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La Bible en cinq ans pour le 14 septembre 2017

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Rois, Chapitre 14

IV. Les deux royaumes jusqu’à Élie> 1 Suite du règne de Jéroboam I er (931-910)., 21 Règne de Roboam (931-913).
1 En ce temps-là, le fils de Jéroboam, Abiyya, tomba malade,
2 et Jéroboam dit à sa femme : « Lève-toi, je te prie, déguise-toi pour qu’on ne reconnaisse pas que tu es la femme de Jéroboam et va à Silo. Il y a là le prophète Ahiyya : c’est lui qui a prédit que je régnerais sur ce peuple.
3 Prends avec toi dix pains, des friandises et un pot de miel, et va vers lui : il t’apprendra ce qui doit arriver à l’enfant. »
4 Ainsi fit la femme de Jéroboam : elle se leva, alla à Silo et entra chez Ahiyya. Or celui-ci ne pouvait pas voir, ayant le regard fixe à cause de son grand âge,
5 mais Yahvé lui avait dit : « Voici que la femme de Jéroboam vient solliciter de toi un oracle pour son fils, car il est malade ; tu lui parleras de telle et telle manière. Elle viendra en se donnant pour une autre. »
6 Dès qu’Ahiyya entendit le bruit de ses pas à la porte, il dit : « Entre, femme de Jéroboam. Pourquoi donc te donner pour une autre, quand j’ai un dur message pour toi ?
7 Va dire à Jéroboam : « Ainsi parle Yahvé, Dieu d’Israël : Je t’ai tiré du milieu du peuple et t’ai établi comme chef sur mon peuple Israël,
8 j’ai arraché le royaume à la maison de David et je te l’ai donné. Mais tu n’as pas été comme mon serviteur David qui a observé mes commandements et qui m’a suivi de tout son cœur, ne faisant que ce qui me plaît ;
9 tu as agi plus mal que tous tes prédécesseurs, tu es allé te fabriquer d’autres dieux, des idoles fondues, pour mon irritation, et tu m’as jeté derrière ton dos.
10 C’est pourquoi je vais faire venir le malheur sur la maison de Jéroboam, j’exterminerai tous les mâles de la famille de Jéroboam, liés ou libres en Israël, je balaierai la maison de Jéroboam comme on balaie complètement l’ordure.
11 Ceux de la famille de Jéroboam qui mourront dans la ville seront mangés par les chiens, et ceux qui mourront dans la campagne seront mangés par les oiseaux du ciel, car Yahvé a parlé. »
12 Pour toi, lève-toi et va chez toi : au moment où tes pieds entreront dans la ville, l’enfant mourra.
13 Tout Israël fera son deuil et on l’ensevelira. En effet ce sera le seul de la famille de Jéroboam qui sera mis dans un sépulcre, car en lui seul se sera trouvé quelque chose d’agréable à Yahvé, Dieu d’Israël, dans la maison de Jéroboam.
14 Yahvé établira un roi sur Israël qui exterminera la maison de Jéroboam. C’est aujourd’hui, oui ! C’est même maintenant !
15 Yahvé frappera Israël, comme dans l’eau vacille le roseau, il arrachera Israël de ce bon pays qu’il a donné à ses pères et le dispersera de l’autre côté du Fleuve, parce qu’ils ont fait leurs pieux sacrés pour l’irritation de Yahvé.
16 Il abandonnera Israël à cause des péchés que Jéroboam a commis et qu’il a fait commettre à Israël. »
17 La femme de Jéroboam se leva et partit. Elle arriva à Tirça et, lorsqu’elle franchit le seuil de la maison, l’enfant était déjà mort.
18 On l’ensevelit et tout Israël fit son deuil, comme avait dit Yahvé, par le ministère de son serviteur le prophète Ahiyya.
19 Le reste de l’histoire de Jéroboam, comment il guerroya et régna, cela est écrit au livre des Annales des rois d’Israël.
20 La durée du règne de Jéroboam fut de vingt-deux années, puis il se coucha avec ses pères et son fils Nadab régna à sa place.
21 Roboam fils de Salomon devint roi sur Juda ; il avait quarante et un ans à son avènement et régna dix-sept ans à Jérusalem, la ville que, dans toutes les tribus d’Israël, Yahvé avait choisie pour y placer son Nom. Sa mère s’appelait Naama, l’Ammonite.
22 Juda fit ce qui déplaît à Yahvé : ils irritèrent sa jalousie plus que n’avaient fait leurs pères avec tous les péchés qu’ils avaient commis,
23 eux qui s’étaient construit des hauts lieux, avaient dressé des stèles et des pieux sacrés sur toute colline élevée et sous tout arbre verdoyant.
24 Même il y eut des prostitués sacrés dans le pays. Il imita toutes les ignominies des nations que Yahvé avait chassées devant les Israélites.
25 La cinquième année du roi Roboam, le roi d’Égypte, Sheshonq, marcha contre Jérusalem.
26 Il se fit livrer les trésors du Temple de Yahvé et ceux du palais royal, absolument tout, jusqu’à tous les boucliers d’or qu’avait faits Salomon.
27 À leur place, le roi Roboam fit des boucliers de bronze et les confia aux chefs des gardes, qui veillaient à la porte du palais royal.
28 Chaque fois que le roi allait au Temple de Yahvé, les gardes les prenaient puis il les rapportaient à la salle des gardes.
29 Le reste de l’histoire de Roboam, tout ce qu’il a fait, cela n’est-il pas écrit au livre des Annales des rois de Juda ?
30 Il y eut tout le temps guerre entre Roboam et Jéroboam.
31 Roboam se coucha avec ses pères et on l’enterra auprès de ses pères dans la Cité de David. Le nom de sa mère était Naama, l’Ammonite. Son fils Abiyyam régna à sa place.
Lire la suite:1 Rois, Chapitre 15
Notes:
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Notes sur la partie

