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La Bible en cinq ans pour le 7 septembre 2022

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Rois, Chapitre 8,  vers 22-61

II. Histoire de Salomon le magnifique> 22 Prière personnelle de Salomon., 30 Prière pour le peuple., 41 Suppléments., 52 Conclusion de la prière et bénédiction du peuple.
22 Puis Salomon se tint devant l’autel de Yahvé, en présence de toute l’assemblée d’Israël ; il étendit les mains vers le ciel
23 et dit : « Yahvé, Dieu d’Israël ! il n’y a aucun Dieu pareil à toi là-haut dans les cieux ni ici-bas sur la terre, toi qui es fidèle à l’alliance et gardes la bienveillance à l’égard de tes serviteurs, quand ils marchent de tout leur cœur devant toi.
24 Tu as tenu à ton serviteur David, mon père, la promesse que tu lui avais faite, et ce que tu avais dit de ta bouche, tu l’as accompli aujourd’hui de ta main.
25 Et maintenant, Yahvé, Dieu d’Israël, tiens à ton serviteur David, mon père, la promesse que tu lui as faite, quand tu as dit : « Tu ne seras jamais dépourvu d’un descendant qui soit devant moi, assis sur le trône d’Israël, à condition que tes fils veillent à leur conduite et marchent devant moi comme tu as marché toi-même devant moi. »
26 Maintenant donc, Dieu d’Israël, que se vérifie la parole que tu as dite à ton serviteur David, mon père !
27 Mais Dieu habiterait-il vraiment sur la terre ? Voici que les cieux et les cieux des cieux ne le peuvent contenir, moins encore cette maison que j’ai construite !
28 Sois attentif à la prière et à la supplication de ton serviteur, Yahvé, mon Dieu, écoute l’appel et la prière que ton serviteur fait aujourd’hui devant toi !
29 Que tes yeux soient ouverts jour et nuit sur cette maison, sur ce lieu dont tu as dit : « Mon Nom sera là », écoute la prière que ton serviteur fera en ce lieu.
30 « Écoute la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël lorsqu’ils prieront en ce lieu. Toi, écoute du lieu où tu résides, au ciel, écoute et pardonne.
31 Supposé qu’un homme pèche contre son prochain et que celui-ci prononce sur lui un serment imprécatoire et le fasse jurer devant ton autel dans ce Temple,
32 toi, écoute au ciel et agis ; juge entre tes serviteurs : déclare coupable le méchant en faisant retomber sa conduite sur sa tête, et justifie l’innocent en lui rendant selon sa justice.
33 Quand ton peuple Israël sera battu devant l’ennemi, parce qu’il aura péché contre toi, s’il revient à toi, loue ton Nom, prie et supplie vers toi dans ce Temple,
34 toi, écoute au ciel, pardonne le péché de ton peuple Israël et ramène-le dans le pays que tu as donné à ses pères.
35 Quand le ciel sera fermé et qu’il n’y aura pas de pluie parce qu’ils auront péché contre toi, s’ils prient en ce lieu, louent ton Nom et se repentent de leur péché, parce que tu les auras humiliés,
36 toi, écoute au ciel, pardonne le péché de ton serviteur et de ton peuple Israël — tu leur indiqueras la bonne voie qu’ils doivent suivre — et arrose de pluie ta terre, que tu as donnée en héritage à ton peuple.
37 Quand le pays subira la famine, la peste, la rouille ou la nielle, quand surviendront les sauterelles ou les criquets, quand l’ennemi de ce peuple assiégera ses portes, dans le pays, quand il y aura n’importe quel fléau ou épidémie,
38 quelle que soit la prière ou la supplication de quiconque, ou de tout Israël ton peuple, dès lors qu’il éprouve le remords de sa propre conscience, s’il étend les mains vers ce Temple,
39 toi, écoute au ciel, où tu résides, pardonne et agis ; rends à chaque homme selon sa conduite, puisque tu connais son cœur — tu es le seul à connaître le cœur de tous —,
40 en sorte qu’ils te craignent tous les jours qu’ils vivront sur la terre que tu as donnée à nos pères.
41 « Même l’étranger qui n’est pas d’Israël ton peuple, s’il vient d’un pays lointain à cause de ton Nom —
42 car on entendra parler de ton grand Nom, de ta main forte et de ton bras étendu —, s’il vient et prie en ce Temple,
43 toi, écoute-le au ciel, où tu résides, exauce toutes les demandes de l’étranger afin que tous les peuples de la terre reconnaissent ton Nom et te craignent comme fait ton peuple Israël, et qu’ils sachent que ce Temple que j’ai bâti porte ton nom.
44 Si ton peuple part en guerre contre ses ennemis par le chemin où tu l’auras envoyé et s’il prie Yahvé, tourné vers la ville que tu as choisie et vers le Temple que j’ai construit pour ton Nom,
45 écoute au ciel sa prière et sa supplication et fais-lui justice.
46 Quand ils pécheront contre toi — car il n’y a aucun homme qui ne pèche —, quand tu seras irrité contre eux, que tu les livreras à l’ennemi et que leurs conquérants les emmèneront captifs dans un pays ennemi, lointain ou proche,
47 s’ils rentrent en eux-mêmes dans le pays où ils auront été déportés, s’ils se repentent et te supplient dans le pays de leurs conquérants en disant : « Nous avons péché, nous avons mal agi, nous nous sommes pervertis »,
48 s’ils reviennent à toi de tout leur cœur et de toute leur âme dans le pays des ennemis qui les auront déportés, et s’ils te prient, tournés vers le pays que tu as donné à leurs pères, vers la ville que tu as choisie et le Temple que j’ai bâti pour ton Nom,
49 écoute au ciel où tu résides leur prière et leur supplication et fais-leur justice,
50 pardonne à ton peuple les péchés qu’il a commis envers toi et toutes les rébellions dont ils furent coupables, fais-leur trouver grâce devant leurs conquérants, que ceux-ci aient pitié d’eux ;
51 car ils sont ton peuple et ton héritage, ceux que tu as fait sortir d’Égypte, cette fournaise pour le fer.
52 « Que tes yeux soient ouverts sur la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël, pour écouter tous les appels qu’ils lanceront vers toi.
53 Car c’est toi qui les as mis à part comme ton héritage, parmi tous les peuples de la terre, ainsi que tu l’as déclaré par le ministère de ton serviteur Moïse, quand tu as fait sortir nos pères d’Égypte, Seigneur Yahvé ! »
54 Quand Salomon eut achevé d’adresser à Yahvé toute cette prière et cette supplication, il se releva de l’endroit où il était agenouillé, les mains étendues vers le ciel, devant l’autel de Yahvé,
55 et se tint debout. Il bénit à haute voix toute l’assemblée d’Israël :
56 « Béni soit Yahvé, dit-il, qui a accordé le repos à son peuple Israël, selon toutes ses promesses ; de toutes les bonnes paroles qu’il a dites par le ministère de son serviteur Moïse, aucune n’a failli.
57 Que Yahvé notre Dieu soit avec nous, comme il fut avec nos pères, qu’il ne nous abandonne pas et ne nous rejette pas !
58 Qu’il incline nos cœurs vers lui, pour que nous suivions toutes ses voies et gardions les commandements, les lois et les ordonnances qu’il a donnés à nos pères.
59 Puissent ces paroles que j’ai dites en suppliant devant Yahvé rester présentes jour et nuit à Yahvé notre Dieu, pour qu’il rende justice à son serviteur et justice à son peuple Israël, selon les besoins de chaque jour ;
60 tous les peuples de la terre sauront alors que Yahvé seul est Dieu, qu’il n’y en a point d’autre,
61 et votre cœur sera tout entier à Yahvé, notre Dieu, observant ses lois et gardant ses commandements comme maintenant. »
Lire la suite:1 Rois, Chapitre 8
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

