Bible-Centre

La réflexion principale pour le 15 octobre 2022

Paul mentionne un certain homme qui avait eu une expérience spirituelle et mystique intense, une perception nette de la réalité du monde spirituel qui s'était ouvert à lui dans une vision. Manifestement, l'apôtre parle ici de lui-même, mais à la troisième personne. Et il dit que c'est d'un tel homme que lui, Paul, pourrait se glorifier, mais non de lui-même. À première vue, il y a là un abaissement de soi un peu appuyé; mais à y regarder de plus près, tout ce que dit l'apôtre s'inscrit parfaitement dans sa compréhension de son propre service chrétien, et plus généralement de tout service chrétien.

Paul décrit non ce qu'il a fait lui-même, mais ce qui lui est arrivé. Beaucoup voient sans doute dans l'expérience spirituelle et mystique une réalisation spirituelle particulière de l'homme, un signe de sa hauteur spirituelle. Pourtant, ce n'est pas tout à fait cela. Bien sûr, rien dans la vie n'arrive sans raison, mais il est important de se souvenir que toute expérience du genre de celle que décrit l'apôtre relève non de ce que l'homme fait, mais de ce qui lui arrive. Il ne dépend pas de l'homme de savoir ce qu'il verra ou ressentira: il verra ce qu'on lui montrera et ressentira ce qu'on lui donnera de ressentir.

Il n'y a pas là de mérite particulier de l'homme: lorsqu'il s'agit d'une expérience semblable à celle que Paul a décrite, nous n'avons habituellement pas à choisir ce que nous regardons ni ce que nous vivons. Pourtant, la force de Dieu et le souffle du Royaume se manifestent ici de manière tout à fait nette. Par là, l'apôtre veut dire que les pages les plus lumineuses de sa vie spirituelle, il les a vécues non grâce à ses propres mérites ou accomplissements, mais simplement parce qu'il a su se confier entièrement à Dieu et s'ouvrir au Christ. Comme homme, il n'a ni réalisations ni réussites; et s'il en a, elles ne concernent pas l'essentiel auquel son ministère est lié. Et tout ce qui concerne son ministère apostolique, son témoignage, ne lui appartient pas et ne peut en aucune manière être considéré comme quelque chose qu'il aurait mérité.

C'est pourquoi l'apôtre parle de lui-même à la troisième personne: il se sent comme un autre homme lorsqu'il vit quelque chose de semblable à ce qu'il mentionne dans sa lettre. Ce qui lui a été ouvert lui appartient si peu que ce qui lui arrive à ce moment, il le vit comme arrivant à un autre homme. Il en va de même pour tout service chrétien: le souffle de Dieu et la vie du Royaume n'appartiennent de droit ni par mérite à aucun homme; ils ne peuvent qu'être donnés, et le chrétien doit vivre de ce qui lui a été offert, en témoignant de ce qui ne lui appartient pas.

C'est pourquoi Paul ne songe à aucune affirmation de soi, contrairement aux disputeurs si nombreux dans l'Église de Corinthe: on ne peut s'affirmer que sur ce qui est à soi ou sur ce que l'on considère comme tel, et l'apôtre n'avait rien de pareil. Mais il n'avait pas besoin de s'affirmer: la vie du Royaume qu'il avait reçue gratuitement lui suffisait pleinement.

RÉFLEXIONS

 

Paul, comme toujours, exprime sous une forme émotive et paradoxale des choses très profondes et en même temps très quotidiennes. Et il ne s’agit pas seulement ici du fait que l’apôtre présente simplement de façon très vive la plus... 

 

En parlant de son expérience spirituelle, Paul distingue nettement en lui deux hommes différents. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une sorte... 

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