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La Bible en cinq ans pour le 29 août 2017

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Rois, Chapitre 1,  vers 32-53

I. La succession de David> 28 Salomon désigné par David est sacré roi., 41 La peur d’Adonias.
32 Puis le roi David dit : « Appelez-moi le prêtre Sadoq, le prophète Natân et Benayahu fils de Yehoyada. » Ils entrèrent chez le roi
33 et celui-ci leur dit : « Prenez avec vous la garde royale, faites monter mon fils Salomon sur ma propre mule et faites-le descendre à Gihôn.
34 Là, le prêtre Sadoq et le prophète Natân lui donneront l’onction comme roi d’Israël, vous sonnerez du cor et vous crierez : « Vive le roi Salomon ! »
35 Vous remonterez à sa suite, il entrera s’asseoir sur mon trône et régnera à ma place, car c’est lui que j’ai institué chef sur Israël et sur Juda. »
36 Benayahu fils de Yehoyada répondit au roi : « Amen ! Que parle ainsi Yahvé, le Dieu de Monseigneur le roi !
37 Comme Yahvé a été avec Monseigneur le roi, qu’il soit avec Salomon et qu’il magnifie son trône encore plus que le trône de Monseigneur le roi David ! »
38 Le prêtre Sadoq, le prophète Natân, Benayahu fils de Yehoyada, les Kérétiens et les Pélétiens descendirent ; ils mirent Salomon sur la mule du roi David et ils le menèrent à Gihôn.
39 Le prêtre Sadoq prit dans la Tente la corne d’huile et oignit Salomon, on sonna du cor et tout le peuple cria : « Vive le roi Salomon ! »
40 Puis tout le peuple monta à sa suite, et le peuple jouait de la flûte et manifestait une grande joie, avec des clameurs à fendre la terre.
41 Adonias et tous ses convives entendirent le bruit ; ils avaient alors fini de manger. Joab entendit même le son du cor et demanda : « Pourquoi cette rumeur de la ville en émoi ? »
42 Comme il parlait encore, voici qu’arriva Yonatân, le fils du prêtre Ébyatar, et Adonias dit : « Viens ! car tu es un honnête homme et tu dois apporter une bonne nouvelle. »
43 Yonatân répondit : « Ah oui ! notre seigneur le roi David a fait roi Salomon !
44 Le roi a envoyé avec lui le prêtre Sadoq, le prophète Natân, Benayahu fils de Yehoyada, les Kérétiens et les Pélétiens, ils l’ont mis sur la mule du roi,
45 le prêtre Sadoq et le prophète Natân l’ont sacré roi à Gihôn, ils sont remontés de là en poussant des cris de joie et la ville est en émoi ; voilà le bruit que vous avez entendu.
46 Plus que cela : Salomon s’est assis sur le trône royal,
47 et les officiers du roi sont venus féliciter notre seigneur le roi David en disant : « Que ton Dieu glorifie le nom de Salomon plus encore que ton nom et qu’il exalte son trône plus que le tien ! » et le roi s’est prosterné sur son lit,
48 et puis il a parlé ainsi : « Béni soit Yahvé, Dieu d’Israël, qui a permis que mes yeux voient aujourd’hui quelqu’un assis sur mon trône. » »
49 Alors tous les invités d’Adonias furent pris de panique, ils se levèrent et partirent chacun de son côté.
50 Pour Adonias, il eut peur de Salomon, il se leva et s’en alla saisir les cornes de l’autel.
51 On en informa ainsi Salomon : « Voici qu’Adonias a eu peur du roi Salomon et qu’il a saisi les cornes de l’autel en disant : Que le roi Salomon me jure aujourd’hui qu’il ne fera pas mourir son serviteur par l’épée. »
52 Salomon dit : « S’il se conduit en honnête homme, pas un de ses cheveux ne tombera à terre, mais si on le trouve en défaut, alors il mourra. »
53 Et Salomon ordonna qu’on le fît descendre de l’autel ; il vint se prosterner devant Salomon qui lui dit : « Va dans ta maison. »
Lire la suite:1 Rois, Chapitre 2
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

48 f) Le grec précise « un de mes descendants ».


Comme ceux de Samuel, les livres des Rois ne formaient d’abord qu’un ouvrage de la Bible hébraïque. Ils correspondent aux deux derniers livres des Règnes dans la traduction grecque et des Rois dans la Vulgate.