22 k) L’auteur va développer, en un style inspiré du Dt, les idées du discours des vv. 15-21. D’abord le principe de la fidélité réciproque (v. 23) la bienveillance divine résulte du pacte du Sinaï, mais elle a pour condition la loyauté des fidèles ; c’est toute la théologie de l’alliance, doctrine centrale de l’AT. Puis deux applications Yahvé a tenu sa promesse relativement au Temple, v. 24 ; qu’il tienne également sa promesse d’assurer la perpétuité de la dynastie, v. 25.


27 l) 2 Ch 6.18, grec, et Targ. ajoutent « avec les hommes ».


31 m) C’est un jugement de Dieu un accusateur, à défaut d’autre preuve, prononce devant l’autel une formule d’imprécation à laquelle l’accusé s’associe ; Dieu déclarera celui-ci coupable ou innocent en accomplissant ou non la malédiction. Cf Ex 22.6-10 ; Nb 5.19-28 ; Jg 17.1-3.


41 n) Ajoutés après le retour de l’Exil. On notera l’esprit universaliste des vv. 41-43, la coutume de prier tourné vers Jérusalem, v. 44, le souci de ceux qui sont restés à l’étranger, vv. 47s.


Comme ceux de Samuel, les livres des Rois ne formaient d’abord qu’un ouvrage de la Bible hébraïque. Ils correspondent aux deux derniers livres des Règnes dans la traduction grecque et des Rois dans la Vulgate.

