Bible-Centre

La réflexion principale pour le 5 août 2015

Paul considère tous les problèmes spirituels et les péchés qui se manifestent dans la vie de l’Église de Corinthe comme une « épreuve humaine », c’est-à-dire comme quelque chose qui n’a rien d’inhabituel, rien de surnaturel et même, sans doute, rien de particulièrement terrible. Le mot « épreuve », dans un tel contexte, est couramment traduit en russe par « tentation », mais le mot grec correspondant, comme son équivalent hébreu, signifie précisément « épreuve », même s’il peut aussi comporter le sens que nous donnons aujourd’hui aux tentations. Pour nous, les tentations sont tout de même plus souvent liées à nos propres péchés, tandis que les épreuves s’associent habituellement à une sorte d’examen, à une vérification de notre foi et de notre fidélité. Mais, à strictement parler, la différence entre épreuve et tentation dépend seulement du fait que nous réussissons l’examen ou non. Si nous le réussissons, nous parlons parfois avec fierté de l’épreuve traversée ; si nous échouons, nous appelons l’épreuve tentation, en déplorant que nos péchés se soient révélés une fois de plus plus forts que nous. Pour les premiers chrétiens, cependant, il n’y avait manifestement pas ici de distinction nette, et Paul ne fait pas exception.

Rien d’étonnant à cela : pour l’apôtre, le christianisme n’est pas une religion où il y aurait place, d’un côté, pour une prédication brillante et un sacrifice héroïque de soi, et de l’autre pour une lutte secrète contre son propre péché, secrète parce qu’il est gênant et honteux de parler de telles choses à voix haute. Pour Paul, le christianisme est la vie dans le Royaume. Et peu importe ce qui empêche l’homme de vivre pleinement cette vie : la peur de persécutions possibles ou réelles, la blessure due au rejet de l’entourage qui vit de la vie de « ce monde », ou l’une de ces passions ou de ces vices qui se sont emparés de l’intelligence et du cœur et dont l’apôtre dit qu’il est indécent même de les mentionner parmi les chrétiens.

Dans tous les cas, il s’agit de quelque chose d’incompatible avec la vie du Royaume et qui doit donc être surmonté. Il s’agit donc toujours d’une épreuve. Et le fait qu’elle soit « humaine », propre aux hommes, est aussi malheureusement vrai : Paul parle de choses qui, pour des hommes déchus, sont hélas assez typiques, malgré toute leur laideur. Mais l’apôtre sait aussi autre chose : pour ceux pour qui la vie du Royaume est plus importante que tout le reste, de telles épreuves sont tout à fait surmontables. Car, contrairement aux hommes, Dieu est fidèle aux promesses qu’Il a faites une fois et à l’alliance qu’Il a conclue une fois.

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