9 u) C’est la réaction du pur yahvisme les veaux d’or de Jéroboam (qui voulait les faire servir au culte de Yahvé, 12.28) ne peuvent représenter Yahvé et ne sont que de « faux dieux ».


10 v) Littéralement « ceux qui urinent contre le mur ».


10 w) Deux mots du langage juridique, correspondant à peu près à nos notions de « mineurs-majeurs ».


11 x) Ces expressions désignent la privation de sépulture ; cf. en contraste le v. 13.


14 y) « C’est aujourd’hui... » probablement glose des v. 14-15 par un exilé.


17 z) Première capitale du royaume d’Israël avant la fondation de Samarie, 16.24. Aujourd’hui le tell el-Fâr`ah, au nord de Naplouse.


25 a) Premier pharaon de la XXIIe dynastie. Il semble avoir fait une campagne en Palestine, épargnant la Judée (en raison sans doute du tribut payé par Roboam).


27 b) Les gardes du corps (ou « coureurs », cf. 1.5) qui escortaient le char royal.


Comme ceux de Samuel, les livres des Rois ne formaient d’abord qu’un ouvrage de la Bible hébraïque. Ils correspondent aux deux derniers livres des Règnes dans la traduction grecque et des Rois dans la Vulgate.

Ils font immédiatement suite aux livres de Samuel et 1 R 1-2 contient la fin du grand document de 2 S 9-20. Le long récit du règne de Salomon, 1 R 3-11, détaille l’excellence de sa sagesse, la splendeur de ses constructions, surtout du Temple de Jérusalem, l’étendue de ses richesses. C’est une époque glorieuse, certes, mais l’esprit conquérant du règne de David a disparu : on conserve, on organise, surtout on exploite. L’opposition entre les deux fractions du peuple se maintient et, à la mort de Salomon, en 931, le royaume se divise : les dix tribus du Nord font une sécession aggravée d’un schisme religieux, 1 R 12-13. L’histoire parallèle des deux royaumes d’Israël et de Juda se développe de 1 R 14 à 2 R 17 : c’est souvent l’histoire des luttes entre ces royaumes frères, c’est aussi celle des assauts extérieurs de l’Égypte contre Juda et des Araméens dans le Nord. Le danger devient plus pressant quand les armées assyriennes interviennent dans la région, d’abord au IXe siècle, plus fortement au VIIIe siècle, où Samarie tombe sous leurs coups en 721, cependant que Juda s’est déjà déclaré vassal. L’histoire de Juda seul se continue jusqu’à la ruine de Jérusalem en 587 dans 2 R 18-25.21. Le récit s’étend surtout sur deux règnes, celui d’Ézéchias, 2 R 18-20, et celui de Josias 2 R 22-23, marqués par un réveil national et une réforme religieuse. Les grands événements politiques sont alors l’invasion de Sennachérib sous Ézéchias en 701, en réponse au refus du tribut assyrien, et, sous Josias, la ruine de l’Assyrie et la formation de l’empire chaldéen. Juda dut se soumettre aux nouveaux maîtres de l’Orient, mais se révolta bientôt. Le châtiment ne tarda pas : en 597, les armées de Nabuchodonosor prirent Jérusalem et déportèrent une partie de ses habitants ; dix ans après, un sursaut d’indépendance amena une nouvelle intervention de Nabuchodonosor, qui s’acheva en 587 par la ruine de Jérusalem et une seconde déportation. Les Rois s’achèvent par deux courts appendices, 2 R 25.22-30.

