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La Bible pour les débutants pour le 12 août 2022

La Bible de Jérusalem (fr)

Luc, Chapitre 13,  vers 18-35

IV. La montée vers Jérusalem> 18 Parabole du grain de sénevé., 20 Parabole du levain., 22 La porte étroite., 31 Le renard Hérode., 34 Apostrophe à Jérusalem.
18 Il disait donc : « À quoi le Royaume de Dieu est-il semblable et à quoi vais-je le comparer ?
19 Il est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et jeté dans son jardin ; il croît et devient un arbre, et les oiseaux du ciel s’abritent dans ses branches. »
20 Il dit encore : « À quoi vais-je comparer le Royaume de Dieu ?
21 Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que le tout ait levé. »
22 Et il cheminait par villes et villages, enseignant et faisant route vers Jérusalem.
23 Quelqu’un lui dit : « Seigneur, est-ce le petit nombre qui sera sauvé ? » Il leur dit :
24 « Luttez pour entrer par la porte étroite, car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas.
25 « Dès que le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte, et que, restés dehors, vous vous serez mis à frapper à la porte en disant : « Seigneur, ouvre-nous », il vous répondra : « Je ne sais d’où vous êtes. »
26 Alors vous vous mettrez à dire : « Nous avons mangé et bu devant toi, tu as enseigné sur nos places. »
27 Mais il vous répondra : « Je ne sais d’où vous êtes ; éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice. »
28 « Là seront les pleurs et les grincements de dents, lorsque vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le Royaume de Dieu, et vous, jetés dehors.
29 Et l’on viendra du levant et du couchant, du nord et du midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu.
30 « Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et il y a des premiers qui seront derniers. »
31 À cette heure même s’approchèrent quelques Pharisiens, qui lui dirent : « Pars et va-t’en d’ici ; car Hérode veut te tuer. »
32 Il leur dit : « Allez dire à ce renard : Voici que je chasse des démons et accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé !
33 Mais aujourd’hui, demain et le jour suivant, je dois poursuivre ma route, car il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem.
34 « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes... et vous n’avez pas voulu !
35 Voici que votre maison va vous être laissée. Oui, je vous le dis, vous ne me verrez plus, jusqu’à ce qu’arrive le jour où vous direz :
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »
Lire la suite:Luc, Chapitre 14
Notes:
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Notes sur la partie

22 k) La source utilisée par et Mt a groupé ici des logia que Mt a répartis ailleurs dans son évangile, cf. 9.51. L’idée maîtresse de ce groupement, respecté par Lc, paraît avoir été l’appel des païens au salut. Les liens de race avec Jésus ne suffiront pas aux juifs restés incrédules pour éviter l’exclusion méritée par leur conduite, vv. 25-27 ; cf. 3.7-9 ; Jn 8.33s. Aussi beaucoup ne pourront-ils trouver l’entrée du salut, vv. 23-24, de premiers deviendront derniers, v. 30 ; cf. Mt 20.16, et verront les païens prendre leur place au festin messianique, vv. 28-29.


31 l) Hérode Antipas, cf. 3.1. Peut-être a-t-il voulu par cette menace se débarrasser de Jésus ; c’est à cette manœuvre que ferait allusion l’épithète de « renard ».


32 m) L’expression indique un laps de temps assez court.


32 n) Mot riche de sens, qui inclut tout ensemble la fin et l’achèvement de Jésus, rendu « parfait » par ses souffrances et sa mort He 2.10 ; 5.9. Cf. Jn 19.30.


33 o) C’est-à-dire, semble-t-il Ma tâche sera bientôt terminée, mais elle ne l’est pas. J’ai encore à chasser des démons et à guérir, et cela sur le chemin de Jérusalem, où doit s’accomplir mon destin, cf. 2.38. De même en Jn 7.30 ; 8.20, les ennemis de Jésus ne peuvent attenter à sa vie tant que « son heure n’est pas venue ».


