Aujourd’hui, nous lisons le cinquième chapitre, où l’apôtre précise et développe sa pensée sur le discernement des esprits...
Aujourd’hui, nous lisons le cinquième chapitre, où l’apôtre précise et développe sa pensée sur le discernement des esprits. Une fois encore, dans des termes un peu différents, il propose un critère de discernement en disant que quiconque croit que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, est né de Dieu. Cela signifie que la naissance de l’Esprit, dont nous lisons le récit au début du troisième chapitre de l’Évangile selon Jean, se produit au moment où, que tu connaisses beaucoup ou peu de choses sur Jésus, tu dis en ton cœur : Il est Dieu. Alors l’incompréhension et le murmure s’effacent, et tu n’as plus besoin d’aucune preuve. Tu sais simplement que ce Jésus, venu par l’eau et le sang, est aussi venu par l’Esprit Saint, et qu’Il est ton Dieu. Quel miracle qu’Il ait rendu cette naissance accessible pour nous !
21 c) Dernière adjuration provoquée par le rappel du seul Véritable. — Les « idoles », sans doute au sens métaphorique, peuvent désigner le paganisme, ou encore les « idoles du cœur » (Qumrân) qui détournent l’homme de la foi et de l’amour. — Vulg. ajoute « Amen ».
En plus de l’évangile, trois épîtres nous ont été conservées par la tradition sous le nom de Jean. Elles offrent avec l’évangile sous sa forme actuelle une telle parenté littéraire et doctrinale qu’il est difficile de ne pas les attribuer au même auteur, probablement ce « Jean l’Ancien » dont parlait Papias (cf. 2 Jn 1 ; 3 Jn 1). La troisième épître est vraisemblablement la première en date ; elle tend à régler un conflit d’autorité qui avait surgi dans une des Églises relevant de l’autorité de Jean. La deuxième épître met en garde une autre Église particulière contre la propagande de faux docteurs niant la réalité de l’Incarnation. Quant à la première épître, de beaucoup la plus importante, elle se présente plutôt comme une lettre encyclique destinée aux communautés d’Asie, menacées par les déchirements des premières hérésies. Jean y a condensé l’essentiel de son expérience religieuse ; partant de thèmes parallèles successifs (lumière, 1 Jn 1.5s ; justice, 1 Jn 2.29s ; amour, 1 Jn 4.7-8s ; vérité, 1 Jn 5.6s), il veut montrer le lien intime qui existe entre notre état d’enfants de Dieu et la rectitude de notre vie morale, considérée comme fidélité au double commandement de la foi en Jésus et de l’amour fraternel (1 Jn 3.23-24). C’est un des écrits du NT les plus marqués par la pensée qui s’exprime dans les écrits de la secte de Qumrân : le double dualisme « lumière-ténèbres » et « vérité-mensonge » (1 Jn 1.5-7 ; 2.9-11 ; 2.21-22) ; le discernement des « esprits » (2 Jn 4.1-6) qui se termine par l’opposition entre « esprit de vérité et esprit d’erreur », comme à Qumrân. Dans l’évangile, une telle influence qumranienne est limitée à de rares passages, spécialement 3.19-21.
1 Jn 2.18-21 fait état d’un schisme qui se serait produit dans les milieux « johanniques ». Face à des dissidents tentés par la gnose, pour qui seul le message du Fils de Dieu compte, l’épître rappelle que le Sauveur du monde (1 Jn 4.14) était aussi un homme de chair (1 Jn 4.2 ; 2 Jn 7) et de sang (1 Jn 1.7 ; 5.5-6), avec un nom bien humain, Jésus (1 Jn 1.7 ; 2.22 ; 4.3 ; 5.1, 5), et que le disciple doit suivre son exemple (1 Jn 2.6 ; 3.16-18 ; 4.11, 20). De fait, la première épître contient une des affirmations les plus bouleversantes de toute la Bible : « Dieu est Amour » (1 Jn 4.8, 16).