Si tout travail est vain sans la participation du Seigneur, qu'en découle-t-il ? Il serait tentant d'interpréter les paroles sur le sommeil qu'Il donne à Son bien-aimé comme signifiant que celui qui met en Lui son espérance peut vivre comme Émélia, paresseusement couché sur son poêle. Pourquoi se livrer aux vaines affaires terrestres ? Ne vaudrait-il pas mieux s'étendre spirituellement et rejeter tous ses soucis sur Dieu ?
Mais le Seigneur ne bénit ni la paresse ni l'apathie. Si le travail s'accomplit devant Sa face et si notre service terrestre devient un service qui Lui est rendu, alors ce travail ne peut être ni vain ni dépourvu de sens. Il est certes difficile de discerner la participation de Dieu à nos travaux ; d'ordinaire, nous n'en remarquons que la part humaine. Mais cela n'a rien d'étonnant, car ce qui est principal et décisif demeure souvent invisible et peut paraître tout à fait naturel.
C'est pourquoi le psalmiste nomme comme principale récompense du Seigneur ce qui est à la fois si naturel et si mystérieux : les enfants, gage de la continuité et du caractère indestructible de la vie qu'Il a créée.
