La scène du Jugement, comme on le voit, se révèle à l'apôtre littéralement sous différents points de vue. Jusqu'ici, il avait vu le Jugement tel que...
La scène du Jugement, comme on le voit, se révèle à l'apôtre littéralement sous différents points de vue. Jusqu'ici, il avait vu le Jugement tel que le monde devra le voir et le vivre; maintenant Dieu lui montre Son Église et la manière dont le Jugement se révèle à elle. Les quatre anges aux quatre coins de la terre, retenant les quatre vents (v. 1), semblent incarner cette force de Dieu grâce à laquelle le monde, malgré sa corruption par le péché, ne sombre pas dans le chaos. Ainsi Dieu accomplit la promesse faite autrefois à Noé et, en sa personne, à tous les justes de tous les temps et de tous les peuples: le déluge qui avait perdu le monde et anéanti l'humanité ne se répéterait plus (Gn 9:8-11). Mais maintenant, à la fin des temps, tout change: le monde attend la transfiguration, et l'ancien ordre des choses touche à sa fin. Ceux qui demeurent dans le monde ne voient que le ciel qui se replie comme un rouleau et la terre qui se dérobe sous leurs pieds (Ap 6:12-14); mais ceux à qui la réalité spirituelle, la réalité du Royaume, est ouverte voient, comme Jean, l'Église prête à rencontrer le Sauveur revenant dans la gloire.
Ses membres reçoivent un signe particulier, le sceau de Dieu, qui les lie à Celui qu'ils attendent (v. 2-3). Les douze tribus dont se compose le peuple de Dieu désignent ici symboliquement la plénitude de l'Église, tout comme le nombre de 144 000, qui suppose 12 000 personnes de chacune des douze tribus (v. 4-8). Il s'agit ici, bien entendu, d'une symbolique numérique: mille hommes étaient considérés comme une représentation complète; si une tribu pouvait fournir mille hommes aptes au combat, on la regardait comme autonome et, en un certain sens, autosuffisante. L'Église, comme nouveau peuple de Dieu, se présente précisément dans une telle plénitude au moment où s'achève l'histoire du monde. Il n'y a là rien d'étonnant: son histoire a commencé le jour de la Pentecôte, et chaque siècle du christianisme a ajouté de nouveaux membres à l'Église céleste; et voici qu'à présent, au jour du Jugement, du retour du Sauveur et du triomphe du Royaume, elle est prête à se présenter devant son Chef dans toute sa plénitude.
Mais il y en a aussi d'autres, ceux qui sont venus le jour même du Jugement, selon la parole de l'un des anciens qui se tiennent devant le Trône, « de la grande détresse » (v. 14). Auparavant, ils ne pensaient peut-être pas du tout ni à Dieu ni au Royaume; mais lorsque vint le jour décisif, le jour du dernier choix, leur choix se révéla juste, et maintenant ils chantent avec toute l'Église le chant du renouvellement et attendent Celui qu'ils ne connaissaient peut-être pas auparavant, mais qu'ils reconnaîtront désormais à coup sûr (v. 9-12).