Ils font immédiatement suite aux livres de Samuel et 1 R 1-2 contient la fin du grand document de 2 S 9-20. Le long récit du règne de Salomon, 1 R 3-11, détaille l’excellence de sa sagesse, la splendeur de ses constructions, surtout du Temple de Jérusalem, l’étendue de ses richesses. C’est une époque glorieuse, certes, mais l’esprit conquérant du règne de David a disparu : on conserve, on organise, surtout on exploite. L’opposition entre les deux fractions du peuple se maintient et, à la mort de Salomon, en 931, le royaume se divise : les dix tribus du Nord font une sécession aggravée d’un schisme religieux, 1 R 12-13. L’histoire parallèle des deux royaumes d’Israël et de Juda se développe de 1 R 14 à 2 R 17 : c’est souvent l’histoire des luttes entre ces royaumes frères, c’est aussi celle des assauts extérieurs de l’Égypte contre Juda et des Araméens dans le Nord. Le danger devient plus pressant quand les armées assyriennes interviennent dans la région, d’abord au IXe siècle, plus fortement au VIIIe siècle, où Samarie tombe sous leurs coups en 721, cependant que Juda s’est déjà déclaré vassal. L’histoire de Juda seul se continue jusqu’à la ruine de Jérusalem en 587 dans 2 R 18-25.21. Le récit s’étend surtout sur deux règnes, celui d’Ézéchias, 2 R 18-20, et celui de Josias 2 R 22-23, marqués par un réveil national et une réforme religieuse. Les grands événements politiques sont alors l’invasion de Sennachérib sous Ézéchias en 701, en réponse au refus du tribut assyrien, et, sous Josias, la ruine de l’Assyrie et la formation de l’empire chaldéen. Juda dut se soumettre aux nouveaux maîtres de l’Orient, mais se révolta bientôt. Le châtiment ne tarda pas : en 597, les armées de Nabuchodonosor prirent Jérusalem et déportèrent une partie de ses habitants ; dix ans après, un sursaut d’indépendance amena une nouvelle intervention de Nabuchodonosor, qui s’acheva en 587 par la ruine de Jérusalem et une seconde déportation. Les Rois s’achèvent par deux courts appendices, 2 R 25.22-30.

L’ouvrage cite nommément trois de ses sources, une Histoire de Salomon, les Annales des rois d’Israël et les Annales des rois de Juda, mais il en eut d’autres : outre la fin du grand document davidique, 1 R 1-2, une description du Temple, d’origine sacerdotale, 1 R 6-7, surtout une histoire d’Élie composée vers la fin du IXe siècle et une histoire d’Élisée un peu postérieure ; ces deux histoires sont à la base des cycles d’Élie, 1 R 17 – 2 R 1, et d’Élisée, 2 R 2-13. Les récits du règne d’Ézéchias qui mettent en scène Isaïe, 2 R 18.17-20.19, proviennent des disciples de ce prophète.

Lorsque l’utilisation des sources n’y contrevient pas, les événements sont enfermés dans un cadre uniforme : chaque règne est traité pour lui-même et entièrement, le début et la fin des règnes sont marqués par des formules à peu près constantes, où ne manque jamais un jugement sur la conduite religieuse du roi. Tous les rois d’Israël sont condamnés à cause du « péché originel » de ce royaume, la fondation du sanctuaire de Béthel ; parmi les rois de Juda, huit seulement sont loués pour leur fidélité générale aux prescriptions de Yahvé. Mais cette louange est six fois restreinte par la remarque que « les hauts lieux ne disparurent pas »; seuls Ézéchias et Josias reçoivent une approbation sans réserve.

Ces jugements s’inspirent évidemment de la loi du Deutéronome sur l’unité du sanctuaire. Il y a davantage : la découverte du Deutéronome sous Josias et la réforme religieuse qu’elle inspira marquent le point culminant de toute cette histoire, et l’ouvrage entier est une démonstration de la thèse fondamentale du Deutéronome, qui est reprise dans 1 R 8 et 2 R 17 : si le peuple observe l’alliance conclue avec Dieu, il sera béni, s’il la transgresse, il sera châtié. Cette influence deutéronomiste se retrouve dans le style, chaque fois que le rédacteur développe ou commente ses sources.

Il est vraisemblable qu’une première rédaction deutéronomiste fut faite avant l’Exil, avant la mort de Josias à Megiddo en 609, et la louange décernée à ce roi, 2 R 23.25 (moins les derniers mots), serait la conclusion de l’ouvrage primitif. Une seconde édition, également deutéronomiste, fut donnée pendant l’Exil, après 562 Si on lui attribue la fin actuelle du livre, 2 R 25.22-30, un peu plus tôt si on l’arrête après le récit de la seconde déportation, 2 R 25.21, qui a l’allure d’une conclusion. Il y eut enfin quelques additions, pendant et après l’Exil.

Les livres des Rois doivent être lus dans l’esprit où ils ont été écrits, comme une histoire du salut. L’ingratitude du peuple élu, la ruine successive des deux fractions de la nation paraissent tenir en échec le plan de Dieu, mais il y a toujours pour sauvegarder l’avenir du groupe de fidèles qui n’ont pas plié le genou devant Baal, un reste de Sion qui garde l’Alliance. La stabilité des résolutions divines se manifeste dans la permanence étonnante de la lignée davidique, dépositaire des promesses messianiques, et le livre, sous sa forme dernière, se clôt sur la grâce fait à Joiakîn, comme sur l’aurore d’une rédemption.

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