seek the kingdom of God and his righteousness - Singly aim at this, that God, reigning in your heart, may fill it with the righteousness above described. And indeed whosoever seeks this first, will soon come to seek this only.
6:34 The morrow shall take thought for itself - That is, he careful for the morrow when it comes. The evil thereof - Speaking after the manner of men. But all trouble is, upon the whole, a real good. It is good physic which God dispenses daily to his children, according to the need and the strength of each.
23 z) À la lumière matérielle, dont l’œil, sain ou malade, dispense ou refuse le bienfait au corps, est comparée la lumière spirituelle qui rayonne de l’âme si elle-même se trouve obscurcis, l’aveuglement sera bien pire que celui de la cécité physique.
Les grandes lignes de la vie de Jésus que nous rencontrons chez saint Marc se retrouvent dans l’évangile de saint Matthieu, mais l’accent est mis de façon différente. Le plan d’abord est autre. Récits et discours alternent : 1-4, récit : enfance et début du ministère ; 5-7, discours : sermon sur la montagne (béatitudes, entrée dans le Royaume) ; 8-9, récit : dix miracles montrant l’autorité de Jésus, invitation aux disciples ; 10 : discours missionnaire ; 11-12, récit : Jésus rejeté par « cette génération »; 13, discours : sept paraboles sur le Royaume ; 14-17, récit : Jésus reconnu par les disciples ; 18, discours : la vie communautaire dans l’Église ; 9-22, récit : autorité de Jésus, dernière invitation ; 23-25, discours apocalyptique : malheurs, venue du Royaume ; 26-28, récit : mort et résurrection. On remarquera la correspondance des récits (nativité et vie nouvelle, autorité et invitation, refus et reconnaissance), et le rapport entre le premier et le cinquième discours, et entre le deuxième et le quatrième ; le troisième discours forme le centre de la composition. Comme par ailleurs Matthieu reproduit beaucoup plus complètement que Marc l’enseignement de Jésus (qu’il a en grande partie en commun avec Luc) et insiste sur le thème du « Royaume des Cieux », 3.2 ; 4.17, on peut caractériser son évangile comme une instruction narrative sur la venue du Royaume des Cieux.
Ce Royaume de Dieu (= des Cieux), qui doit rétablir parmi les hommes l’autorité souveraine de Dieu comme Roi enfin reconnu, servi et aimé, avait été préparé et annoncé par l’Ancienne Alliance. Aussi Matthieu, écrivant pour une communauté de chrétiens venus du judaïsme et sans doute discutant avec les rabbins, s’attache-t-il particulièrement à montrer dans la personne et l’œuvre de Jésus l’accomplissement des Écritures. À chaque tournant de son œuvre, il se réfère à l’AT pour prouver comment la Loi et les Prophètes sont « accomplis », c’est-à-dire non seulement réalisés dans leur attente, mais encore menés à une perfection qui les couronne et les dépasse. Il le fait pour la personne de Jésus, confirmant de textes scripturaires sa race davidique, 1.1-17, sa naissance d’une vierge, 1.23, à Bethléem, 2.6, son séjour en Égypte, son établissement à Capharnaüm, 4.14-16, son entrée messianique à Jérusalem, 21.5, 16 ; il le fait pour son œuvre, de guérisons miraculeuses, 11.4-5, d’enseignement qui « accomplit » la Loi, 5.17, en lui donnant une interprétation nouvelle et plus intérieure, 5.21-48 ; 19.3-9, 16-21. Et il ne souligne pas moins fortement comment l’humilité de cette personne et l’échec apparent de cette œuvre se trouvent aussi accomplir les Écritures : le massacre des Innocents, 2.17s, l’enfance cachée de Nazareth, 2.23, la mansuétude compatissante du « Serviteur », 12.17-21 ; cf. 8.17 ; 11.29 ; 12.7, l’abandon des disciples, 26.31, le prix dérisoire de la trahison, 27.9-10, l’arrestation, 26.54, l’ensevelissement durant trois jours, 12.40, tout cela était le dessein de Dieu annoncé par l’Écriture. Et de même l’incrédulité des foules, 13.13-15, et surtout des disciples des pharisiens, attachés à leurs traditions humaines, 15.7-9 et auxquels ne peut être donné qu’un enseignement mystérieux en paraboles, 13.14-15, 35, ceci encore était annoncé par les Écritures. Sans doute les autres synoptiques utilisent-ils aussi cet argument scripturaire, mais Matthieu le renforce notablement, au point d’en faire un trait marquant de son évangile. Ceci, joint à la construction systématique de son exposé, fait de son ouvrage la charte de l’économie nouvelle qui accomplit les desseins de Dieu dans le Christ.
