Ce que nous lisons au début du deuxième chapitre du livre de Ruth attire tout d'abord notre attention sur le commandement auquel obéit Booz...
Ce que nous lisons au début du deuxième chapitre du livre de Ruth attire tout d'abord notre attention sur le commandement auquel obéit Booz. Ce commandement exige de ne pas ramasser dans le champ jusqu'au dernier épi, mais d'en laisser afin que les pauvres puissent les glaner et se nourrir. Glaner est certes un travail pénible, mais c'est une possibilité de survivre sans mendier ni se vendre en servitude. Pour les femmes privées de droits économiques et sociaux dans l'ancien Israël, c'était en réalité la seule possibilité de survivre. L'attitude envers les biens que nous enseigne un tel commandement est remarquable, tout comme son attitude envers la dignité du pauvre. Car notre aumône, souvent assez généreuse, est tout aussi souvent humiliante pour ceux qui la reçoivent.
Il est non moins remarquable que Booz, en faisant miséricorde à Ruth, n'exalte pas ses propres qualités morales. C'est par ses mains que Dieu récompense Ruth pour le bien qu'elle a accompli. En réalité, sans cela, l'aumône ne profitera pas à celui qui la donne.
2 h) C’est le droit des pauvres selon la Loi. Mais son exercice dépend des bonnes grâces du propriétaire.
5 i) En Orient, toute femme appartient à quelqu’un, père, mari, frère ou maître.
7 j) Fin du v. corrompue, corr. d’après grec.
Le livret de Ruth est placé à la suite des Juges dans la Septante, la Vulgate et les traductions modernes. Dans la Bible hébraïque, il est rangé avec les Hagiographes comme l’un des cinq rouleaux, les « megillôt », qu’on lisait aux principales fêtes, Ruth servant pour la fête de la Pentecôte. Bien que son sujet rattache le livre à la période des Juges, cf. 1.1, il ne faisait pas partie de la rédaction deutéronomiste qui s’est étendue de Josué à la fin des Rois.
C’est l’histoire de Ruth la Moabite qui, après la mort de son mari, un homme de Bethléem émigré en Moab, revient en Juda avec sa belle-mère Noémi et épouse Booz, un parent de son mari, en application de la loi du lévirat ; de ce mariage naît Obed qui sera le grand-père de David.
Une addition, 4.18-22, donne une généalogie de David, parallèle à celle de 1 Ch 2.5-15.
La date de composition est très discutée et l’on a proposé toutes les périodes depuis David et Salomon jusqu’à Néhémie. Les arguments avancés pour une date tardive : place dans le canon hébreu, langue, coutumes familiales, doctrine, ne sont pas décisifs et le livret, moins les derniers versets, pourrait avoir été composé à l’époque monarchique. C’est une histoire édifiante, dont l’intention principale est de montrer comment est récompensée la confiance qu’on met en Dieu, dont la miséricorde s’étend jusque sur une étrangère, 2.12. Cette foi en la Providence et cet esprit universaliste sont l’enseignement durable du récit. Le fait que Ruth a été reconnue comme la bisaïeule de David a donné un prix particulier au livret, et saint Matthieu a inclus le nom de Ruth dans la généalogie du Christ, Mt 1.5.