La pénitence commence par la reconnaissance de la souveraineté complète et absolue de Dieu sur Sa création. C'est pourquoi l'auteur du livre dit que de Dieu vient non seulement le bien, mais aussi le mal. Il ne s'agit pas de faire de Dieu la source du mal : s'il en était ainsi...
La pénitence commence par la reconnaissance de la souveraineté complète et absolue de Dieu sur Sa création. C'est pourquoi l'auteur du livre dit que de Dieu vient non seulement le bien, mais aussi le mal. Il ne s'agit pas de faire de Dieu la source du mal : s'il en était ainsi, le Dieu de la Bible ne se distinguerait en rien de certaines divinités à deux visages du monde païen, dont on pouvait également attendre du bon comme du mauvais. Il s'agit du fait que Dieu est la source de toute existence.
Il n'est pas question d'émanation, ni d'un monde qui, mystérieusement, « s'écoulerait » des profondeurs de Dieu, mais de la volonté de Dieu, sans laquelle aucune existence n'est possible : ni celle de Dieu Lui-même, ni celle d'aucune de Ses créatures. Le fait que, dans certains cas, l'existence de certaines de Ses créatures soit déformée et pervertie n'annule pas le fait qu'elles demeurent toutes Ses créatures. Dès lors, Dieu sait évidemment de quelle manière non seulement Lui-même, mais aussi chacune de Ses créatures existe. Ce dont Dieu n'a pas connaissance n'existe tout simplement pas. Mais lorsqu'il s'agit d'êtres spirituels, même créés, d'êtres doués du libre arbitre que leur accorde le Créateur, il apparaît que la qualité de leur existence n'est pas toujours déterminée par la volonté de Dieu.
Si ces êtres créés reçoivent une volonté propre, même si elle n'est pas absolue comme celle de leur Créateur, c'est précisément pour qu'ils puissent déterminer eux-mêmes ce que sera leur existence. Puis, l'ayant déterminé, prendre conscience de leur propre existence et en assumer la responsabilité. Il y a bien sûr un revers à la médaille : quiconque possède une véritable liberté de volonté peut opposer sa volonté à celle de Dieu, et donc s'opposer à Dieu.
Dans ce cas, Dieu ne détermine que l'existence de ces êtres révoltés contre Lui, mais non la qualité de leur existence : celle-ci est déterminée par leur opposition à Dieu. Il en va de même pour l'homme après la chute : l'existence de chacun est déterminée par la volonté de Dieu, mais la qualité de cette existence dépend de l'homme lui-même, de ses relations avec Dieu. C'est pourquoi on ne peut attribuer à Dieu les conséquences des péchés commis par l'homme et du mal qui leur est lié : le mal ne vient de Dieu que dans la mesure où même les hommes mauvais n'existent pas à Son insu. Les situations concrètes sont toutefois déterminées par la volonté humaine, et Dieu y entre dans la mesure où les hommes eux-mêmes le souhaitent.
Voilà pourquoi le retour vers Dieu est au fondement de la pénitence : non pour Lui demander de cesser de faire le mal, car Dieu ne le fait pas, mais pour qu'Il entre dans la vie d'un homme ou d'un peuple entier et mette une limite au mal qu'ils ont fait sans Lui. Demander une telle intervention de Dieu, c'est précisément ce retour vers Lui sans lequel il ne peut être question de pénitence : le seul repentir, le seul regret des péchés commis ne suffit pas.
39 a) « Qu’il soit brave », litt. « qu’il soit un homme » en lisant yehî (geber) au lieu de hây (« vivant ») que l’hébreu rattache au premier stique.
41 b) « et nos mains » Vulg. ; « vers nos mains » hébr.
56 c) « à ma prière » grec (qui omet le mot suivant, glose probable) ; « à ma libération » hébr.
58 d) Dieu est le go’el de son peuple, cf. Rt 2.20 ; Isa 41.20.
66 e) « tes cieux » mss grecs, syr. ; « les cieux de Yahvé » hébr.
La Bible hébraïque range ce petit livre avec les Hagiographes et le compte parmi les cinq « megillôt », les « rouleaux » qu’on lit aux grandes fêtes. La Bible grecque et la Vulgate le placent à la suite de Jérémie, avec un titre qui en attribue la composition à ce prophète. La tradition se fondait sur 2 Ch 35.25 et était appuyée par le contenu des poèmes, qui convient en effet à l’époque de Jérémie. Mais cette attribution ne peut être maintenue. Jérémie, tel que nous le connaissons par ses oracles authentiques, n’a pas pu dire que l’inspiration prophétique était tarie, 2.9, ni louer Sédécias, 4.20, ni espérer dans le secours égyptien, 4.17. Son génie spontané se serait difficilement astreint au genre érudit de ces poèmes dont les quatre premiers sont alphabétiques, chaque strophe commençant par une des lettres de l’alphabet prises dans leur ordre, et dont le cinquième a juste vingt-deux vers, le nombre des lettres de l’alphabet hébreu.
Les Lamentations 1, 2 et 4 sont dans le genre littéraire des complaintes funèbres, 3 est une lamentation individuelle, 5 est une lamentation collective (dans le latin : Prière de Jérémie). Elles ont probablement été composées en Palestine après la ruine de Jérusalem en 587. Elles sont vraisemblablement l’œuvre d’un seul auteur qui décrit en termes poignants le deuil de la ville et de ses habitants mais, de ces plaintes douloureuses, jaillit un sentiment de confiance invincible en Dieu et de repentir profond qui fait la valeur permanente du livret. Les Juifs le récitent au grand jeûne commémoratif de la destruction du Temple et l’Église en fait usage, pendant la Semaine Sainte, pour rappeler le drame du Calvaire.