Les paroles de l'apôtre sur les temps difficiles pour les prédicateurs de la « saine doctrine » se sont accomplies, il faut le reconnaître, très peu de temps après sa mort. Et elles continuent de s'accomplir jusqu'à aujourd'hui. Paul a défini les causes de ce qui se passe avec une exactitude absolue, bien que de façon assez brève, si exacte que l'explication qu'il en a donnée reste actuelle encore aujourd'hui. D'ailleurs, dans ce cas, il ne fait au fond que répéter les paroles du Sauveur, prononcées en réponse aux objections de certains de ses interlocuteurs, à qui ses paroles paraissaient soit trop dures, soit déplacées. Il parla alors de la sagesse défendue par ses partisans. Défendue non pas tant parce qu'ils sont convaincus de sa vérité que parce qu'elle leur est familière, commode et habituelle. Et Paul, au fond, dit la même chose : les gens ne cherchent pas la vérité, mais la commodité et le confort. Cela ne dépend manifestement pas du fait qu'une personne soit religieuse ou non : dans la religion aussi, on peut trouver bien des choses qui flattent le regard, l'ouïe et l'âme de l'homme religieux, en nourrissant son amour-propre. Il n'est pas étonnant qu'il se trouve des « maîtres » prêts à jouer le rôle de personnel de service pour ceux qui cherchent un confort religieux : la demande crée l'offre, et la religion obéit à cette loi comme tout autre domaine de la vie sociale, car, à la différence de la révélation donnée par Dieu, la religion n'est qu'une œuvre des mains et des esprits humains. Ce qui est redoutable ici, ce n'est pas en soi la recherche de commodité et de confort, où il n'y a au fond rien de mauvais, mais le fait que, pour eux, ceux qui cherchent soient prêts à négliger la vérité, la révélation et le Royaume. |