Ceux qui se souviennent de l'ancien Temple ont du mal à accepter le nouveau: ils auraient voulu voir sa restauration comme un retour complet à la vie d'autrefois. Mais le Seigneur ne nous permet ni de revenir à l'ancien lieu, ni de piétiner sur le nouveau. Il nous conduit en avant, d'autant plus que tout n'était pas réellement bon dans le monde disparu. Les hommes, pourtant, ont besoin d'un effet extérieur; c'est pourquoi ils glissent trop facilement vers des évaluations superficielles, vers l'esthétisation et l'imitation de l'ancien. Mais l'essentiel, comme on le sait, ne se voit pas avec les yeux: le visible n'est qu'une des manières de toucher l'invisible, sans s'y substituer. Plus importante que la restauration des formes architecturales est la présence, dans le nouveau Temple, du Seigneur qui garde l'alliance conclue entre lui et le peuple.
Sa présence sera manifestée dans ce Temple d'une manière qu'il aurait été difficile d'imaginer pour les contemporains d'Aggée, et sans doute même pour le prophète lui-même. Non seulement dans le Saint des saints, non seulement pendant les prières et les sacrifices, mais aussi comme un Homme non reconnu, parlant avec les pèlerins et chassant les marchands, il s'y manifestera.
Et de nouveau nous entendons ses paroles, avec lesquelles il s'adresse constamment aux hommes: « Ne craignez pas! » À maintes reprises, dans toute l'Écriture, nous voyons ces paroles, signe sûr de sa présence auprès des hommes. Dans ce monde où il est plus facile de profaner le sanctuaire que de sanctifier quoi que ce soit, car détruire n'est pas construire, personne ne nous a promis l'absence de difficultés. Mais avec Dieu beaucoup de choses sont possibles, même l'impossible: depuis le déblaiement des soucis quotidiens jusqu'à l'éradication de la domination des empires païens.
