Bible-Centre

La réflexion principale pour le 12 juillet 2017

Les mots de Paul que celui qui juge autrui, n'a rien à se défendre (c’est notamment ainsi qu’on peut traduire littéralement ce mot grec, qui dans la traduction Bible de Jérusalem est transmis comme «sans excuse»), rappellent les mots du Sauveur du Jugement, que chacun sera jugé de la même manière qu'il juge le prochain. Mais l'apôtre met en relief ici un aspect concret du problème lié au fait que seulement celui qui ne commet pas ce pour quoi on accuse l’accusé a le droit moral juger les autres. À première vue, il n'y a rien ici qui pourrait empêcher le jugement et la condamnation. En effet, ce n’est pas tous les gens sur terre qui sont des voleurs, assassins, des impudiques ou des blasphémateurs. Mais Paul, comme on voit, a une autre vision chrétienne sur la justice, qui demande à l’homme prétendant au Royaume (et par définition tout chrétien prétend à cela), une totale liberté du péché.

Bien sûr, conformément au monde non transformé une telle sorte de demande perd tout sens. En pratique il aboutirait simplement à l'impunité justifiée par le principe émis par Dostoïevski dans la bouche d'un de ses héros, disant que «chacun est coupable de tout devant chacun». Ça sonne bien, mais en pratique «chacun devant chacun en tout» signifie d'habitude «personne ne doit rien devant qui que ce soit». Le monde non Transformé admet l'évaluation non pas de l’homme, mais seulement de son acte concret, et demande notamment une telle évaluation, l'évaluation d’un péché ou un crime concret commis par l’homme. Mais la Torah suppose tout de même qu'une telle évaluation soit donnée par le juste.

Et pour Paul la justice est notamment la liberté du péché, car il parle du Royaume, et non du monde non transformé. Et personne de ceux qui cherchent le Royaume ne peut se vanter d'une telle liberté, car le cherchent des gens déchus. Et si on évaluait l’homme et ses oeuvres du point de vue du Royaume, du point de vue que qui et dans quelle mesure est prêt à y entrer, il ne restera pas simplement de dignes. Sauf bien sûr le Christ Lui-même, Qui est venu, cependant, non pas pour juger, mais pour sauver. C'est pourquoi l'apôtre dit qu’il ne faut pas juger autrui celui qui commet le même péché dont il condamne. Dans le Royaume ne peut juger que celui qui n’a pas le péché. Pour les autres il vaut mieux être plus modeste. Et ne pas penser aux péchés des autres, mais à son propre salut.

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