Bible-Centre

La réflexion principale pour le 1 décembre 2021

L'Église de Thessalonique subissait des persécutions assez graves, dont les autres Églises eurent aussi connaissance. C'est pourquoi Paul se hâte de soutenir les frères thessaloniciens, en leur rappelant que pour le chrétien, dans le monde déchu, les persécutions sont une chose inévitable et, au fond, normale. Bien sûr, il ne s'agit pas toujours de persécutions au sens littéral, comme c'était le cas à Thessalonique à en juger par les paroles de l'apôtre, mais le rejet est toujours présent, de la part des personnes séculières, les «païens», comme de la part des personnes religieuses, les «Juifs». Le Sauveur lui-même en avait averti ses disciples pendant son ministère terrestre.

Et ici, il ne s'agit souvent pas d'une malveillance particulière des persécuteurs, même si cela arrive aussi, mais simplement de l'incommensurabilité et de l'incompatibilité du Royaume et du monde déchu. Non parce que ce monde serait naturel, mais parce qu'il est déchu. Le problème n'est pas la nature comme telle, mais le fait que des hommes à qui Dieu avait proposé une autre loi et une autre manière d'exister dans son monde ont choisi de vivre selon la loi de la nature, une loi destinée non à l'homme, mais au règne animal.

Or l'homme ne peut pas devenir un animal normal par définition; il ne peut devenir qu'un homme qui ne répond pas à sa propre vocation divine ni à la définition que Dieu lui donne, ce qui est bien pire. Et dans un tel état, toute manifestation du Royaume devient objectivement destructrice pour lui, sinon pour sa vie extérieure, du moins certainement pour sa vie intérieure. Le simple fait qu'il existe dans le monde une alternative aux lois du monde naturel, que l'homme déchu considère comme le sien parce qu'il se ressent lui-même surtout comme un animal, prive déjà l'homme de repos.

Le monde doit être un, il doit vivre selon les mêmes lois, il n'y a pas et il ne doit pas y avoir d'alternative à l'ordre existant: c'est ainsi que l'homme prend conscience de cette totalité naturelle du monde de la nature, que les animaux ressentent instinctivement et dans laquelle ils vivent, sans aucune réflexion bien sûr et sans aucun malaise, dont l'homme ne peut se débarrasser, autant qu'il le veuille.

Bien sûr, réfléchir à l'ordre existant des choses est en soi une propriété purement humaine, liée à son principe spirituel, mais l'homme déchu n'aime pas beaucoup le faire précisément parce qu'il ne veut pas du tout se souvenir de lui-même comme d'un être spirituel. La culture et surtout la religion peuvent parfois lui rappeler qui il est réellement, mais là tout n'est pas encore si univoque: on peut comprendre certaines choses à sa manière, en ignorer simplement d'autres, car toute culture et même la religion appartiennent malgré tout au monde déchu. Mais la manifestation du Royaume est tout autre chose. Elle manifeste clairement et distinctement qu'elle n'est pas de ce monde.

L'alternative devient évidente, renforçant l'inquiétude et le désir de faire en sorte qu'elle n'existe pas du tout, ou du moins qu'elle ne soit pas si visible. De là vient l'inévitabilité du rejet du Christ et du Royaume, et donc des chrétiens, s'ils restent chrétiens autrement que de nom. Parfois ce rejet demeure dans les limites de la bienséance, mais il peut aussi en sortir, surtout lorsqu'il y a beaucoup de témoins et que la lumière du Royaume brille plus clairement qu'à l'ordinaire. C'est dans une telle situation que se trouvait l'Église de Thessalonique, que Paul soutient dans son épître: les persécutions disent précisément que le témoignage des chrétiens thessaloniciens est en bon ordre.

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.