Dans les livres du Nouveau Testament, on rencontre toute une série de témoignages sur des relèvements de morts accomplis par le Christ Lui-même comme par Ses disciples. Quel lien ces cas ont-ils donc avec la résurrection du Sauveur Lui-même ? Et quel lien ont-ils avec cette résurrection qui attend chacun de nous à la fin des temps ? La Bible regarde la vie humaine comme l’unité de deux processus : un processus naturel et un processus spirituel. Le processus spirituel est lié au souffle de Dieu que Dieu « insuffle » à l’homme « dans les narines », précisément ainsi dans le texte hébreu, lors de la création. Par ce souffle l’homme est vivant ; il fait de lui l’image de Dieu, et ce qu’il y a d’unique en lui, que l’on pourrait définir comme l’humanité, lui est lié. La vie comme processus naturel est appelée dans la Bible « âme ». Nous avons l’habitude de regarder l’âme comme le centre des qualités personnelles de l’homme, comme ce qui le rend unique et irremplaçable. C’est ainsi que les prêtres égyptiens et les philosophes grecs regardaient l’âme. Les auteurs bibliques, eux, entendaient par le mot que l’on traduit habituellement en russe par « âme » une force vitale impersonnelle, commune à l’homme et aux animaux. C’est précisément cette force vitale qui apparaît dans l’homme après que Dieu lui a « insufflé » le souffle de vie. Une telle âme existe aussi chez les animaux, où elle est liée au sang : le sang est en effet le fondement de tous les processus vitaux dans l’organisme animal. Chez l’homme, avant la chute, elle était liée au souffle de vie reçu de Dieu ; après la chute, elle s’est trouvée liée au sang, comme chez les animaux. Après la chute, l’homme, on le voit, est devenu beaucoup plus semblable à l’animal qu’à Dieu, auquel il ressemblait avant la chute. La mort aussi est décrite dans la Bible comme un processus double. Le souffle de vie que l’homme a reçu de Dieu retourne à Dieu au moment de la mort, tandis que la force vitale, l’âme, s’en va simplement, se dissolvant dans l’espace environnant. Il n’en reste qu’une très petite partie, qui rend possible l’existence après la mort de ce que l’on appelle habituellement l’ombre de l’homme, dont le lieu de séjour est le monde inférieur appelé shéol. C’est précisément cette vie qui s’en va si facilement et si inévitablement que Jésus appelle à Lui donner afin qu’Il lui confère une qualité nouvelle, en la renouvelant par le souffle de Son Royaume, dont elle deviendra ensuite une partie. Le souffle du Royaume est toujours le même souffle de Dieu ; il pénètre le Royaume dans une plénitude qui ne s’était jamais auparavant révélée à l’homme. Mais la vie de l’homme, son âme, doit être renouvelée afin de devenir une partie organique de ce Royaume vers lequel l’homme tend. La résurrection du Sauveur comme la résurrection de chacun de nous à la fin des temps sont impossibles sans un tel renouvellement. Et selon que ce renouvellement deviendra possible pour nous, car seuls nos péchés dont nous ne nous sommes pas repentis peuvent l’empêcher, notre destin dans l’éternité sera déterminé. Il existe aussi une résurrection d’un autre genre, comme retour à l’ancienne vie non transfigurée. Cela peut arriver si la force vitale n’a pas encore quitté l’homme définitivement, comme dans le cas décrit dans le livre des Actes. Mais ce n’est pas encore la transfiguration ; ce n’est qu’un retour à l’ancienne vie, à la vie vieille, une chance de plus donnée par Dieu à l’homme pour le salut. |
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