Pour Matthieu Jésus est le Fils de Dieu et Emmanuel, Dieu avec nous dès le début. À la fin de l’évangile, Jésus en tant que Fils de l’homme est doté de toute autorité divine sur le Royaume de Dieu, aux cieux comme sur la terre. Le titre Fils de Dieu revient aux moments décisifs du récit : le baptême, 3.17 ; la confession de Pierre, 16.16 ; la transfiguration, 17.5 ; le procès de Jésus et sa crucifixion, 26.63 ; 27.40, 43, 54. Lié à ce titre-là, on trouve celui de Fils de David (dix fois, ainsi 9.27), en vertu duquel Jésus est le nouveau Salomon, guérisseur et sage. En effet Jésus parle comme la Sagesse incarnée, 11.25-30 et 23.37-39. Le titre Fils de l’homme, qui parcourt l’évangile, culminant à la dernière scène majestueuse, 28.18-20, vient de Dn 7.13-14, où il se trouve en rapport étroit avec le thème du Royaume.
L’annonce de la venue du Royaume entraîne une conduite humaine qui dans Matthieu s’exprime surtout par la poursuite de la justice et l’obéissance à la Loi. La justice, thème préféré de Matthieu (3.15 ; 5.6, 10, 20 ; 6.1, 33 ; 21.32), est ici la réponse humaine d’obéissance à la volonté du Père, plutôt que le don divin du pardon qu’elle est pour saint Paul. La validité de la Loi (Torah) mosaïque est affirmée, 5.17-20, mais son développement par les pharisiens est rejeté en faveur de son interprétation par Jésus, qui insiste surtout sur les préceptes éthiques, sur le Décalogue et sur les grands commandements de l’amour de Dieu et du prochain, et qui parle d’autres sujets (le divorce, 5.31-32 ; 19.1-10) dans la mesure où ils revêtent un aspect moral.
Parmi les évangélistes Matthieu se distingue aussi par son intérêt explicite pour l’Église, 16.18 ; 18.18 (deux fois). Il cherche à donner à la communauté des croyants des principes de conduite et des chefs autorisés. Ces principes sont évoqués dans les grands discours, surtout au chap. 18 qui contient des principes en vue de prendre des décisions et de résoudre des conflits : la sollicitude pour la brebis égarée et pour les petits, le pardon et l’humilité. Matthieu n’a pas le triple ministère des évêques, des presbytres et des diacres, mais il mentionne les sages ou les chefs instruits, et en particulier les apôtres, avec Pierre à leur tête, 10.2, qui participent à l’autorité de Jésus lui-même, 10.40 ; 9.8 ; il mentionne aussi les prophètes, les scribes, les sages, 10.41 ; 13.52 ; 23.34. Comme juge de dernière instance il y a Pierre, 16.19. Puisque le pouvoir, bien que nécessaire, est dangereux, les chefs ont besoin de l’humilité, 18.1-9. Matthieu ne se fait aucune illusion au sujet de l’Église. N’importe qui peut échouer (même Pierre, 26.69-75) ; les prophètes peuvent dire le faux, 7.15 ; dans l’Église saints et pécheurs sont mélangés jusqu’au dernier tri, 13.36-43 ; 22.11-14 ; 25. Néanmoins, les portes de l’Hadès ne prévaudront pas contre elle, 16.18, et elle est envoyée en mission au monde entier, 28.18-20. Le style de vie apostolique ou missionnaire est décrit en 9.36-11.1. Tout l’évangile est encadré par le formulaire selon lequel Dieu est uni avec son peuple par Jésus Christ, Mt 1.23 ; 28.18-20. Les rejetés de l’ancien Israël, 21.31-32, unis aux païens convertis, deviennent de nouveau le peuple de Dieu, 21.43. On comprend que cet évangile si complet et si bien organisé, rédigé dans une langue moins savoureuse mais plus correcte que celle de Marc, ait été reçu et utilisé par l’Église naissante avec une faveur marquée.