Le don du « parler en langues », de la « prière en langues » ou simplement le « don des langues », en grec « glossolalie » — est l'un des nombreux dons du Saint-Esprit, qui est donné pour l'édification dans la foi et la croissance de l'Église...
Le don du « parler en langues », de la « prière en langues » ou simplement le « don des langues », en grec « glossolalie » — est l'un des nombreux dons du Saint-Esprit, qui est donné pour l'édification dans la foi et la croissance de l'Église. À différentes époques et dans différentes parties de l'Église, ce don se manifeste de diverses manières, il peut parfois devenir imperceptible ou se transformer visiblement. C'est naturel, car les dons du Saint-Esprit sont toujours donnés dans un but précis — « pour l'édification de l'Église ». Néanmoins, on peut affirmer que, sous une forme ou une autre, ce don existe toujours dans l'Église.
Nous connaissons au moins trois variétés principales de ce don.
Premièrement, c'est le don de parler dans une langue inconnue de celui qui parle. C'est ainsi que parlent les apôtres le jour de la Pentecôte. C'est ainsi que parlent souvent les prédicateurs et les missionnaires, et leur parole atteint le cœur des auditeurs. Il est essentiel que cette forme de glossolalie n'ait lieu que lorsqu'une personne parle de Jésus-Christ, de sa croix et de sa résurrection. De nos jours, ce don est assez rare.
Deuxièmement, la glossolalie peut s'exprimer par le fait qu'une personne dans la prière loue Dieu dans une langue qui n'existe pas parmi les peuples de la Terre. On l'appelle généralement la « langue des anges ». L'amour pour Dieu, la révérence et l'admiration pour Lui envahissent à ce moment-là non seulement le cœur de la personne, mais aussi son esprit et sa sphère émotionnelle... Et soudain, la prière se fond dans des mots incompréhensibles pour la personne elle-même. Selon le témoignage des premiers chrétiens, le Saint-Esprit accorde alors à une autre personne le don d'interprétation, afin que « l'Église ne reste pas sans édification ». Ce don est actuellement assez répandu pour être un phénomène notable dans l'Église.
Cependant, de nos jours, le don d'interprétation est beaucoup plus rare. Cela est peut-être dû au fait que l'édification de l'Église moderne ne se fait pas de la même manière que dans l'Église primitive. Pour comprendre ce don, il est important de garder à l'esprit un certain nombre de points. Le parler dans la langue des anges est donné, en règle générale (bien que pas toujours), par la prière d'autres chrétiens — ceux qui possèdent ce don. De plus, celui qui parle ne comprend généralement pas le sens de ses propres mots. Il ne perçoit qu'un certain sens non verbal de la prière dans laquelle il a commencé à parler dans une telle langue. Dans différentes parties de l'Église, il existe une certaine continuité, de sorte que, d'après la façon dont la glossolalie se manifeste dans la prière d'une personne, on peut comprendre assez précisément dans quelle Église elle a reçu ce don. La glossolalie des pentecôtistes n'est pas la même que celle des catholiques, et la glossolalie des luthériens diffère de la glossolalie des orthodoxes. Souvent, une telle glossolalie ressemble à l'une des langues inconnues de l'homme. Le plus souvent, une telle glossolalie (dans toutes les confessions) est comparée à l'hébreu ancien ou à l'araméen. Il est possible que le Saint-Esprit implique certains aspects inconnus de la personnalité de la personne elle-même... Il est fondamentalement important que cette forme de glossolalie soit donnée pendant la prière et pour la prière, généralement — pour la louange de Dieu.
Troisièmement, il existe une autre forme de glossolalie, étroitement liée à la précédente. Cela devrait plutôt être appelé une prière non verbale. L'apôtre Paul dit à ce sujet que le Saint-Esprit intercède pour nous par des soupirs inexprimables. Cette prière diffère de la forme précédente en ce que les éléments de discours individuels (mots, phrases) n'y sont pas toujours discernables et qu'une telle prière est plus souvent chantée que prononcée. Souvent, elle naît comme le prolongement (et l'intensification) de notre prière habituelle et de la psalmodie. Ce faisant, le Saint-Esprit permet à notre cœur d'aller au-delà des limites du langage humain, et de s'adresser à Dieu d'une autre manière, très personnelle, mais non verbale.
Depuis la plus haute antiquité, cette prière-glossolalie se déroulait principalement pendant les offices liturgiques. C'était une chose tellement courante que les règles liturgiques ecclésiastiques de la seconde moitié du premier millénaire fixent même les moments de l'office où ce don du Saint-Esprit se manifeste habituellement dans la communauté. Certaines règles orthodoxes, y compris les règles russes, conservent de telles indications jusqu'à la fin du XVe siècle. Dans l'ensemble, cependant, à partir de la fin du premier millénaire, cette forme de glossolalie passe plutôt dans le domaine de la création musicale ecclésiastique.
