Bible-Centre

La réflexion principale pour le 5 octobre 2020

La question du jeûne est l’une des principales pour beaucoup de chrétiens. D’ailleurs, les chrétiens ne sont pas originaux sur ce point : elle fut aussi centrale pour les Juifs, et depuis assez longtemps, plusieurs siècles déjà avant la venue du Messie. Pourquoi donc a-t-elle occupé dans la vie des Juifs une place si importante ? À l’origine, dans le yahvisme, on n’accordait pas tant d’attention aux jeûnes. Oui, bien sûr, les jours de deuil, personnel ou public, le jeûne était observé, et strictement observé : les jeûnes juifs étaient habituellement complets, on s’abstenait de nourriture et d’eau toute la journée ; si le jeûne durait plusieurs jours, ce qui arrivait rarement, on ne pouvait manger et boire qu’après le coucher du soleil.

Mais dès la période postexilique, dans le milieu synagogal, se forma une pratique de jeûnes réguliers d’un jour, conservée au moins jusqu’à la fin de l’époque du Second Temple. Les membres de la fraternité pharisienne observaient eux aussi cette pratique. Apparemment, à l’époque évangélique, ces jeûnes réguliers étaient au nombre de deux par semaine. On supposait que, ces jours-là, chacun jeûnait en se souvenant de ses propres péchés. S’il en avait réellement été ainsi, un tel jeûne aurait pu avoir une utilité spirituelle indubitable.

Il en va de même, d’ailleurs, pour les jeûnes de l’Église, dont le sens se ramène finalement soit au souvenir de ses propres péchés, soit au souvenir de la mort du Sauveur sur la croix et de la trahison de Judas. Mais avant même la venue du Christ, il se produisit quelque chose qui déforma entièrement l’essence et le sens du jeûne pour les péchés : il se transforma en obligation religieuse. Avec le temps, la même chose arriva largement à nos jeûnes chrétiens, malgré les avertissements correspondants du Sauveur.

À en juger par les paroles d’Isaïe, on peut penser que cette transformation commença assez tôt, peu après le retour des Juifs en Judée après l’exil babylonien, sinon plus tôt. Le jeûne commence à être perçu comme une sorte de privation de soi, précieuse en elle-même, comme une manière de se punir pour les péchés commis. On suppose que tout cela est nécessaire à Dieu, et que celui qui agit ainsi devient par conséquent plus proche de Dieu et plus agréable à Ses yeux. Par la suite, naquit aussi le mythe pieux selon lequel le jeûne purifierait soi-disant l’homme du péché ou de ses conséquences.

Tout cela, bien sûr, était assez éloigné de la réalité. Se purifier soi-même du péché, cela va de soi, aucun homme ne le peut. Pour une telle purification, il faut l’intervention immédiate de Dieu, Son action directe. Et la privation de soi comme telle n’a pas non plus d’utilité particulière pour la vie spirituelle. Dieu n’en a pas besoin. Toute privation volontaire n’a de valeur que dans la mesure où elle permet à l’homme de se comprendre lui-même, de voir les véritables motifs de ses actes, de voir ses péchés et de comprendre comment leur résister.

Mais même ici, la privation de soi seule ne suffit pas : comme tout travail spirituel, celui-ci suppose la participation de Dieu, sans laquelle aucune privation volontaire ne révélera par elle-même rien d’utile à l’homme. Mais la conscience religieuse tend à absolutiser l’importance du jeûne en lui-même. D’autant plus que la différence entre ceux qui jeûnent et ceux qui ne jeûnent pas devient l’un des signes d’appartenance à la communauté religieuse.

Alors le jeûne devenu fin en soi commence à désorienter l’homme et à détruire sa vie spirituelle. Il force l’homme à dépenser ses forces et son temps pour ce qui, du point de vue spirituel, ne lui donne rien. Parfois même, il lui nuit : beaucoup de personnes religieuses commencent à tirer orgueil de leurs jeûnes, s’étonnant que Dieu ne remarque pas leurs efforts. Et elles s’affermissent dans leur propre justice d’autant plus qu’elles remportent de grands succès dans ce sport religieux particulier. Seulement, la récompense du vainqueur dans cette compétition n’est pas le Royaume, mais un sentiment profond de satisfaction religieuse. Et c’est un mauvais substitut du Royaume.

RÉFLEXIONS

 

Le jeûne, comme pratique religieuse, était connu du yahvisme comme du judaïsme. Cependant, ni le yahvisme ni le judaïsme ne connaissaient de jeûnes de plusieurs jours, semblables à ceux que... 

 

Le chapitre 58 du livre du prophète Isaïe, que nous lisons aujourd’hui  — est un texte saisissant, dont l’importance pour les chrétiens est difficile à surestimer... 

 

Le prophète Isaïe nous raconte aujourd'hui comment toutes les oeuvres que nous accomplissons en obéissant à Dieu et en reconnaissant Sa justesse... 

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