Pour décrire un monde où il n’y a pas de place pour Dieu, l’auteur du Psaume 2 emploie des mots comme « agitation », en ce sens il dit des nations qu’elles « s’agitent », et « vide », les peuples méditent ce qui est « vain », littéralement « vide ». On peut bien sûr comprendre les paroles de l’hymnographe au sens ordinaire, courant...
Pour décrire un monde où il n’y a pas de place pour Dieu, l’auteur du Psaume 2 emploie des mots comme « agitation », en ce sens il dit des nations qu’elles « s’agitent », et « vide », les peuples méditent ce qui est « vain », littéralement « vide ». On peut bien sûr comprendre les paroles de l’hymnographe au sens ordinaire, courant : tous les desseins de ceux qui s’élèvent contre l’« oint » établi par Dieu, le psaume parlant apparemment d’un roi, très probablement Salomon, sont une perte vide de forces et de temps ; ils s’inquiètent et se tourmentent en vain.
Il y a pourtant ici un sens plus profond, lié à l’action de la providence de Dieu et à l’essence de ce qu’est cette providence. La question principale à laquelle chacun doit tôt ou tard répondre, sinon aux autres du moins à lui-même, est la question « pourquoi ». Pourquoi vivre, pourquoi faire ce que l’on fait, pourquoi concevoir et réaliser les plans les plus vastes et les plus grandioses, qui n’ont pas moins besoin d’une réponse à la question « pourquoi » que les affaires et les tâches les plus ordinaires et quotidiennes.
Or la réponse, en fin de compte, n’est connue que de Dieu seul, qui a créé le monde en ayant en vue Ses buts, et qui seul connaît les réponses à la question « pourquoi » pour chaque chose et pour chaque homme. Il n’y a et ne peut y avoir aucun autre sens, en dehors de celui que Dieu y a déposé. Il en va de même pour tout événement : on ne peut trouver du sens dans tel ou tel événement que lorsque Dieu y voit un sens. Et s’Il ne voit pas de sens dans ce qui se passe, alors il n’y en a pas, quelle que soit l’importance que lui attribuent les hommes qui construisent leurs plans, parfois très vastes.
Si Dieu ne voit pas de sens dans les événements qui se produisent, cela signifie que derrière eux se tient le vide dont parle l’hymnographe. Un vide non événementiel, mais, comme disent les philosophes, existentiel : ce qui se passe tourne pour ainsi dire autour du vide, du non-être, où Dieu n’est pas et où Sa volonté ne se ressent pas.
C’est ainsi que l’hymnographe voit le monde et les événements où il n’y a pas de place pour Dieu : agitation et trouble, vanité autour du vide, qui engloutit inévitablement toute cette agitation et tout ce trouble avec ceux qui leur donnent leur vie. Le vide qui manifeste la plénitude du non-être, comme opposé à cette plénitude de la vie du Royaume que Dieu peut donner à l’homme.