L’ouvrage cite nommément trois de ses sources, une Histoire de Salomon, les Annales des rois d’Israël et les Annales des rois de Juda, mais il en eut d’autres : outre la fin du grand document davidique, 1 R 1-2, une description du Temple, d’origine sacerdotale, 1 R 6-7, surtout une histoire d’Élie composée vers la fin du IXe siècle et une histoire d’Élisée un peu postérieure ; ces deux histoires sont à la base des cycles d’Élie, 1 R 17 – 2 R 1, et d’Élisée, 2 R 2-13. Les récits du règne d’Ézéchias qui mettent en scène Isaïe, 2 R 18.17-20.19, proviennent des disciples de ce prophète.

Lorsque l’utilisation des sources n’y contrevient pas, les événements sont enfermés dans un cadre uniforme : chaque règne est traité pour lui-même et entièrement, le début et la fin des règnes sont marqués par des formules à peu près constantes, où ne manque jamais un jugement sur la conduite religieuse du roi. Tous les rois d’Israël sont condamnés à cause du « péché originel » de ce royaume, la fondation du sanctuaire de Béthel ; parmi les rois de Juda, huit seulement sont loués pour leur fidélité générale aux prescriptions de Yahvé. Mais cette louange est six fois restreinte par la remarque que « les hauts lieux ne disparurent pas »; seuls Ézéchias et Josias reçoivent une approbation sans réserve.

Ces jugements s’inspirent évidemment de la loi du Deutéronome sur l’unité du sanctuaire. Il y a davantage : la découverte du Deutéronome sous Josias et la réforme religieuse qu’elle inspira marquent le point culminant de toute cette histoire, et l’ouvrage entier est une démonstration de la thèse fondamentale du Deutéronome, qui est reprise dans 1 R 8 et 2 R 17 : si le peuple observe l’alliance conclue avec Dieu, il sera béni, s’il la transgresse, il sera châtié. Cette influence deutéronomiste se retrouve dans le style, chaque fois que le rédacteur développe ou commente ses sources.

Il est vraisemblable qu’une première rédaction deutéronomiste fut faite avant l’Exil, avant la mort de Josias à Megiddo en 609, et la louange décernée à ce roi, 2 R 23.25 (moins les derniers mots), serait la conclusion de l’ouvrage primitif. Une seconde édition, également deutéronomiste, fut donnée pendant l’Exil, après 562 Si on lui attribue la fin actuelle du livre, 2 R 25.22-30, un peu plus tôt si on l’arrête après le récit de la seconde déportation, 2 R 25.21, qui a l’allure d’une conclusion. Il y eut enfin quelques additions, pendant et après l’Exil.

Les livres des Rois doivent être lus dans l’esprit où ils ont été écrits, comme une histoire du salut. L’ingratitude du peuple élu, la ruine successive des deux fractions de la nation paraissent tenir en échec le plan de Dieu, mais il y a toujours pour sauvegarder l’avenir du groupe de fidèles qui n’ont pas plié le genou devant Baal, un reste de Sion qui garde l’Alliance. La stabilité des résolutions divines se manifeste dans la permanence étonnante de la lignée davidique, dépositaire des promesses messianiques, et le livre, sous sa forme dernière, se clôt sur la grâce fait à Joiakîn, comme sur l’aurore d’une rédemption.

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