Les lecteurs débutants de la Bible se posent souvent, à eux-mêmes et aux autres, cette question : de quelle lumière s’agit-il ? Et comment la lumière a-t-elle pu apparaître avant les luminaires, créés seulement le quatrième jour ? Bien sûr, on pourrait raisonner longuement sur le fait que la lumière, comme phénomène physique, pouvait exister dans l’univers à peine apparu avant la formation des étoiles, que cela n’a rien d’étonnant, et avancer bien d’autres arguments semblables. Mais le faut-il ? Si le premier chapitre de la Genèse, ce magnifique poème sur la création du monde, était un essai d’histoire naturelle, de tels arguments seraient sans doute absolument nécessaires. Mais l’auteur de la Torah n’avait guère l’intention d’écrire un livre d’histoire naturelle. À en juger par le contenu du Pentateuque, il s’intéressait avant tout à l’histoire sacrée, à l’histoire de la révélation, et tout le reste n’en était que le fond. Dans ce contexte, la lumière signifiait sans doute d’abord la présence de Dieu : toutes les théophanies bibliques sont liées d’une manière ou d’une autre à la lumière, la présence lumineuse accompagne le peuple tout au long de son histoire, et le ministère du Sauveur Lui-même est souvent accompagné de théophanies lumineuses du même ordre. Alors on comprend mieux ce que voulait dire l’auteur sacré : il ne décrit pas la structure du monde juste après la création ; il dit seulement que toute la création, jusqu’au dernier atome, était traversée par l’éclat de la présence de Dieu. Tel était le monde avant la chute, avant ces catastrophes dont, malheureusement, toute son histoire ultérieure a été en grande partie composée.