Ces mots de l'apôtre Paul sur la vocation des chrétiens contiennent des choses exceptionnellement importantes, qui ne sont pas tout à fait évidentes si nous lisons d’autres traductions. L'apôtre dit qu’à l'approche du Jour du Seigneur, lorsque le Christ viendra dans la gloire...
Ces mots de l'apôtre Paul sur la vocation des chrétiens contiennent des choses exceptionnellement importantes, qui ne sont pas tout à fait évidentes si nous lisons d’autres traductions. L'apôtre dit qu’à l'approche du Jour du Seigneur, lorsque le Christ viendra dans la gloire, il prie pour les chrétiens thessaloniciens (et pour tout le reste) et demande à Dieu, que le Seigneur Lui-même nous daigne la vocation, pour que les gens soient appelés par Dieu à la vie et au salut. «L’appel»- de la traduction grec klesis, signifiant «l’appel» et ayant la même racine avec Ekklesia –«l'Église».
Il ne s’agit ainsi pas autant de la vocation comme un chemin unique de l’homme devant Dieu, que cet appel, par lequel le berger recueille les brebis pour les conserver de la ruine. Les mots « afin que notre Dieu vous rende dignes» sont très exacts : l’appel de Dieu pour chacun de nous est un don immérité, qui nous est donné par l'Église.
Continuant, l'apôtre prie pour que Dieu accomplisse (c'est-à-dire rempli par Sa puissance) la bonne volonté des gens à faire le bien et l’activité de la foi. Pour l'apôtre, la vocation et l'accomplissement par la puissance de la volonté bonne sont deux choses indissolublement liées, et cette parole est un immense espoir pour chaque personne.
La volonté de faire le bien et l'activité de la foi - l'apôtre désigne avec ces mots la réponse de l’homme à l'appel de Dieu. Mais l’homme n'a pas de forces pour réaliser cette réponse dans sa vie; chacun de nous possède une expérience considérable des défaites ou échecs sur les voies du bien et de la foi. Et si Dieu Lui-même ne remplissait pas par Sa puissance notre réponse à Son appel, l'appel en lui-même se serait avéré vain. Mais l'apôtre dit que Dieu Lui-même nous emplit cette vie en nous appelant à la vie.
C’est notamment en ceci que consiste la glorification du nom de Christ en les hommes, de cette glorification, dont l'apôtre parle si vivement dans l’épître aux Philippiens: «Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu'il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père.» (Ph. 2:9-11).
La possibilité même pour que nous entendions non seulement l'appel de Dieu, mais acquérions aussi la force pour répondre à cet appel, cette possibilité même est le fruit de la victime De la croix et la résurrection du Christ. C’est notamment en ceci que s’accomplit le dessein du Créateur sur le salut des gens. Et l'apôtre fait encore savoir que dans l’appel de Dieu et notre réponse à cela, nous aussi nous obtenons la gloire, devenons participants à Sa victoire.
11 f) Autre traduction « qu’il accomplisse efficacement toute sa volonté de bien ».
2 Th présente de frappantes ressemblances littéraires avec 1 Th, au point que des critiques y ont vu l’œuvre d’un faussaire qui se serait inspiré de saint Paul en imitant son style. Mais on ne voit guère le motif d’un tel faux, et il est plus simple de penser que l’Apôtre lui-même, voulant corriger certains éléments mal compris de son enseignement eschatologique 1 Th 5.2, 9, a écrit cette deuxième lettre en reprenant des formules de la première. Les deux écrits ne se contredisent pas mais se complètent ; et leur authenticité est également bien attestée par l’ancienne tradition de l’Église.
Outre leur intérêt de présenter déjà en germe bien des thèmes que reprendront les épîtres ultérieures, celles-ci sont importantes surtout par leur doctrine sur l’eschatologie. En cette étape ancienne de son apostolat, la pensée de l’Apôtre apparaît toute centrée sur la résurrection du Christ et sur sa venue en gloire qui apportera le salut à ceux qui auront cru en lui, fussent-ils déjà morts, 1 Th 4.13-18. Cette venue glorieuse, il la décrit selon les traditions de l’apocalyptique juive et du christianisme primitif (discours eschatologique des Synoptiques, surtout de Mt). Conformément aux enseignements de Jésus, tantôt il insiste sur l’imminence imprévisible de cette venue qui requiert la vigilance, 1 Th 5.1-11, au point de donner l’impression que lui et eux la verront de leur vivant, 1 Th 4.17, tantôt il calme ses fidèles agités par cette perspective, en leur rappelant que le Jour n’est pas encore arrivé et doit être précédé de certains signes, 2 Th 2.1-12. Ceux-ci ne sont plus aussi clairs pour nous qu’ils devaient l’être pour les lecteurs. Il semble que Paul conçoive l’Antichrist comme un individu réservé pour la fin des temps. Quant à l’obstacle « qui le retient présentement », 2 Th 2.6, certains interprètes y ont vu l’Empire romain, d’autres la prédication évangélique, et la chose reste incertaine.