Sur l'unanimité et les désaccords entre les hommes, on a beaucoup parlé et écrit, tout comme sur l'accord de pensée et les désaccords entre Dieu et l'homme. Et pourtant, le problème de l'accord de pensée, ou plutôt de son absence dans les relations...
Sur l'unanimité et les désaccords entre les hommes, on a beaucoup parlé et écrit, tout comme sur l'accord de pensée et les désaccords entre Dieu et l'homme. Et pourtant, le problème de l'accord de pensée, ou plutôt de son absence dans les relations, qu'il s'agisse des relations entre les hommes ou des relations entre l'homme et Dieu, demeure actuel. Le cœur du problème tient au fait que l'absence d'accord de pensée, en règle générale, ne se manifeste pas tout de suite ; si elle se manifestait tout de suite, ceux qui ne sont pas d'accord ne prendraient guère la route ensemble. Elle se manifeste lorsque les compagnons qui se découvrent en désaccord ont déjà eu le temps de s'éloigner assez loin de la maison, au point qu'il devient impossible de revenir en arrière. Pourquoi donc cela arrive-t-il ?
Bien sûr, les problèmes apparus en chemin s'expliquent souvent par les difficultés de la route, auxquelles l'un de ceux qui marchent, ou tous ensemble, se trouvent mal préparés. Mais ce n'est pas la seule cause des désaccords qui peuvent se révéler. Il arrive plus souvent que, lorsqu'ils conçoivent une entreprise commune, les futurs collaborateurs ou compagnons de route ne se représentent pas très bien les motifs et les intentions de chacun des participants. Et non parce que quelqu'un tromperait volontairement quelqu'un d'autre. Le problème est que nous-mêmes comprenons souvent mal les vraies raisons de nos propres actes. Et pas seulement lorsqu'il s'agit d'autres personnes, mais aussi lorsqu'il s'agit de Dieu.
Bien sûr, si nous sommes religieux, cette religiosité a ses raisons et ses motifs, et notre religiosité, à son tour, conditionne les causes sinon de toutes, du moins de très nombreuses paroles et actions, aussi bien envers Dieu qu'envers le prochain. Seulement, la religiosité en elle-même est une réalité moins spirituelle que psychique, intérieure à l'âme. Et une motivation religieuse, en elle-même, signifie seulement qu'elle ne contredit pas notre vision religieuse du monde. Mais savoir dans quelle mesure cette vision du monde elle-même ne contredit pas la volonté de Dieu, dans quelle mesure elle correspond à la Torah donnée par Dieu et à Ses commandements, reste une question ouverte. Tout comme reste ouverte la question de savoir si, malgré toute notre religiosité, nous sommes d'un même esprit avec Dieu, ou non.
Ici, seule la vérification de nos intentions à l'aune de leur conformité aux commandements peut donner une réponse plus ou moins univoque. Et seulement si cette vérification n'est pas ponctuelle, mais systématique.
3 g) Tout le passage justifie l’intervention du prophète. Pas d’effet sans cause, vv. 3-5, ni de cause sans effet, vv. 5c-6, 8a. Si le prophète prophétise, c’est que Yahvé a parlé, et si Dieu parle, le prophète ne peut pas ne pas prophétiser, vv. 7-8. Le choix des comparaisons laisse pressentir un message de malheur.
Amos était berger à Teqoa, sur la lisière du désert de Juda, 1.1 ; étranger aux confréries de prophètes, il a été pris par Yahvé de derrière son troupeau et envoyé pour prophétiser à Israël, 7.14. Après un court ministère qui eut pour cadre principal le sanctuaire schismatique de Béthel, 7.10s, et s’exerça probablement aussi à Samarie, cf. 3.9 ; 4.1 ; 6.1, il fut expulsé d’Israël et revint à ses occupations premières.
Il prêche sous le règne de Jéroboam II, 783-743, époque humainement glorieuse, où le royaume du Nord s’étend et s’enrichit, mais où le luxe des grands insulte à la misère des opprimés et où la splendeur du culte masque l’absence d’une religion vraie. Avec la rudesse simple et fière et avec la richesse d’images d’un homme de la campagne, Amos condamne au nom de Dieu la vie corrompue des cités, les injustices sociales, la fausse assurance qu’on met en des rites où l’âme ne s’engage pas, 5.21-22. Yahvé, souverain Seigneur du monde, qui punit toutes les nations, 1-2, châtiera durement Israël, que son élection oblige à une plus grande justice morale, 3.2. Le « Jour de Yahvé » (l’expression vient ici pour la première fois) sera ténèbres et non lumière, 5.18s, la vengeance sera terrible, 6.8s, exercée par un peuple que Dieu appelle, 6.14, l’Assyrie qui n’est pas nommée mais qui occupe l’horizon du prophète. Toutefois Amos ouvre une petite espérance, la perspective d’un salut pour la maison de Jacob, 9.8, pour le « reste » de Joseph, 5.15 (premier emploi prophétique de ce terme). Cette profonde doctrine sur Dieu, maître universel et tout-puissant, défenseur de la justice, est exprimée avec une assurance absolue, sans que jamais le prophète ait l’air d’innover : sa nouveauté est dans la force avec laquelle il rappelle les exigences du pur Yahvisme.
Le livre nous est parvenu dans un certain désordre ; en particulier, le récit en prose, 7.10-17, qui sépare deux visions, se placerait mieux à la fin des oracles. On peut hésiter sur l’attribution à Amos lui-même de quelques courts passages. Les doxologies, 4.13 ; 5.8-9 ; 9.5-6, ont peut-être été ajoutées pour la lecture liturgique. Les courts oracles contre Tyr, Édom, 1.9-12, et Juda, 2.4-5, semblent dater de l’Exil. La discussion porte davantage sur 9.8-10 et surtout sur 9.11-15. Il n’y a pas de raison sérieuse de suspecter le premier de ces passages, mais il est vraisemblable que le second a été ajouté : on ne doit pas tirer argument des promesses de salut qu’il contient et qui, dès le début, furent un thème de la prédication des prophètes, ici Amo 5.15 et à la même époque chez Osée, mais ce qui est dit de la hutte branlante de David, de la vengeance contre Édom, d’un retour et d’un rétablissement d’Israël, suppose l’époque de l’Exil et peut être attribué, avec quelques autres retouches, à une édition deutéronomiste du livre.