Bible-Centre

La Bible en cinq ans pour le 27 octobre 2020

La Bible de Jérusalem (fr)

Lamentations, Chapitre 5

1 Cinquième lamentation
1 Souviens-toi, Yahvé, de ce qui nous est arrivé,
regarde et vois notre opprobre !
2 Notre héritage a passé à des étrangers,
nos maisons à des inconnus.
3 Nous sommes orphelins, sans père ;
nos mères sont comme des veuves.
4 À prix d’argent nous buvons notre eau,
notre bois, il nous faut le payer.
5 Le joug est sur notre cou, nous sommes persécutés ;
nous sommes à bout, et pour nous pas de répit.
6 Nous tendons la main à l’Égypte,
à Assur pour nous rassasier de pain.
7 Nos pères ont péché : ils ne sont plus ;
et nous, nous portons leurs fautes.
8 Des esclaves dominent sur nous,
nul ne nous délivre de leur main.
9 Au péril de nos vies nous rapportons notre pain
en affrontant l’épée du désert.
10 Notre peau comme un four est brûlante,
à cause des ardeurs de la faim.
11 Ils ont violé des femmes dans Sion,
des vierges dans les villes de Juda.
12 Des princes ont été pendus de leur main :
la face des vieillards n’a pas été respectée.
13 Des adolescents ont porté la meule,
des garçons ont trébuché sous le bois.
14 Les anciens ont déserté la porte ;
les jeunes gens ont cessé leur musique.
15 La joie a disparu de notre cœur,
notre danse s’est changée en deuil.
16 La couronne de notre tête est tombée.
Malheur à nous, car nous avons péché !
17 Voilà pourquoi notre cœur est malade,
voilà pourquoi s’obscurcissent nos yeux :
18 c’est que la montagne Sion est désolée,
des chacals y rôdent !
19 Mais toi, Yahvé, tu demeures à jamais ;
ton trône subsiste d’âge en âge !
20 Pourquoi nous oublierais-tu pour toujours,
nous abandonnerais-tu jusqu’à la fin des jours ?
21 Fais-nous revenir à toi, Yahvé, et nous reviendrons.
Renouvelle nos jours comme autrefois,
22 si tu ne nous as tout à fait rejetés,
irrité contre nous sans mesure.
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 m) Intitulée par la Vulg. « Prière de Jérémie ».


5 n) On restitue « le joug », `ol, tombé par haplographie devant « sur » `al .


6 o) Pour sa subsistance, Israël est désormais à la merci de ses ennemis traditionnels. — « Assur », expression stéréotypée, désigne en fait la Babylonie, cf. Jr 2.18.


7 p) L’économie de la rétribution collective reste valable pour le présent, aux yeux de l’auteur, et ne le cède que pour l’avenir au principe de la rétribution individuelle, cf. Ez 14.12.


8 q) Les fonctionnaires chaldéens, désignés habituellement sous le nom de « serviteurs », pris ici au sens péjoratif.


10 r) « est brûlante » grec, Vulg. ; « sont brûlantes » hébr.


19 s) Malgré la ruine de son Temple terrestre, Yahvé, toujours glorieux et puissant, trône dans le ciel.


La Bible hébraïque range ce petit livre avec les Hagiographes et le compte parmi les cinq « megillôt », les « rouleaux » qu’on lit aux grandes fêtes. La Bible grecque et la Vulgate le placent à la suite de Jérémie, avec un titre qui en attribue la composition à ce prophète. La tradition se fondait sur 2 Ch 35.25 et était appuyée par le contenu des poèmes, qui convient en effet à l’époque de Jérémie. Mais cette attribution ne peut être maintenue. Jérémie, tel que nous le connaissons par ses oracles authentiques, n’a pas pu dire que l’inspiration prophétique était tarie, 2.9, ni louer Sédécias, 4.20, ni espérer dans le secours égyptien, 4.17. Son génie spontané se serait difficilement astreint au genre érudit de ces poèmes dont les quatre premiers sont alphabétiques, chaque strophe commençant par une des lettres de l’alphabet prises dans leur ordre, et dont le cinquième a juste vingt-deux vers, le nombre des lettres de l’alphabet hébreu.

Les Lamentations 1, 2 et 4 sont dans le genre littéraire des complaintes funèbres, 3 est une lamentation individuelle, 5 est une lamentation collective (dans le latin : Prière de Jérémie). Elles ont probablement été composées en Palestine après la ruine de Jérusalem en 587. Elles sont vraisemblablement l’œuvre d’un seul auteur qui décrit en termes poignants le deuil de la ville et de ses habitants mais, de ces plaintes douloureuses, jaillit un sentiment de confiance invincible en Dieu et de repentir profond qui fait la valeur permanente du livret. Les Juifs le récitent au grand jeûne commémoratif de la destruction du Temple et l’Église en fait usage, pendant la Semaine Sainte, pour rappeler le drame du Calvaire.

Réduire

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.