Reconnaître en soi une « connaissance partielle », une « vision à travers un verre obscur », est un exercice de chaque jour. Aussi claires que nous paraissent les choses évidentes, nous ne pouvons pas nous dire que nous avons atteint la connaissance parfaite, compris le dessein dans sa plénitude, saisi en quoi consiste le sens. Le temps, comme l’une des composantes de notre existence, apporte ses corrections à tout. Ce qui hier nous paraissait un point deviendra aujourd’hui une droite, mais demain se révélera déjà être une figure plane. Un peu plus tard, il se révélera que ce n’est qu’une ombre, puis nous verrons le volume, la forme et la couleur ; ensuite nous comprendrons que l’objet bouge et change. C’est ainsi que nous connaissons le monde et ce qui y vit. C’est de la même manière progressive que le Seigneur nous Se révèle. Aussi achevée et pleine que nous paraisse aujourd’hui la connaissance qui nous est ouverte, elle n’est qu’une pâle ombre de ce que nous connaîtrons, non pas même lorsque le verre deviendra pur, mais lorsque la fenêtre s’ouvrira et que nous verrons Celui qui nous a appelés à Sa merveilleuse Lumière, Celui qui est au-dessus de toute connaissance, parce qu’Il est la Vérité.