Ils font immédiatement suite aux livres de Samuel et 1 R 1-2 contient la fin du grand document de 2 S 9-20. Le long récit du règne de Salomon, 1 R 3-11, détaille l’excellence de sa sagesse, la splendeur de ses constructions, surtout du Temple de Jérusalem, l’étendue de ses richesses. C’est une époque glorieuse, certes, mais l’esprit conquérant du règne de David a disparu : on conserve, on organise, surtout on exploite. L’opposition entre les deux fractions du peuple se maintient et, à la mort de Salomon, en 931, le royaume se divise : les dix tribus du Nord font une sécession aggravée d’un schisme religieux, 1 R 12-13. L’histoire parallèle des deux royaumes d’Israël et de Juda se développe de 1 R 14 à 2 R 17 : c’est souvent l’histoire des luttes entre ces royaumes frères, c’est aussi celle des assauts extérieurs de l’Égypte contre Juda et des Araméens dans le Nord. Le danger devient plus pressant quand les armées assyriennes interviennent dans la région, d’abord au IXe siècle, plus fortement au VIIIe siècle, où Samarie tombe sous leurs coups en 721, cependant que Juda s’est déjà déclaré vassal. L’histoire de Juda seul se continue jusqu’à la ruine de Jérusalem en 587 dans 2 R 18-25.21. Le récit s’étend surtout sur deux règnes, celui d’Ézéchias, 2 R 18-20, et celui de Josias 2 R 22-23, marqués par un réveil national et une réforme religieuse. Les grands événements politiques sont alors l’invasion de Sennachérib sous Ézéchias en 701, en réponse au refus du tribut assyrien, et, sous Josias, la ruine de l’Assyrie et la formation de l’empire chaldéen. Juda dut se soumettre aux nouveaux maîtres de l’Orient, mais se révolta bientôt. Le châtiment ne tarda pas : en 597, les armées de Nabuchodonosor prirent Jérusalem et déportèrent une partie de ses habitants ; dix ans après, un sursaut d’indépendance amena une nouvelle intervention de Nabuchodonosor, qui s’acheva en 587 par la ruine de Jérusalem et une seconde déportation. Les Rois s’achèvent par deux courts appendices, 2 R 25.22-30.

L’ouvrage cite nommément trois de ses sources, une Histoire de Salomon, les Annales des rois d’Israël et les Annales des rois de Juda, mais il en eut d’autres : outre la fin du grand document davidique, 1 R 1-2, une description du Temple, d’origine sacerdotale, 1 R 6-7, surtout une histoire d’Élie composée vers la fin du IXe siècle et une histoire d’Élisée un peu postérieure ; ces deux histoires sont à la base des cycles d’Élie, 1 R 17 – 2 R 1, et d’Élisée, 2 R 2-13. Les récits du règne d’Ézéchias qui mettent en scène Isaïe, 2 R 18.17-20.19, proviennent des disciples de ce prophète.

Lorsque l’utilisation des sources n’y contrevient pas, les événements sont enfermés dans un cadre uniforme : chaque règne est traité pour lui-même et entièrement, le début et la fin des règnes sont marqués par des formules à peu près constantes, où ne manque jamais un jugement sur la conduite religieuse du roi. Tous les rois d’Israël sont condamnés à cause du « péché originel » de ce royaume, la fondation du sanctuaire de Béthel ; parmi les rois de Juda, huit seulement sont loués pour leur fidélité générale aux prescriptions de Yahvé. Mais cette louange est six fois restreinte par la remarque que « les hauts lieux ne disparurent pas »; seuls Ézéchias et Josias reçoivent une approbation sans réserve.

Ces jugements s’inspirent évidemment de la loi du Deutéronome sur l’unité du sanctuaire. Il y a davantage : la découverte du Deutéronome sous Josias et la réforme religieuse qu’elle inspira marquent le point culminant de toute cette histoire, et l’ouvrage entier est une démonstration de la thèse fondamentale du Deutéronome, qui est reprise dans 1 R 8 et 2 R 17 : si le peuple observe l’alliance conclue avec Dieu, il sera béni, s’il la transgresse, il sera châtié. Cette influence deutéronomiste se retrouve dans le style, chaque fois que le rédacteur développe ou commente ses sources.

Il est vraisemblable qu’une première rédaction deutéronomiste fut faite avant l’Exil, avant la mort de Josias à Megiddo en 609, et la louange décernée à ce roi, 2 R 23.25 (moins les derniers mots), serait la conclusion de l’ouvrage primitif. Une seconde édition, également deutéronomiste, fut donnée pendant l’Exil, après 562 Si on lui attribue la fin actuelle du livre, 2 R 25.22-30, un peu plus tôt si on l’arrête après le récit de la seconde déportation, 2 R 25.21, qui a l’allure d’une conclusion. Il y eut enfin quelques additions, pendant et après l’Exil.

Les livres des Rois doivent être lus dans l’esprit où ils ont été écrits, comme une histoire du salut. L’ingratitude du peuple élu, la ruine successive des deux fractions de la nation paraissent tenir en échec le plan de Dieu, mais il y a toujours pour sauvegarder l’avenir du groupe de fidèles qui n’ont pas plié le genou devant Baal, un reste de Sion qui garde l’Alliance. La stabilité des résolutions divines se manifeste dans la permanence étonnante de la lignée davidique, dépositaire des promesses messianiques, et le livre, sous sa forme dernière, se clôt sur la grâce fait à Joiakîn, comme sur l’aurore d’une rédemption.

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