Depuis la fin du XIXe siècle, dans différentes parties de l'Église, le Saint-Esprit a commencé à redonner ces dons de manière visible, bien que différemment. Cela est probablement dû au fait que différentes Églises se sont desséchées à des degrés divers dans la théorisation théologique et ont perdu l'expérience du lien vivant avec l'Esprit. Pour notre édification en cela, le Seigneur renouvelle peut-être ces dons en nous.
Il est important de noter en conclusion que le seul don du Saint-Esprit, qui est inévitablement nécessaire pour la vie de l'Église, sans lequel Elle n'existerait pas — c'est le don de l'amour. Le reste est donné selon les besoins...
1 m) Les chap. 12-14 traitent du bon usage des dons de l’Esprit (charismes), accordés à la communauté comme témoignage visible de la présence de l’Esprit, et pour remédier à la situation anormale d’une jeune communauté dont la foi n’a pas encore transformé la mentalité imprégnée de paganisme. Les Corinthiens sont tentés d’apprécier surtout les dons les plus spectaculaires, et de les utiliser dans une atmosphère anarchique imitée de certaines cérémonies païennes. Paul réagit en précisant qu’ils sont donnés pour le bien de la communauté, et donc ne doivent pas occasionner de rivalités (chap. 12). Puis il montre que la charité les surpasse tous (chap. 13). Enfin, il explique que leur hiérarchie s’établit d’après la contribution qu’ils apportent à l’édification de la communauté (chap. 14).
2 n) Allusion aux phénomènes violents, désordonnés, de certains cultes païens, qui étaient considérés comme le signe de leur authenticité. Au contraire, dans les assemblées chrétiennes, c’est le contenu du discours et non son allure inspirée qui est signe de vérité (v. 3).
6 o) Noter la présentation trinitaire de la pensée, cf. 2 Co 13.13.
8 p) Sans doute le don d’exposer les plus hautes vérités chrétiennes, celles qui ont trait à la vie divine et à la vie de Dieu en nous « l’enseignement parfait » de He 6.1.
8 q) Le don d’exposer les vérités élémentaires du christianisme « l’enseignement élémentaire sur le Christ » de He 6.1.
9 r) La foi à un degré extraordinaire, cf. 13.2.
10 s) Le don de déterminer l’origine (Dieu, la nature, le Malin) des phénomènes charismatiques.
10 t) Le charisme des langues ou « glossolalie » est le don de louer Dieu en proférant, sous l’action de l’Esprit Saint et dans un état plus ou moins extatique, des sons inintelligibles. C’est ce que Paul appelle « parler en langues » (14.5, 6, 18, 23, 39), ou « parler en langue » (14.2, 4, 9, 13, 14, 19, 26, 27). Ce charisme remonte à la toute primitive Église, où il était le premier effet sensible de la descente de l’Esprit dans les âmes. Voir Ac 2.3-4 ; 10.44-46 et 11.15 ; 19.6.
Tandis qu’il écrivait les épîtres aux Thessaloniciens, Paul évangélisait Corinthe durant plus de dix-huit mois, Ac 18.1-18, du printemps 50 à la fin de l’été 51. Selon sa coutume d’agir dans les grands centres, il voulait implanter la foi au Christ dans ce port fameux très peuplé, d’où elle rayonnerait dans toute l’Achaïe, 2 Co 1.1 ; 9.2. De fait, il réussit à y établir, surtout dans les couches modestes de la population, 1 Co 1.26-28, une forte communauté. Mais cette grande ville était un foyer de culture grecque, où s’affrontaient des courants de pensée et de religion fort divers. Le contact de la jeune foi chrétienne avec cette capitale du paganisme devait poser pour les néophytes bien des problèmes délicats. C’est à les résoudre que s’emploie l’Apôtre dans les deux lettres qu’il leur écrit.
