La soi-disant «règle d'or» de l'éthique était connue de l'humanité depuis les temps les plus anciens. La Bible ne l'a pas découverte, elle l'a seulement confirmée. Elle a ainsi attesté que c'est un principe de coexistence humaine donné par Dieu. Et en outre, un principe assez universel. Après la chute, en effet, les représentations morales de l'humanité se sont révélées très diverses...
La soi-disant «règle d'or» de l'éthique était connue de l'humanité depuis les temps les plus anciens. La Bible ne l'a pas découverte, elle l'a seulement confirmée. Elle a ainsi attesté que c'est un principe de coexistence humaine donné par Dieu. Et en outre, un principe assez universel. Après la chute, en effet, les représentations morales de l'humanité se sont révélées très diverses.
À certains s'ouvraient des normes morales assez élevées, tandis que d'autres restaient en ce domaine encore parfaitement sauvages. Des personnes aussi différentes ne pouvaient pas se comprendre; les normes et les règles des uns semblaient aux autres soit inacceptables, soit impossibles à accomplir. Or la «règle d'or» se révélait, en ce sens, universelle: elle supposait que, dans son rapport à l'autre, chacun parte de sa propre compréhension du bien et du mal.
À première vue, une telle approche peut paraître, en un certain sens, dévaloriser la moralité elle-même. En effet, si l'on regarde ainsi la vie morale, tout y devient relatif. Autant de personnes, autant d'idées de ce qui est moral ou non. Mais en regardant plus attentivement, on découvre que tout n'est pas si simple. La règle se révèle réellement universelle. Elle convient à chacun. Elle est universelle précisément parce qu'elle n'exige pas, pour être appliquée, telle ou telle conception des normes morales.
La règle fonctionne sans être liée à aucun code moral. Elle n'exige qu'une chose: qui que tu sois, traite l'autre exactement comme tu te traites toi-même. C'est là la vraie profondeur et la sagesse de la «règle d'or». Les hommes sont différents, et on ne saute pas plus haut que sa tête. On ne peut pas exiger l'amour évangélique de personnes qui ont des représentations très confuses de la vie spirituelle et morale. Mais le rapport à l'autre est un véritable papier de tournesol de la vie spirituelle.
Si je suis capable de traiter l'autre comme moi-même, cela signifie qu'il possède pour moi la même valeur indubitable et inconditionnelle que celle que je possède pour moi-même. Nous nous aimons et nous nous estimons non pour quelque chose de précis, mais simplement parce que nous sommes nous. Ainsi, la «règle d'or» exige que nous regardions l'autre comme nous-mêmes, en reconnaissant la même importance absolue que celle que nous reconnaissons lorsqu'il s'agit de nous. C'est déjà un certain minimum de vie spirituelle: car l'homme ne peut devenir une valeur aussi inconditionnelle et absolue que lorsqu'on voit en lui l'image de Dieu, quel que soit le nom qu'on lui donne. Cela signifie que le premier pas vers Dieu est fait. Ce qui, au fond, était demandé.
Le livre de Tobie est une histoire familiale. À Ninive, Tobit, un déporté de la tribu de Nephtali, pieux, observant, charitable, est devenu aveugle. À Ecbatane, son parent Ragouël a une fille, Sarra, qui a vu mourir successivement sept fiancés, tués au soir des noces par le démon Asmodée. Tobit et Sarra demandent l’un et l’autre à Dieu d’être délivrés de la vie. De ces deux infortunes et de ces deux prières, Dieu va faire une grande joie : il envoie son ange Raphaël, qui conduit Tobie, fils de Tobit, chez Ragouël, lui fait épouser Sarra et lui donne le remède qui guérira l’aveugle. C’est un récit d’édification, où les devoirs envers les morts et le conseil de l’aumône ont une place marquante. Le sens de la famille s’y exprime avec un charme prenant. Il développe une notion très élevée du mariage. L’ange Raphaël manifeste et masque tout à la fois l’action de Dieu, dont il est l’instrument. C’est cette Providence quotidienne, cette proximité d’un Dieu bienveillant, que le livre invite à reconnaître.
Le livre s’inspire de modèles bibliques, surtout des récits patriarcaux de la Genèse, il se place littérairement entre Job et Esther, entre Zacharie et Daniel. Il offre des points de contact avec la Sagesse d’Ahikar (cf. Tb 1.22 ; 2.10 ; 11.18 ; 14.10), ouvrage apocryphe dont le fond remonte au moins au Ve siècle av. J.-C., voir Tb 1.22. Le livre de Tobie semble avoir été écrit vers 200 av. J.-C., peut-être en Palestine et probablement en araméen.