16 Voici ceux que David chargea de diriger le chant dans le Temple de Yahvé, lorsque l’arche y eut trouvé le repos. |
17 Ils furent au service du chant devant la demeure de la Tente du Rendez-vous jusqu’à ce que Salomon eût construit à Jérusalem le Temple de Yahvé, et ils remplissaient leur fonction en se conformant à leur règle. |
18 Voici ceux qui étaient en fonction et leurs fils :Parmi les fils de Qehat : Hémân le chantre, fils de Yoël, fils de Samuel, |
19 fils d’Elqana, fils de Yeroham, fils d’Éliel, fils de Toah, |
20 fils de Çuph, fils d’Elqana, fils de Mahat, fils de Amasaï, |
21 fils d’Elqana, fils de Yoël, fils de Azarya, fils de Çephanya, |
22 fils de Tahat, fils d’Assir, fils d’Ébyasaph, fils de Coré, |
23 fils de Yiçhar, fils de Qehat, fils de Lévi, fils d’Israël. |
24 Son frère Asaph se tenait à sa droite : Asaph, fils de Bérékyahu, fils de Shiméa, |
25 fils de Mikaël, fils de Baaséya, fils de Malkiyya, |
26 fils d’Etni, fils de Zérah, fils d’Adaya, |
27 fils d’Étân, fils de Zimma, fils de Shiméï, |
28 fils de Yahat, fils de Gershom, fils de Lévi. |
29 À gauche, leurs frères, fils de Merari : Étân, fils de Qishi, fils d’Abdi, fils de Malluk, |
30 fils de Hashabya, fils d’Amaçya, fils de Hilqiyya, |
31 fils d’Amçi, fils de Bani, fils de Shémer, |
32 fils de Mahli, fils de Mushi, fils de Merari, fils de Lévi. |
33 Leurs frères les lévites étaient entièrement adonnés au service de la Demeure du Temple de Dieu. |
34 Aaron et ses fils faisaient fumer les offrandes sur l’autel des holocaustes et sur l’autel des parfums ; ils s’occupaient exclusivement des choses très saintes et du rite d’expiation sur Israël ; ils se conformaient à tout ce qu’avait ordonné Moïse, serviteur de Dieu. |
35 Voici les fils d’Aaron : Éléazar son fils, Pinhas son fils, Abishua son fils, |
36 Buqqi son fils, Uzzi son fils, Zerahya son fils, |
37 Merayot son fils, Amarya son fils, Ahitub son fils, |
38 Sadoq son fils, Ahimaaç son fils. |
39 Voici leurs lieux d’habitation, selon les limites de leurs campements.Aux fils d’Aaron, du clan de Qehat (car c’est sur eux que tomba le sort), |
40 on donna Hébron, dans le pays de Juda, avec les pâturages environnants. |
41 On donna la campagne et ses villages à Caleb, fils de Yephunné, |
42 mais on donna aux fils d’Aaron les villes de refuge : Hébron, Libna et ses pâturages, Yattir, Eshtemoa et ses pâturages, |
43 Hilaz et ses pâturages, Debir et ses pâturages, |
44 Ashân et ses pâturages, Bet-Shémesh et ses pâturages. |
45 Sur la tribu de Benjamin on leur donna Géba et ses pâturages, Alémèt et ses pâturages, Anatot et ses pâturages. Leurs clans comprenaient en tout treize villes. |
46 Les autres fils de Qehat obtinrent au sort dix villes prises aux clans de la tribu, de la demi-tribu, moitié de Manassé. |
47 Les fils de Gershom et leurs clans obtinrent treize villes prises sur la tribu d’Issachar, la tribu d’Asher, la tribu de Nephtali et la tribu de Manassé en Bashân. |
48 Les fils de Merari et leurs clans obtinrent au sort douze villes prises sur la tribu de Ruben, la tribu de Gad et la tribu de Zabulon. |
49 Les fils d’Israël attribuèrent aux lévites ces villes avec leurs pâturages. |
50 Sur les tribus des fils de Juda, des fils de Siméon et des fils de Benjamin, ils attribuèrent aussi par tirage au sort les villes auxquelles ils donnèrent leurs noms. |
51 C’est sur la tribu d’Éphraïm que furent prises les villes du territoire de quelques clans des fils de Qehat. |
52 On leur donna les villes de refuge suivantes : Sichem et ses pâturages dans la montagne d’Éphraïm, Gézer et ses pâturages, |
53 Yoqméam et ses pâturages, Bet-Horôn et ses pâturages, |
54 Ayyalôn et ses pâturages, Gat-Rimmôn et ses pâturages, |
55 ainsi que sur la demi-tribu de Manassé : Aner et ses pâturages, Bileam et ses pâturages. Ceci pour le clan des autres fils de Qehat. |
56 Pour les fils de Gershom, on prit, sur les clans de la demi-tribu de Manassé, Golân en Bashân et ses pâturages, Ashtarot et ses pâturages, — |
57 sur la tribu d’Issachar, Cadès et ses pâturages, Daberat et ses pâturages, |
58 Ramot et ses pâturages, Anem et ses pâturages, — |
59 sur la tribu d’Asher, Mashal et ses pâturages, Abdôn et ses pâturages, |
60 Huqoq et ses pâturages, Rehob et ses pâturages, — |
61 sur la tribu de Nephtali, Qédesh en Galilée et ses pâturages, Hammôn et ses pâturages, Qiryatayim et ses pâturages. |
62 Pour les autres fils de Merari : sur la tribu de Zabulon : Rimmôn et ses pâturages, Tabor et ses pâturages, — |
63 au-delà du Jourdain vers Jéricho, à l’orient du Jourdain, sur la tribu de Ruben : Béçer dans le désert et ses pâturages, Yahça et ses pâturages, |
64 Qedémot et ses pâturages, Mephaat et ses pâturages, — |
65 sur la tribu de Gad : Ramot en Galaad et ses pâturages, Mahanayim et ses pâturages, |
66 Heshbôn et ses pâturages, Yazèr et ses pâturages. |
16 o) Dans la ligne d’Os 14.3 ; Isa 12 ; 25-26, sans doute Ml 1.11, le Chroniste voit dans le chant sacré (louange, confession, action de grâces), l’essentiel du culte sacrificiel. Il en rattache l’institution à David.
