Bible-Centre

La réflexion principale pour le 27 novembre 2018

Il arrive souvent dans la vie religieuse qu’une tradition soit apparue on ne sait quand ni pourquoi, qu’elle se soit solidement enracinée, qu’elle soit entrée dans l’usage, et qu’elle devienne plus immuable encore que des traditions dont on sait tout et dont la solidité spirituelle ne peut être mise en doute. Et cette tradition n’est souvent pas seulement peu heureuse, elle contredit même directement les normes de la Torah ou de l’Évangile. Ainsi le commerce dans la cour du Temple de Jérusalem : il contredisait la Torah directement et sans ambiguïté, il s’était formé Dieu sait quand, mais personne n’y touchait, tant une fausse autorité de fausse tradition soutenait fermement une mauvaise tradition.

D’ailleurs, comme cela arrive d’ordinaire dans de tels cas, plus encore que l’autorité, ce sont la commodité et le profit qui soutenaient la mauvaise tradition. Commodité de ceux qui venaient de loin au Temple et pouvaient acheter ici même, dans la cour du Temple, tout ce dont ils avaient besoin. Profit de ceux qui étaient prêts et heureux de le leur vendre, comme d’habitude plus cher que la même chose sur les marchés de Jérusalem. Et la violation de la Torah est entrée dans l’usage.

À première vue, une bagatelle : dans le Temple de l’époque évangélique, il y avait tant de cours que plusieurs petits marchés auraient pu y tenir sans nuire aux sacrifices eux-mêmes. Mais Jésus ne traite aucunement cette « bagatelle » comme une bagatelle. Pour Lui, tout est absolument sérieux. Si c’est la maison de Dieu, alors c’est la maison de Dieu. Jusqu’au bout. Sans compromis. Sans se référer à une mauvaise tradition qui contredit la Torah. Sans tenir compte de la commodité ni du profit.

Il ne s’agit pas chez Lui d’une dureté légaliste particulière, ni d’un quelconque rigorisme : il n’y a rien de tel en Lui. Il s’agit du fait qu’Il comprend que, dans la vie spirituelle, et même dans la vie tout court, il n’y a pas de bagatelles. Non parce que Dieu serait tatillon, mais parce que tout compromis divise spirituellement l’homme. Or servir deux maîtres, comme le dit le Sauveur, est sans perspective. Dans le Royaume, en effet, il n’y a qu’un seul Roi : Lui-même, établi sur ce Royaume par Son Père céleste.

Et là, dans la vie du Royaume, il ne peut y avoir de compromis. Simplement parce que c’est toujours une vie en plénitude. Au maximum. Autant qu’on peut contenir, mais sans rabais et sans indulgence. Autrement, il ne sera pas possible de vivre dans le Royaume. Cela signifie que ceux qui cherchent le Royaume feraient mieux de ne pas s’habituer aux compromis. Ne serait-ce que pour ne pas avoir ensuite à s’en déshabituer, longuement et peut-être douloureusement. Comme on se défait parfois douloureusement de mauvaises habitudes et traditions incrustées dans la chair et le sang, entrées dans l’usage, faciles à introduire mais dont il n’est pas si facile ensuite de se libérer.

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