Bible-Centre

La réflexion principale pour le 1 juin 2016

Les mots d'Habaquq sur la Torah (loi), qui se meurt, et à propos des incorrectes (littérairement. pervertis) décisions judiciaires, ont bien sûr un sens tout à fait concret, juridique clair à toutes les époques parce que et les réalités décrites par le prophète sont identiques à toutes les époques. Mais il y a dans les mots du prophète quelque chose de plus, sortant des cadres purement juridiques. Cela ce n'est pas étonnant: car la Torah n'était pratiquement jamais perçue ni par la tradition yahviste, ni par tradition judaïque comme seulement la loi, elle supposait également toujours et le mode de vie, la loi correspondante, et l'état spirituel, nécessaire pour une telle vie.

Certes, la doctrine traditionnelle judaïque sur la Torah intérieure est apparue pas immédiatement, mais des éléments séparés de cette expérience spirituelle et ascétique, desquels elle a grandi, devaient exister assez tôt, déjà à l'époque d’avant captivité, au temps des nouveaux prophètes. La Torah se meurt, dit le prophète, et les définitions judiciaires (ce qu’on traduit d'habitude simplement comme «le jugement») n'atteignent pas l'objectif (dans la traduction Bible de Jérusalem on dit «aussi ne parait plus qu’un droit fléchi»).

Et ça se passe ainsi, selon les mots d'Habaquq, parce que sont perdus dans la société tous les repères spirituels et moraux, en elle règnent une rapine générale et un égoïsme total. Et le lien ici n’est pas seulement extérieur, formel, juridique, mais et spirituel aussi. En effet, le chaos spirituel, la perte de tous les repères moraux n’est pas une raison de l'affaiblissement de la Torah, mais sa conséquence, si, bien sûr on n’a pas en vue l’extérieur, juridique, mais la mesure spirituelle intérieure de la Torah. Et alors il s’avère que le problème social est seulement une manifestation extérieure du problème spirituel, que ces pillages et violences, cette guerre de tous contre tous, que voit le prophète, ne sont pas la maladie en soi, mais seulement un symptôme de la maladie.

Ce n'est pas étonnant que la Torah fut donnée non pas seulement à un individu, mais aussi à tout le peuple dans son ensemble, comme ce n'est pas étonnant et le fait que les prophètes ne regardaient jamais la vie publique, comme sur quelque chose de «vile» et «non spirituelle» : car il s'agit de la même Torah et de la même vie. L’homme ne peut pas (si seulement il est schizophrénique) vivre à l'autel ou chez lui dans sa chambre une vie, et dans la rue une autre. Et Habaquq, comme d'autres prophètes, comprend parfaitement cela. Si la Torah, la loi et les commandements donnés par Dieu sont pour l’homme une réalité, il ne peut pas avoir deux vies. Comme le peuple aussi ne peut pas y avoir, si seulement il s'agit du peuple de Dieu, du peuple-communauté.

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