18 p) Les trois chantres de David, Hémân, Asaph et Etân (Yedutûn en 25.1, 3, cf. chap. 16) sont rattachés ici aux trois lignées lévitiques de Qehat, Gershom et Merari. En fait, Hémân et Etân sont mentionnés comme d’anciens sages-chantres en 1 R 5.11, et Etân y est appelé « l’indigène », comme Hémân dans les titres des Ps 88 et 89 il semble que le Temple de Jérusalem a d’abord fait appel à des experts cananéens. — Le rattachement d’Hémân et Etân à la lignée de Juda, 2.6, doit être dû à une confusion entre le mot ’ezrah, « l’indigène » et le nom de Zérah, fils de Juda, cf. Gn 38.30 ; 46.12.
L’Ancien Testament comprend un second groupe de livres historiques, qui doublent en grande partie et ensuite prolongent l’histoire deutéronomiste qui s’étend de Josué à la fin des Rois. Ce sont les deux livres des Chroniques, puis celui d’Esdras et, selon l’opinion commune, celui de Néhémie. Les deux livres des Chroniques n’en formaient primitivement qu’un seul et les livres d’Esdras et de Néhémie faisaient partie du même ensemble, œuvre d’un seul auteur. Non seulement on y retrouve le même style et les mêmes idées fondamentales, mais la répétition, au début de Esd 1, des versets qui terminent 2 Ch 36 certifie l’unité de composition.
Les livres des Chroniques (d’après le titre hébreu ; la Bible grecque et la Vulgate les appellent « Paralipomènes », c’est-à-dire les livres qui donnent les « choses omises », qui apportent un complément) sont donc une œuvre du judaïsme postexilique, d’une époque où le peuple, privé de son indépendance politique, jouissait cependant d’une sorte d’autonomie reconnue par les maîtres de l’Orient : il vivait sous la direction de ses prêtres, selon les règles de sa loi religieuse. Le Temple et ses cérémonies étaient le centre de la vie nationale. Mais ce cadre légaliste et rituel est vivifié par un courant de piété personnelle, par les doctrines de sagesse, par le souvenir des gloires ou des défaillances du passé et la confiance dans les promesses des prophètes.
L’auteur des Chroniques, un lévite de Jérusalem, appartient profondément à ce milieu.
Il écrit après Esdras et Néhémie, notablement plus tard puisqu’il peut combiner à sa guise les sources qui les concernent. Le début de l’époque grecque, avant 300 av. J.-C., paraît être la date la plus vraisemblable. L’ouvrage reçut ensuite des additions, venant d’une ou de plusieurs mains, en particulier les tables généalogiques de 1 Ch 2-9 furent augmentées et des listes nominatives furent ajoutées, probablement celles des partisans de David, 12, celles des prêtres et des lévites, 15, et la longue addition de 1 Ch 23.3 – 27.34, qui recense le personnel cultuel et administratif de David.
Ces compléments, qui peuvent avoir utilisé de bons documents, restent dans la ligne de pensée du Chroniste.
Il manifeste un grand intérêt pour le Temple. Le clergé joue dans son œuvre un rôle prééminent, non seulement les prêtres et les lévites, selon l’esprit du Deutéronome et des textes sacerdotaux du Pentateuque, mais les classes inférieures du clergé, les portiers et les chantres, désormais assimilés aux lévites. La sanctification du clergé s’étend aux laïcs par leur participation aux sacrifices de communion, qui retrouvent chez le Chroniste leur importance ancienne. Cette communauté sainte n’est pas restreinte aux seuls Judéens : par-delà l’apostasie du royaume d’Israël, dont il parle le moins possible, il retrouve les Douze Tribus unies sous le sceptre de David et, au-delà des circonstances présentes, il attend la réunion de tous les fils d’Israël. Les païens eux-mêmes ne sont pas exclus de la prière du Temple. « Israël » est pour lui tout le peuple fidèle, avec qui Dieu avait fait alliance autrefois, avec qui il a renouvelé cette alliance en la personne de David. C’est sous David que se sont le mieux réalisées les conditions du règne de Dieu sur la terre, de la théocratie ; c’est dans l’esprit de David que la communauté doit vivre, avec un constant souci de réforme qui est un retour aux traditions, pour que Dieu lui garde sa faveur et accomplisse les promesses.
