Bible-Centre

La réflexion principale pour le 8 février 2023

Nous comprenons aujourd'hui la foi de manières très différentes. Le plus souvent, il s'agit d'une ferme certitude de la vérité de quelque chose, que ce soit une théorie, une conception, des vues ou des convictions. Même la foi en Dieu, pour beaucoup de personnes sincèrement religieuses, se réduit aujourd'hui à la certitude que Dieu existe et qu'Il est précisément tel que Le décrivent les livres sacrés de la religion correspondante. Or l'auteur de la lettre parle d'autre chose.

Il parle de la réalisation de ce que nous attendons conformément à notre foi, et de la preuve de l'existence des choses invisibles, « assurance des choses qu'on ne voit pas » comme le rend la traduction synodale. Il apparaît que la foi commence par une certaine certitude, et une certitude fondée sur l'expérience, le mot grec correspondant signifiant littéralement « preuve », quelque chose dont on peut justement se convaincre par voie d'expérience. Cela n'a d'ailleurs rien d'étonnant : car la vraie foi, qui suppose une communion réelle avec Dieu, est impossible sans expérience.

Bien sûr, la confiance n'est pas moins importante ici, confiance en Dieu et en soi-même, bien entendu en soi véritable, en son cœur, qui devient l'organe spirituel rendant possible une communion réelle avec Dieu. Mais la confiance ouvre précisément la possibilité d'une relation avec Dieu réelle, vécue par expérience, dans laquelle Dieu entre tout aussi réellement et sensiblement dans la vie de l'homme, la renouvelant. Et le renouvellement de la vie la change intérieurement et extérieurement, souvent de manière assez radicale, comme on le voit dans les exemples cités par l'auteur de la lettre.

Cependant tous ces changements sont un processus divino-humain ; ils sont impossibles sans la participation active et consciente de l'homme conduit par Dieu. C'est ainsi que se produit la réalisation de l'attendu dont parle l'auteur. La foi apparaît désormais non seulement comme des convictions ou la certitude de l'existence de Dieu, mais elle devient, d'une part, un processus, et d'autre part un chemin spirituel. Un processus lié à l'accomplissement des plans de Dieu, et un chemin de formation spirituelle que parcourt l'homme qui participe aux plans de Dieu. Ce processus et ce chemin sont la foi authentique, celle-là même qui mène au salut.

RÉFLEXIONS

 

Paul appelle foi ce qui, demeuré auparavant invisible, se révèle maintenant. Bien sûr, s'il entendait par foi quelque concept théologique ou même simplement une vision du monde, cette phrase sonnerait de manière mystérieuse. Mais à en juger par le contexte, l'auteur de la lettre comprend d'abord par foi... 

 

Parlant de la fidélité à Dieu, la «foi», l'auteur de l'épître la nomme «le fondement de ce que nous espérons et la certitude des choses... 

 

Comme notre conception de la foi s'est appauvrie ! Nous appelons croyant celui qui se déclare appartenir à une religion quelconque... 

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