Bible-Centre

La réflexion principale pour le 14 août 2018

Les mots de l'apôtre sur la consolation dans les souffrances peuvent, à première vue, se montrer étranges: car ne peut probablement se réjouir des souffrances qu’un masochiste. Certes, l'histoire (et non seulement chrétienne) connaît beaucoup d'exemples où les gens fidèles à leur idée, restaient fidèles à celle-ci, malgré toutes les persécutions et les épreuves, et étaient fiers de n’avoir pas changé ses principes, quoi qu’il arrive. Mais s’il y a souvent la joie ici, cela n’est bien sûr pas à cause des souffrances elles-mêmes, et le plus souvent pas pendant la souffrance, mais lorsque tout est déjà derrière et on peut, en faisant le bilan, constater la résistance personnelle dans les épreuves pour la foi ou pour l'idée. L'apôtre lui, selon ses mots, parle d'autre chose: de la consolation au moment même de la souffrance, qui est plus grande lorsque la souffrance est plus forte. Il est impossible d’expliquer cela du point de vue des lois du monde non transformé. Mais du point de vue du Royaume et de sa vie, tout se met en place.

Certes la souffrance reste la souffrance, et elle n’apporte bien sûr en soi aucune joie. Mais la souffrance est une partie du monde non transformé, qui se trouve dans le mal, elle est elle-même la manifestation de ce mal, et elle n’a pas de place dans le Royaume. Et en effet, l'apôtre ne parle pas seulement des souffrances, mais des persécutions pour le Christ, pour le témoignage du Royaume. Pour le témoignage, qui n’est possible qu’autant le témoin lui-même s'est initié à la vie de ce Royaume, dont il témoigne. On le persécute notamment par ce qu'il ose vivre dans le monde non transformé d'après les lois du Royaume et en plus exhorte les autres à la même chose. Ce n'est pas étonnant que, plus profond se trouve l’enracinement du témoin dans la vie du Royaume, plus fort le rejette le monde, plus intense sont les persécutions et plus grandes les souffrances.

Mais aussi la vie du Royaume le plus profondément et plus réellement s’éprouve, plus profondément s’enracine le témoin en lui! Voici il éprouve cette vie du Royaume, comme une consolation. En effet, la confession chrétienne, tout comme le martyre rappelle seulement extérieurement ces souffrances et persécutions pour l'idée, dont l'histoire du monde non transformé connaît bien. Le martyr souffre pour l'idée ou même donne sa propre vie seulement en échange de l'assurance dans sa propre justice et au droit de se considérer comme un porte-parole intransigeant et le porteur de son idée.

Certes, parfois cela aussi arrive assez : car certaines idées et certains principes sont peu éloignés du Royaume. Mais le confesseur chrétien souffre, et le martyr donne sa vie terrestre pour l'idée du Royaume, et pour cette plénitude de la vie du Royaume, qu'il perdra, si tente au prix du compromis (et en réalité — le refus du Royaume) de garder sa piteuse ressemblance terrestre. Et Paul, comme on voit, témoigne de ce comme dirait le philosophe moderne, dialectique existentialiste, à partir de l'expérience personnelle du témoin chrétien, le confesseur et le martyr.

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