Le centre permanent d’intérêt de cette longue histoire est le Temple de Jérusalem et son culte, depuis les préparations sous David jusqu’à la restauration accomplie par la communauté revenue de l’Exil.
Ces grandes pensées du Chroniste expliquent la composition de son ouvrage. Les premiers chapitres, 1 Ch 1-9, donnent des listes généalogiques qui s’attardent davantage sur la tribu de Juda et la descendance de David, sur les lévites, sur les habitants de Jérusalem. Cela sert d’introduction à l’histoire de David qui occupe toute la fin du premier livre, 10-29. Les démêlés avec Saül sont omis, comme la faute avec Bethsabée, les drames de famille et les révoltes, mais la prophétie de Natân est mise en relief, 1 Ch 17, et une place considérable est faite aux institutions religieuses : transport de l’arche et organisation du culte à Jérusalem, 13, 15-16, préparatifs pour la construction du Temple, 21-29. David a dressé le plan, assemblé les matériaux, réglé les fonctions du clergé jusque dans les détails, et il a laissé la réalisation à son fils Salomon. Dans l’histoire de celui-ci, 2 Ch 1-9, la construction du Temple, la prière du roi lors de la dédicace et les promesses que Dieu fait en réponse occupent la plus grande place. À partir du schisme, le Chroniste ne se préoccupe que du royaume de Juda et de la dynastie davidique. Les rois sont jugés d’après leur fidélité ou leur infidélité aux principes de l’alliance, selon qu’ils se rapprochent ou s’écartent du modèle donné par David, 2 Ch 10-36. Les désordres sont suivis de réformes, dont les plus profondes sont celles d’Ézéchias et de Josias ; ce dernier roi a des successeurs impies qui précipitent le désastre, mais les Chroniques s’achèvent par la permission donnée par Cyrus de reconstruire le Temple. On a dit qu’elles se continuaient par les livres d’Esdras et de Néhémie.
Pour écrire cette histoire, l’auteur s’est servi d’abord des livres canoniques, ceux de la Genèse et des Nombres pour les listes du début, surtout ceux de Samuel et des Rois. Il les utilise librement, il choisit ce qui va à son propos, il ajoute et retranche. Cependant il ne cite jamais ces sources essentielles que nous pouvons vérifier. En revanche, il se réfère à un certain nombre d’autres ouvrages, des « livres » des rois d’Israël ou des rois d’Israël et de Juda, un « midrash » du livre des Rois, des « paroles » ou des « visions » de tel ou tel prophète. Ces écrits nous sont inconnus et on discute sur leur contenu et leurs relations mutuelles. Ils décrivaient probablement les différents règnes à la lumière des interventions prophétiques. Il est douteux que le Chroniste ait utilisé aussi des traditions orales.
Puisque le Chroniste a eu des sources que nous ignorons et qui pouvaient être dignes de foi, il n’y a pas lieu de suspecter en principe tout ce qu’il ajoute aux livres canoniques que nous connaissons. Chaque cas doit être examiné pour lui-même et des recherches récentes ont, sur plusieurs points, vengé le Chroniste du discrédit où le tenaient beaucoup d’exégètes. Mais il arrive aussi qu’il donne des informations incompatibles avec le tableau que tracent Samuel ou les Rois, ou bien qu’il modifie sciemment ce que disent ces derniers livres. Ce procédé – qui serait inexcusable chez un historien moderne dont la mission est de raconter, en l’expliquant, l’enchaînement des faits – se justifie par l’intention de l’auteur : il n’est pas un historien, il est un théologien qui, à la lumière des expériences anciennes et d’abord de l’expérience davidique, « pense » les conditions du royaume idéal ; il fait confluer dans une synthèse le passé, le présent et l’avenir : il projette à l’époque de David toute l’organisation cultuelle qu’il a sous les yeux, il omet tout ce qui pourrait amoindrir son héros. En dehors des informations nouvelles qu’il contient et dont on peut éprouver la valeur, son ouvrage vaut moins pour une reconstitution du passé que comme un tableau de l’état et des préoccupations de son époque.
Car il écrit pour ses contemporains. Il leur rappelle que la vie de la nation dépend de sa fidélité à Dieu et que cette fidélité s’exprime par l’obéissance à la Loi et la régularité d’un culte animé par la vraie piété. Il veut faire de son peuple une communauté sainte, pour laquelle se réaliseront les promesses faites à David. Les hommes religieux du judaïsme contemporain du Christ vivront de son esprit, avec parfois des déviations qu’il n’avait pas prévues. Son enseignement sur la primauté du spirituel et sur la conduite par Dieu de tous les événements du monde a une valeur permanente.