Bible-Centre

La Bible en cinq ans pour le 20 août 2019

La Bible de Jérusalem (fr)

Ruth, Chapitre 1,  vers 1-14

1 RUTH ET NOÉMI
Au temps où gouvernaient les Juges, une famine survint dans le pays et un homme de Bethléem de Juda s’en alla avec sa femme et ses deux fils pour séjourner dans les Champs de Moab.
Cet homme s’appelait Élimélek, sa femme Noémi, et ses deux fils Mahlôn et Kilyôn ; ils étaient Éphratéens, de Bethléem de Juda. Arrivés dans les Champs de Moab, ils s’y établirent.
Élimélek, le mari de Noémi, mourut, et elle lui survécut avec ses deux fils.
Ils prirent pour femmes des Moabites, l’une se nommait Orpa et l’autre Ruth. Ils demeurèrent là une dizaine d’années.
Puis Mahlôn et Kilyôn moururent, tous deux aussi, et Noémi resta seule, privée de ses deux fils et de son mari.
Alors, avec ses brus, elle se disposa à revenir des Champs de Moab, car elle avait appris dans les Champs de Moab que Dieu avait visité son peuple pour lui donner du pain.
Elle quitta donc avec ses brus le lieu où elle avait demeuré et elles se mirent en chemin pour retourner au pays de Juda.
Noémi dit à ses deux brus : « Partez donc et retournez chacune à la maison de votre mère. Que Yahvé use de bienveillance envers vous comme vous en avez usé envers ceux qui sont morts et envers moi-même !
Que Yahvé accorde à chacune de vous de trouver une vie paisible dans la maison d’un mari ! » Elle les embrassa, mais elles se mirent à crier et à pleurer,
10 et elles dirent : « Non ! Nous reviendrons avec toi vers ton peuple. » —
11 « Retournez, mes filles, répondit Noémi, pourquoi viendriez-vous avec moi ? Ai-je encore dans mon sein des fils qui puissent devenir vos maris ?
12 Retournez, mes filles, allez-vous-en, car je suis bien trop vieille pour me marier ! Et quand bien même je dirais : « Il y a encore pour moi de l’espoir, cette nuit même je vais appartenir à mon mari et j’aurai des fils »,
13 attendriez-vous qu’ils soient devenus grands ? Renonceriez-vous à vous marier ? Non mes filles ! Je suis pleine d’amertume à votre sujet, car la main de Yahvé s’est levée contre moi. »
14 Elles recommencèrent à crier et à pleurer, puis Orpa embrassa sa belle-mère et retourna vers son peuple, mais Ruth lui resta attachée.
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Notes:
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Notes sur la partie

2 a) Les noms sont peut-être fictifs et choisis pour leur signification les deux fils qui meurent jeunes, Mahlôn « langueur » et Kilyôn « consomption » ; Orpa « celle qui tourne le dos » (1.14) ; Ruth « l’amie » ; Noémi « ma douceur » ; Élimélek « mon Dieu est roi ».


6 b) Voir Ex 3.16. La « visite » est ici favorable.


11 c) Selon la loi du lévirat, Dt 25.5-10.


14 d) « et retourna vers son peuple » grec ; omis par hébr.


Le livret de Ruth est placé à la suite des Juges dans la Septante, la Vulgate et les traductions modernes. Dans la Bible hébraïque, il est rangé avec les Hagiographes comme l’un des cinq rouleaux, les « megillôt », qu’on lisait aux principales fêtes, Ruth servant pour la fête de la Pentecôte. Bien que son sujet rattache le livre à la période des Juges, cf. 1.1, il ne faisait pas partie de la rédaction deutéronomiste qui s’est étendue de Josué à la fin des Rois.

C’est l’histoire de Ruth la Moabite qui, après la mort de son mari, un homme de Bethléem émigré en Moab, revient en Juda avec sa belle-mère Noémi et épouse Booz, un parent de son mari, en application de la loi du lévirat ; de ce mariage naît Obed qui sera le grand-père de David.

Une addition, 4.18-22, donne une généalogie de David, parallèle à celle de 1 Ch 2.5-15.

La date de composition est très discutée et l’on a proposé toutes les périodes depuis David et Salomon jusqu’à Néhémie. Les arguments avancés pour une date tardive : place dans le canon hébreu, langue, coutumes familiales, doctrine, ne sont pas décisifs et le livret, moins les derniers versets, pourrait avoir été composé à l’époque monarchique. C’est une histoire édifiante, dont l’intention principale est de montrer comment est récompensée la confiance qu’on met en Dieu, dont la miséricorde s’étend jusque sur une étrangère, 2.12. Cette foi en la Providence et cet esprit universaliste sont l’enseignement durable du récit. Le fait que Ruth a été reconnue comme la bisaïeule de David a donné un prix particulier au livret, et saint Matthieu a inclus le nom de Ruth dans la généalogie du Christ, Mt 1.5.

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