Poursuivant le thème du témoignage, Paul dit de la parole de Dieu que, pour les uns, elle se révèle vivifiante, et pour les autres mortelle (v. 16). Ces paroles rappellent celles de l'épître aux Romains, où l'apôtre dit la même chose de la Torah, qui, selon le témoignage de Paul, fait vivre et tue en même temps (Rm 7:7-13). Il n'y a rien d'étonnant ici: Paul regarde la Torah non pas simplement comme une loi donnée une fois par Dieu puis observée formellement, mais comme la parole vivante de Dieu, qui agit sur l'âme et le coeur de l'homme chaque fois que celui-ci veut suivre la loi donnée par Dieu en observant les commandements. Ainsi comprise, la Torah se révèle inséparable de la parole de Dieu et du Royaume. Voilà pourquoi il est impossible de l'ignorer, tout comme il est impossible d'ignorer la révélation de Dieu et le Royaume lui-même: l'une comme l'autre exigent de l'homme qu'il se détermine, un «oui» ou un «non» clair et sans équivoque, devenant, selon la réponse donnée, source de vie ou commencement d'un chemin menant à la mort.
Mais témoigner de telle sorte que la réalité de la parole de Dieu et la réalité du Royaume deviennent évidentes à ceux qui entourent le témoin n'est possible que lorsque le témoin lui-même prêche «de la part de Dieu, devant Dieu, dans le Christ» (v. 17). Ce qu'il dit doit lui avoir été révélé par Dieu; et révélé non pas à quelqu'un d'autre dont le témoin aurait pu entendre ce dont il témoigne, mais vécu par lui-même comme sa propre révélation. Le témoignage lui-même n'est possible qu'en présence de Dieu, qui confirme les paroles du témoin, donnant assurance à ceux qui sont prêts à entendre Dieu mais pour qui les seuls arguments de la sagesse humaine ne suffisent déjà plus. Enfin, le témoin doit vivre d'une seule et même vie avec le Christ ressuscité, la vie de ce Royaume dont il témoigne et à partir duquel il témoigne: car la tâche principale du témoin du Christ est de faire sentir à ceux qui l'écoutent ce qu'est le Royaume et le souffle de Dieu. Et s'il y parvient, le témoin peut considérer sa tâche comme accomplie. Tout le reste dépend du choix que chacun fait lui-même.
