Bible-Centre

La réflexion principale pour le 4 avril 2019

Les noms des dieux, les noms sacrés, ont toujours joué un rôle particulier dans la vie du peuple juif comme dans celle des autres peuples de l’Antiquité. Le fait est que, depuis des temps très anciens, on associait au nom quelque chose de particulier, qu’il s’agisse du nom d’un homme, d’un esprit ou même d’un animal domestique.

Il n’est pas difficile de trouver le fondement d’une telle attitude dans le livre de la Genèse, au deuxième chapitre, où il est question de la création de l’homme et de la manière dont l’homme créé par Dieu à Son image et à Sa ressemblance donnait des noms aux animaux, et le texte parle d’abord des animaux domestiques, que Dieu lui amenait. Le mot hébreu correspondant peut désigner aussi bien une appellation, un nom commun, qu’un nom propre, mais dans tous les cas il s’agit du lien du nom avec le sens de ce qui est nommé et de la relation de l’homme avec celui à qui il donne un nom.

Si Dieu ou un autre esprit révèle à l’homme Son nom, ou son nom, cela signifie qu’Il, ou qu’il, se révèle à l’homme, entre en contact avec lui et permet de s’adresser à Lui, ou à lui. Il n’est pas étonnant que l’on accordât dans l’Antiquité tant d’attention aux noms des dieux, aux noms sacrés : ils ne retentissaient jamais simplement ainsi ; en prononçant le nom d’une divinité ou d’un esprit, on pouvait toujours attendre une réponse, un écho, une manifestation. Le yahvisme adopte cette attitude envers le nom sacré : ce n’est pas par hasard que, parmi les dix commandements, il y en a un, le troisième, qui interdit de mentionner le nom de Dieu en vain.

Quant aux noms des dieux païens, apparaît sur ce fond l’exigence tout à fait compréhensible de ne pas les mentionner du tout, de veiller à ce qu’ils ne s’échappent même pas accidentellement de la langue.

On pourrait penser qu’une parole lâchée par hasard, et en particulier un nom mentionné par hasard, ne compte pas. Mais la Torah nous rappelle qu’il n’y a pas de hasard dans la vie spirituelle : si le nom de quelqu’un nous vient sans cesse à la langue, cela signifie qu’au fond de l’âme notre lien avec celui qui porte ce nom est assez fort.

Dans ce cas, il ne peut être question d’une vie spirituelle normale : si les choses en sont ainsi, cela signifie qu’au centre de notre vie se tient non pas Dieu, mais quelqu’un d’autre. Alors il faudra oublier non seulement le troisième commandement, mais aussi le premier. Et le chemin de Dieu également.

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