Le mérite particulier du troisième évangile lui vient de la personnalité très attachante de son auteur, qui y transparaît sans cesse. Saint Luc est un écrivain de grand talent et une âme délicate. Il a mené son œuvre de façon originale, avec un souci d’information et d’ordre, 1.3. Ce n’est pas à dire qu’il ait pu donner aux matériaux reçus de la tradition un arrangement plus «sp;historique » que Matthieu et Marc ; son respect des sources et sa façon de les juxtaposer ne le lui permettaient pas. Son plan reprend les grandes lignes de celui de Marc avec quelques transpositions, ou omissions. Des épisodes sont déplacés, 3.19-20 ; 4.16-30 ; 5.1-11 ; 6.12-19 ; 22.31-34, etc., tantôt par soucis de clarté et de logique, tantôt par influence d’autres traditions, parmi lesquelles il faut noter celle qui se reflète également dans le quatrième évangile. D’autres épisodes sont omis, soit comme moins intéressants pour les lecteurs païens, cf. Mc 12.28-34, à comparer Lc 10.25-28. On remarquera surtout l’absence d’un correspondant à Mc 6.45-8.26. La différence la plus notable par rapport au deuxième évangile est la longue section médiane 9.51-18.14, qui est présentée sous la forme d’une montée vers Jérusalem à l’aide de notations répétées, 9.51 ; 13.22 ; 17.11, cf. Mc 10.1, et où l’on verra moins le souvenir réel de différents voyages que l’insistance voulue sur une idée théologique chère à Luc : la Ville sainte est le lieu où doit s’accomplir le salut 9.31 ; 13.33 ; 18.31 ; 19.11, c’est là que l’Évangile a commencé, 1.5s, et c’est là qu’il doit finir, 24.52s – par des apparitions et des entretiens qui n’ont pas lieu en Galilée, 24.13-51 ; et comp. 24.6 avec Mc 16.7, Mt 28.7, 16-20 – car c’est de là que doit partir l’évangélisation du monde, 24.47 ; Ac 1.8. Dans un sens plus large, c’est la montée de Jésus (et du chrétien) vers Dieu.

D’autres traits littéraires de Luc sont l’emploi des genres du symposium, 7.36-50 ; 11.37-54 ; 14.1-24, et du discours des adieux, 22.14-38, son goût des parallèles (Jean le Baptiste et Jésus, 1.5-2.52) et des inclusions, et le schéma promesse-accomplissement qui ponctue son récit.

Si l’on poursuit dans le détail la comparaison de Luc avec Marc et Matthieu, on observe sur le vif l’activité toujours en éveil d’un écrivain qui excelle à présenter les choses d’une façon qui lui est propre, évitant ou atténuant ce qui peut froisser sa sensibilité ou celle de ses lecteurs (8.43 comp. Mc 5.26 om. Mc 9.43-48 ; 13.32, etc.), ou bien leur être peu compréhensible (om. Mc 4.13 ; 8.32s ; 9.28s ; 14.50) ou les excluant (Lc 9.45 ; 18.24 ; 22.45), interprétant les termes obscurs (6.15) ou précisant la géographie (4.31 ; 19.28s, 37 ; 23.51), etc. Par ces nombreuses et fines touches, et surtout par le riche apport dû à son enquête personnelle, Luc nous livre les réactions et les tendances de son âme ; ou plutôt, par le moyen de cet instrument de choix, l’Esprit-Saint nous présente le message évangélique d’une façon originale, riche de doctrine. Il s’agit moins d’ailleurs de grandes thèses théologiques (les idées maîtresses sont les mêmes que chez Marc et Matthieu) que d’une psychologie religieuse où l’on trouve, mêlées à une influence très discrète de son maître Paul, les inclinations propres au tempérament de Luc. En vrai « scriba mansuetudinis Christi » (Dante), il aime à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs, 15.1s, 7, 10, et à raconter des scènes de pardon, 7.36-50 ; 15.11-32 ; 19.1-10 ; 23.34, 39-43. Il insiste volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles et les pauvres, tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs sont sévèrement traités, 1.51-53 ; 6.20-26 ; 12.13-21 ; 14.7-11 ; 16.15, 19-31 ; 18.9-14. Cependant même la juste condamnation ne se fera qu’après les délais patients de la miséricorde, 13.6-9 ; comp. Mc 11.12-14. Il faut seulement qu’on se repente, qu’on se renonce, et ici la générosité exigeante de Luc tient à répéter l’exigences d’un détachement décidé et absolu, 14.25-34, notamment par l’abandon des richesses, 6.34s ; 12.33 ; 16.9-13. On notera encore les passages propres au troisième évangile sur la nécessité de la prière, 11.5-8 ; 18.1-8, et sur l’exemple qu’en a donné Jésus, 3.21 ; 5.16 ; 6.12 ; 9.28. Enfin, comme chez saint Paul et dans les Actes, l’Esprit Saint occupe une place de premier plan que Luc seul souligne en 1.15, 35, 41, 67 ; 2.25-27 ; 4.1, 14, 18 ; 10.21 ; 11.13 ; 24.49. Ceci, avec l’atmosphère de reconnaissance pour les bienfaits divins et d’allégresse spirituelle, qui enveloppe tout le troisième évangile, 2.14 ; 5.26 ; 10.17 ; 13.17 ; 18.43 ; 19.37 ; 24.51s, achève de donner à l’œuvre de Luc cette ferveur qui touche et réchauffe le cœur.

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