La genèse de ces deux épîtres est assez claire, en dépit de quelques points douteux. Une première lettre « précanonique », 1 Co 5.9-13, de date incertaine, n’a pas été conservée. Plus tard, durant le séjour qu’il fit à Éphèse au cours du troisième voyage, durant juste un peu plus de deux ans (52-54), Ac 19.1 ; 20.1, des questions apportées par une délégation de Corinthiens, 1 Co 16.17, auxquelles s’ajoutaient des informations reçues par le moyen d’Apollos, Ac 18.27s ; 1 Co 16.12, et des « gens de Chloé », 1 Co 1.11, poussèrent Paul à écrire une nouvelle lettre, qui est notre 1 Co, aux environs de Pâques 54 (1 Co 5.7s ; 16.5-9). Peu après, une crise dut se produire à Corinthe, où Timothée joua probablement un rôle, (1 Co 4.17 ; 16.10-11) et qui l’obligea à y faire une visite rapide et pénible, 2 Co 1.23–2.1, au cours de laquelle il promit de revenir bientôt, 2 Co 1.15-16. En fait, il ne revint pas et remplaça cette visite par une lettre sévère et écrite « parmi bien des larmes », 2 Co 2.3s, 9, qui produisit un effet salutaire, 2 Co 7.8-13. C’est en Macédoine, après avoir quitté Éphèse à la suite de crises très graves mal connues de nous, 1 Co 15.32 ; 2 Co 1.8-10 ; Ac 19.23-40, que Paul apprit de Tite cet heureux résultat, 2 Co 1.12s ; 7.5-16 ; et c’est alors qu’il écrivit les deux parties de 2 Co, pendant le printemps et l’été de 55. Il devait ensuite repasser par Corinthe, Ac 20.1s, cf. 2 Co 9.5 ; 12.14 ; 13.1, 10, pour de là remonter à Jérusalem et y être fait prisonnier.
Selon certains, 2 Co serait une compilation de plusieurs lettres – jusqu’à cinq – envoyées par Paul à Corinthe en différentes occasions. D’autres, moins impressionnés par les transitions difficiles que cette théorie cherche à expliquer, admettent cependant que les chap. 10-13 ne peuvent être la suite de 1-9. Il est psychologiquement impossible que Paul passe brutalement de la célébration de la réconciliation des chap. 1-9 à l’admonestation amère et aux justifications sarcastiques des chap. 10-13. On a suggéré que les chap. 10-13 pourraient être l’épître écrite dans les larmes, à cause de leur ton sévère, mais cela ne convient guère au contexte. L’épître écrite dans les larmes a été provoquée par la conduite d’un individu, 2 Co :2.5-8, or il n’y est même pas fait allusion dans les chap. 10-13, qui parlent du tort fait aux communautés par les faux apôtres. Il est donc plus probable que ces chapitres ont été déterminés par une détérioration de la situation à Corinthe après l’envoi des chap. 1-9.
Si ces épîtres apportent sur l’âme de Paul et sur ses relations avec ses convertis des lumières d’un extrême intérêt, leur importance doctrinale n’est pas moindre. Nous y trouvons, surtout dans 1 Co, des informations et des décisions sur bien des problèmes cruciaux du christianisme primitif, aussi bien dans sa vie intérieure : pureté des mœurs, 1 Co :5.1-13 ; 6.12-20, mariage et virginité, 1 Co 7.1-40, tenue des assemblées religieuses et célébration de l’eucharistie, 11-12, usage des charismes, 1 Co 12.1–14.40, – que dans ses rapports avec le monde païen : appel aux tribunaux, 1 Co 6.1-11, viandes offertes aux idoles 8-10. Ce qui aurait pu n’être que cas de conscience ou règlements de liturgie devient, grâce au génie de Paul, occasion de vues profondes sur la vraie liberté de la vie chrétienne, la sanctification du corps, le primat de la charité, l’union au Christ. La défense de son apostolat, 2 Co 10-13, lui inspire des pages splendides sur la grandeur du ministère apostolique, 2 Co 2.12 – 6.10 ; et le sujet très concret de la collecte, 2 Co 8-9, est illuminé par l’idéal de l’union entre les Églises. L’horizon eschatologique est toujours présent et sous-tend tout l’exposé sur la résurrection de la chair, 1 Co 15. Mais les descriptions apocalyptiques de 1 Th et 2 Th font place à une discussion plus rationnelle qui justifie cette espérance difficile pour des esprits grecs. Cette adaptation de l’Évangile au monde nouveau où il pénètre se manifeste surtout dans l’opposition de la folie de la Croix à la sagesse hellénique. Aux Corinthiens qui se divisent en s’opposant leurs différents maîtres et leurs talents humains, Paul rappelle qu’il n’y a qu’un seul maître, le Christ, un seul message, le salut par sa croix, et que là est la seule et vraie Sagesse, 1 Co 1.10 – 4.13. Ainsi, par la force des choses et sans renier les perspectives eschatologiques, il est amené à insister davantage sur la vie chrétienne présente, comme union au Christ dans la vraie connaissance qui est celle de la foi. Cette vie que donne la foi, il va l’approfondir encore, et, cette fois, par rapport au judaïsme, à la suite de la crise galate.