Bible-Centre

La réflexion principale pour le 13 juillet 2022

Paul écrit qu'il transporte l'aide destinée aux chrétiens de Jérusalem et de Judée, recueillie dans les Églises de Macédoine et d'Achaïe. Et pour l'apôtre, ce n'est pas simplement quelque chose qu'il fait en passant, comme nous transmettons parfois aujourd'hui un colis à des amis ou à des amis de nos amis lorsque nous partons dans une autre ville pour une visite professionnelle ou privée.

Pour Paul, porter les dons recueillis en faveur de l'Église de Jérusalem fait partie de son service apostolique. Et cette attitude envers de tels dons nous rappelle de nouveau que les oeuvres de miséricorde, pour les chrétiens, ne relèvent pas seulement du soutien matériel ou social apporté à ceux à qui ils l'offrent. Dans la vie de l'Église, il n'y a pas de service social à l'état pur ; l'Église ne connaît que des services spirituels.

Et l'aide à ceux qui en ont besoin est un service spirituel pas moins que la prédication, la mission ou l'apostolat. C'est compréhensible : la vie chrétienne ne se divise pas en « spirituelle » et « mondaine ». Une telle division serait possible si nous étions une personne à l'église, une autre dans la rue, et encore une troisième, une quatrième, une cinquième au travail, en compagnie de connaissances, en repos et dans les autres lieux où nous devons nous trouver. D'ailleurs, c'est souvent ainsi que cela se passe, et alors entre dans notre vie ce qu'on appelle les obligations religieuses.

Les obligations religieuses, dont l'une, et la plus importante pour les chrétiens, sont les « oeuvres de miséricorde » ou le « service social ». Rien d'étonnant à cela. Si notre vie « spirituelle » existe séparément de la vie « mondaine », il doit nécessairement y avoir un lien entre elles. La vie « spirituelle » pénètre dans la vie « mondaine », et à cette intersection apparaît ce que nous percevons comme nos « obligations religieuses ».

Des obligations qui peuvent nous être une joie ou un fardeau, mais qu'il faut tout de même accomplir parce qu'elles sont des obligations ; une fois accomplies, nous recevons le droit à la vie « spirituelle » dans l'église, à la prière, à la participation à la fraction du pain, et tout simplement à la communion avec Dieu comme telle. Tu ne remplis pas tes obligations religieuses : ne va pas à l'église ! Bien sûr, dans les faits, tout n'est pas exactement ainsi ; la pratique de la vie de l'Église a depuis longtemps élaboré des mécanismes qui supposent un certain compromis entre le droit à la communion avec Dieu et l'ampleur de ces obligations religieuses. Mais la logique ne change tout de même pas, le principe d'interdépendance entre la vie « spirituelle » et la vie « mondaine » reste le même.

Chez Paul, au contraire, la vie ne se divise pas en « spirituelle » et « mondaine ». Transmettre les dons recueillis n'est pas pour lui un service social, mais un acte d'amour semblable à tout son service apostolique et à tout son chemin chrétien. Un chemin où il n'y avait pas de séparation entre « spirituel » et « mondain », et donc pas non plus d'obligations religieuses incluant les oeuvres de miséricorde. Il y avait le Royaume et sa vie. Une et indivisible.

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