A l’époque, où prêchait Zacharie (et c'était après le retour des Juifs de la captivité Babylonienne, quand étaient encore vivants les représentants de la première génération des rapatriés), les attentes messianiques dans le peuple juif étaient extraordinairement intenses. Et cela n'est pas étonnant: car et les prophètes d’avant captivité, et Isaïe de Babylone, qui a commencé son sermon peu de temps avant la conquête perse de Babylone et le décret de Cyrus le Grand du retour des Juifs sur la terre de leurs pères, parlaient de la fin de la captivité, comme du temps de l'expiation, quand tous les péchés commis seront pardonnés au peuple, et il restera seulement à attendre le Messie promis par Dieu. Mais les représentations des contemporains du prophète du Messie rappelaient plus celles des premiers prophètes: le Messie était pour eux, en premier lieu, un chef juste, qui, étant venu au pouvoir, établira dans le pays des lois, correspondants à la Torah, et restaurera à Jérusalem le Temple, ayant repris là les offices divins réguliers, y compris, naturellement, et les sacrifices. Zacharie tente de leur expliquer que le Messie n’est pas du tout tel qu’ils attendent Le voir. Le prophète voit en le Messie, en premier lieu, le grand prêtre, et seulement ensuite un chef. Il retourne en quelque sorte ses auditeurs à l'image de David — le prophète, qui, étant devenu roi, est resté tout de même en premier lieu notamment prophète. Mais, comme on voit, il ne s’agit tout de même pas du grand prêtre dans la compréhension traditionnelle de ce mot. Zacharie n’appelle pas par hasard le Messie «germe», qui grandit de sa propre racine ou «dans son lieu» (le mot correspondant juif signifie littéralement «de sa profondeur»). Ainsi le prophète veut évidemment dire que le Messie ne dépend pas des lois du monde non transformé en ce qui concerne Son ministère, qu'Il n'est pas conditionné par eux et n'a besoin d'aucune position officielle ou de statut social pour accomplir Sa mission. De «la racine personnelle» conformément au Messie Zacharie dit dans le même sens, dans lequel son grand prédécesseur, Isaïe de Babylone appelle le Messie «l'esclave» ou «l'enfant» : le Messie n’a pas besoin d’être un grand homme dans les yeux de «ce monde» pour faire ce pour quoi Dieu L'envoie au monde. En effet, le Royaume du Messie, par Ses propres mots «n’est pas de ce monde». Et ni Lui-même, ni Son Royaume n'ont pas besoin de soutien du côté des forces de ce monde. |
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